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Le Japon veut limiter la hausse de la dépense publique en 2017

Reuters25/11/2016 à 11:42

LE JAPON VEUT FREINER LA HAUSSE DES DÉPENSES PUBLIQUES EN 2017

par Takaya Yamaguchi

TOKYO (Reuters) - Le Japon ne prévoit qu'une hausse modeste de ses dépenses publiques l'année prochaine, selon les grandes lignes du budget que Reuters a pu consulter, le Premier ministre, Shinzo Abe, optant ainsi pour une stratégie différente de celle de la relance, prônée par Donald Trump aux Etats-Unis et suggérée par l'OCDE à ses pays membres.

En laissant sa politique monétaire inchangée au début du mois, assurant ainsi le maintien de taux d'intérêt historiquement bas, la Banque du Japon a pourtant donné une grande marge de manoeuvre à Shinzo Abe pour augmenter les dépenses.

Le Premier ministre est arrivé au pouvoir fin décembre 2012 avec l'engagement de redynamiser la troisième puissance économique mondiale grâce à une stratégie de relance - les "Abenomics" - en trois volets, monétaire, budgétaire et structurelle. Mais après des débuts encourageants, cette politique tarde à porter ses fruits: la reprise économique reste fragile et l'inflation est encore très loin de l'objectif affiché de 2%.

Les prix à la consommation ont reculé en octobre pour le huitième mois consécutif dans le pays et la Banque du Japon a repoussé dans le temps la perspective d'un retour à une inflation de 2%.

Malgré cette situation, Shinzo Abe préfère ne pas trop se reposer sur une hausse de la dépense publique pour stimuler la croissance, le Premier ministre ne voulant pas augmenter une dette publique qui est déjà la plus lourde de tous les pays développés.

Il profite en cela de l'absence d'appels en faveur d'un nouveau coup de pouce budgétaire, les entreprises nippones bénéficiant actuellement de la baisse du yen et de la hausse des actions.

"A ce stade, nous ne prévoyons pas une mobilisation budgétaire à grande échelle", a dit à Reuters un responsable gouvernemental.

RATIO D'ENDETTEMENT DE 247%

Mercredi, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), a de nouveau appelé les gouvernements à profiter du contexte de taux bas pour investir, jugeant le recours aux leviers budgétaires indispensable pour sortir du piège de la croissance molle.

Mais, avec un yen qui a plongé face au dollar depuis l'élection de Donald Trump et une dette publique qui représente près de deux ans et demi de produit intérieur brut (PIB), cette recette ne s'applique pas, selon certains, au Japon.

"Si le Japon augmente ses dépenses à l'image de ce qu'on attend de Donald Trump, la détérioration budgétaire deviendra un problème encore plus important pour une économie dont le ratio dette/PIB est de 247%", dit ainsi Norihito Fujito, chargé de la stratégie d'investissement chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley.

La Bourse de Tokyo a fini en hausse vendredi pour la septième séance consécutive, portant à près de 12% sa progression depuis début octobre, et le dollar a atteint un pic de huit mois face au yen , une évolution favorable aux nombreuses valeurs exportatrices de la place japonaise.

Même si les agences de notation attribuent au Japon une note de crédit encore élevée, Moody's a estimé jeudi que le "principal défi" du Japon était de "renforcer la viabilité de l'endettement".

Le document budgétaire que s'est procuré Reuters dessine le cadre du budget prévu pour l'exercice 2017-2018, qui commencera le 1er avril. Il réaffirme l'ambition du gouvernement d'augmenter de 20%, soit de 600.000 milliards de yens (5.000 milliards d'euros environ) le PIB du Japon d'ici 2020, tout en réaffirmant l'objectif pour cette année-là d'un budget équilibré hors service de la dette et émissions de nouvelles obligations.

Pour l'exercice à venir, le gouvernement Abe prévoit selon plusieurs sources de limiter à 500 milliards de yens, soit 140 milliards de moins que demandé par le ministère concerné, la croissance des dépenses de protection sociale pour les personnes âgées, l'un des postes budgétaires dont l'augmentation est la plus rapide.

Cette limitation passerait par un contrôle plus strict des dépenses médicales et une contribution accrue des assurés aux dépenses de dépendance.

(Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)


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