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Le contrat sur le Rafale avec l'Inde serait signé en juillet

Reuters14/02/2013 à 21:24

LE CONTRAT SUR LE RAFALE AVEC L'INDE SERAIT SIGNÉ EN JUILLET

par Elizabeth Pineau

NEW DELHI (Reuters) - Les négociations pour l'achat par l'Inde de 126 Rafale de Dassault Aviation pourraient connaître une accélération et l'accord pourrait être conclu en juillet, ont indiqué jeudi deux sources au ministère indien de la Défense.

Ce dossier a constitué le fil rouge de la première journée de la visite d'Etat de François Hollande jeudi en Inde, même si la vente des avions de combats pour quelque 11 milliards d'euros, qui fait toujours l'objet de pourparlers sur les prix, le transfert de technologie et le choix du partenaire indien, ne sera finalisée lors du voyage présidentiel.

Le président français et le Premier ministre indien, Manmohan Singh, ont tous deux fait état de "progrès" dans ce dossier.

Le ministre indien de la Défense a déclaré la semaine dernière que les coupes budgétaires prévues cette année ne remettaient pas en cause l'achat de l'avion de chasse que le constructeur français n'a pas encore vendu à l'export.

Dassault Aviation est entré en négociations exclusives avec New Delhi en janvier 2012 en vue de remporter ce contrat géant et le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré le 10 février que les choses avançaient positivement.

"Les dossiers contentieux ont été grosso modo aplanis", a déclaré une source du ministère indien de la Défense. "Nous nous attendons à ce qu'un accord puisse être annoncé en juillet."

Une date que le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, n'a pas confirmée, tout en se déclarant "résolument optimiste".

"Je m'en réjouis", a-t-il dit à la presse à propos de l'échéance de juillet. "J'y crois puisque c'est le client qui le dit, le client est roi, le client a toujours raison... souvent raison", a-t-il ajouté lors d'un forum économique à New Delhi". "Le plus tôt sera le mieux".

TRANSFERTS DE TECHNOLOGIE

Le dirigeant a souligné que la participation de Rafale aux conflit en Libye en 2011, et actuellement au Mali, avaient aidé à le défendre auprès des clients.

"Malheureusement, ça aide", a-t-il commenté. "On se passerait de conflits, mais c'est aussi fait pour remplir les besoins. Cet avion est utilisé fortement au Mali et a fait preuve de qualités".

Les conditions du transfert de technologie, la production en Inde et la co-entreprise avec Hindustan Aeronautics Ltd (Hal) ont retardé la conclusion des négociations de quelques mois, a déclaré une autre responsable du ministère indien de la Défense.

Selon ces sources, Dassault a demandé le paiement d'un montant supplémentaire allant jusqu'à 2 milliards de dollars pour la modernisation future des technologies qui seraient transférées à l'Inde pendant la durée de 30 ans de l'accord.

Face aux objections de l'Inde, Dassault a accepté de revoir ses prétentions à la baisse mais des négociations ont toujours lieu sur le calcul du coût de la maintenance des avions.

L'Inde insiste aussi pour que 30% à 50% de la valeur du contrat aille à des entreprises indiennes, conformément au code indien des marchés publics révisé l'an dernier.

Dassault veut diminuer ce pourcentage, affirmant que les Indiens n'ont pas la capacité d'y faire face.

Selon les termes des négociations exclusives, l'avionneur français est censé vendre 18 Rafale fabriqués en France et le reste sera fabriqué en Inde, les entreprises locales fournissant au moins 30% de la valeur du contrat.

L'Inde espère que le contrat occasionnera des retombées de l'ordre de trois à quatre milliards d'euros pour ses entreprises, souligne une source au ministère indien de la Défense.

"RIEN À VOIR" AVEC FINMECCANICA

Un autre point de discorde est le choix de Hal, une entreprise publique, comme partenaire de Dassault pour construire l'avion en Inde, la partie française émettant des doutes sur sa capacité à produire un appareil aussi sophistiqué.

Mais pour les Indiens, ce point n'est "pas négociable" et il n'est pas question d'impliquer une entreprise privée.

Les milieux d'affaires indiens bruissaient jeudi de l'affaire de soupçons de pots-de-vin dans la vente à l'Inde d'hélicoptères fabriqués par l'italien Finmeccanica. New Delhi a suspendu ses paiements pour ce marché et déclaré qu'elle n'accepterait pas de nouveaux appareils jusqu'à la conclusion d'une enquête.

Interrogés à ce sujet, François Hollande et Eric Trappier ont insisté sur la probité des entreprises françaises.

"Je peux ici prendre l'engagement qu'il n'y aura rien qui soit contraire aux principes qui nous sont communs, c'est-à-dire que le commerce doit être seulement avec des règles commerciales", a dit le président en conférence de presse.

"C'est en fonction de la compétitivité et de l'efficacité que les choix peuvent être faits", a-t-il ajouté. "Dans la lutte contre la corruption nous sommes vigilants , comme l'Inde l'est, parce que c'est un principe essentiel".

Le PDG de Dassault Aviation s'est lui aussi montré ferme.

"Nous travaillons avec les autorités indiennes, nous n'avons rien à voir avec Finmeccanica et encore moins avec les problèmes qu'ils rencontrent", a-t-il assuré.

Avec Manoj Kumar et Nigam Prusty, édité par Yves Clarisse

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