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Le FMI abaisse encore ses prévisions de croissance 2019
information fournie par Reuters09/04/2019 à 15:00

    * 3,3% de croissance cette année avant un rebond en 2020
    * Seule la Chine échappe à une révision en baisse
    * La zone euro plombée par l'Allemagne et l'Italie
    * Un "no-deal Brexit" coûteux pour la croissance britannique

    PARIS, 9 avril (Reuters) - Le FMI a de nouveau abaissé mardi
sa prévision de croissance pour l'économie mondiale cette année
après sa fin 2018 difficile sur fond de ralentissement en Chine
et de tensions commerciales, le tout s'accompagnant d'une
moindre confiance des acteurs économiques.
    Le Fonds monétaire international, qui avait déjà révisé à la
baisse à deux reprises ses anticipations les trimestres
précédents, n'attend plus que 3,3% de croissance cette année
dans le monde, soit 0,2 point de moins par rapport à sa
prévision de janvier et 0,4 de moins par rapport à celle
d'octobre 2018.
    Il la voit rebondir en 2020 pour retrouver son rythme de
3,6% (prévision inchangée) constaté l'an passé, tout en
avertissant que, dans l'environnement actuel, elle ne devrait
pas accélérer plus à moyen terme.
    Dans ses perspectives économiques mondiales publiées début
mars, l'OCDE a de son côté dit attendre une croissance globale
de 3,3% en 2019 et 3,4% en 2020  .
    Publiées à la veille des réunions de printemps du FMI et de
la Banque mondiale à Washington, les prévisions du Fonds sont
également sérieusement abaissées s'agissant du commerce mondial
: ses économistes ne le voient plus progresser en volume que de
3,4% cette année, soit 0,6 point de moins qu'attendu
précédemment, les anticipations variant en revanche peu pour
2019 (-0,1 point à 3,9%).
    Ces révisions à la baisse sont avant tout motivées par le
trou d'air plus marqué que prévu du 2e semestre 2018, pour
lequel le FMI fait état d'une croissance mondiale chutant à 3,2%
en rythme annuel après 3,8% sur les six premiers mois.
    
    FORTES RÉVISIONS POUR L'ALLEMAGNE ET L'ITALIE
    Elles sont quasi générales pour les grandes économies, la
Chine faisant exception avec une anticipation un peu moins
pessimiste (+6,3% contre +6,2% précédemment) de sa croissance
2019, après celle de 6,6% en 2018.
    L'économie américaine verrait la sienne ralentir à 2,3%,
soit 0,2 point de moins que prévu en janvier, après 2,9% en
2018, soutenue par une consommation solide même si le FMI pointe
un investissement des entreprises moins dynamique.
    Pour la zone euro, le FMI n'entrevoit plus que 1,3% de
croissance cette année, soit une révision de -0,3 point par
rapport à la prévision de janvier, elle-même déjà en retrait de
0,3 point par rapport à octobre. 
    Ses attentes se situent ainsi au niveau de celles de la
Commission européenne mais au-dessus de celles de l'OCDE, qui
voit la progression du PIB de la zone euro ne pas dépasser 1,0%
cette année.
    L'Allemagne, avec une production industrielle en berne
depuis l'introduction de nouvelles normes antipollution dans
l'automobile et une chute de la demande étrangère, explique
l'essentiel de cet accès de faiblesse.
    Sa croissance chuterait à 0,8% en 2019, soit quasiment la
moitié de celle de 2018, là où le FMI l'attendait encore à 1,3%
en début d'année.
    La révision est de même ampleur pour l'Italie, dont
l'économie échapperait de peu à la récession (+0,1% pour le PIB
attendu), alors que la France limiterait les dégâts avec une
croissance de 1,3% (-0,2 point par rapport aux prévisions de
janvier).
    
    DES RISQUES TOUJOURS MAJORITAIREMENT BAISSIERS  
    Quant au Royaume-Uni, le FMI souligne que sa prévision de
croissance 2019 (1,2%, soit -0,3 point) repose sur la conclusion
d'un accord sur sa sortie de l'Union européenne au terme d'un
processus qui reste une source majeure d'incertitudes.
    Dans le cas contraire, les économistes du Fonds estiment
qu'un "no-deal Brexit" amputerait la croissance potentielle du
pays de quasiment 3% dans le long terme, celle de l'Union
européenne diminuant dans une proportion dix fois moindre.
    En attendant, ils voient la croissance mondiale repartir au
second semestre 2019 à la faveur du programme de relance de
l'économie chinoise, d'un regain de confiance des marchés
financiers déjà perceptible et d'une stabilisation graduelle de
pays émergents en crise comme l'Argentine et la Turquie. 
    Le biais plus accommodant de la politique monétaire de la
Réserve fédérale, avec l'arrêt annoncé de ses hausses de taux,
et l'optimisme croissant des marchés sur les perspectives
d'accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine jouent
aussi.
    Le FMI considère néanmoins que les risques pesant sur son
scénario restent majoritairement baissiers, une nouvelle
escalade des tensions commerciales n'étant pas à exclure de même
qu'une brusque dégradation du sentiment des marchés financiers
où les investisseurs fuiraient le risque.
    Parmi de possibles éléments déclencheurs, il cite la
persistance d'indicateurs économiques décevants, un Brexit sans
accord ou une crise en Italie.
    "Une réévaluation rapide par les marchés de la politique
monétaire américaine pourrait aussi resserrer les conditions
financières globales", avertit le Fonds. 
    
    Voir aussi le tableau des prévisions du FMI  
    
         

 (Yann Le Guernigou, édité par Marc Joanny)
 

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