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La valeur du jour en Europe - Philips dans les tréfonds de la Bourse d'Amsterdam après son profit warning
information fournie par AOF18/10/2021 à 16:11

(AOF) - Philips perd 3,75% à 37,04 euros, affichant ainsi la seconde plus forte baisse de l’indice néerlandais AEX après avoir lancé un avertissement sur ses résultats 2021. Le groupe d'électronique spécialisé dans la santé et les produits de "Soins personnels" (rasoirs, brosses à dents…) est la dernière victime en date de la pénurie de composants électroniques. Il cible désormais une croissance organique inférieure à 5% contre environ 5% auparavant et une modeste amélioration de sa marge d'Ebita ajusté, à comparer avec une hausse de 60 points de base auparavant.

Le consensus avait déjà intégré un tel profit warning : les analystes anticipaient en moyenne une croissance d'environ 2% et une croissance de la marge d'Ebita ajusté de 20 points de base.

Philips a rappelé ses objectifs à horizon 2025 : il table sur une croissance interne comprise entre 5% et 6% et une amélioration de 60 à 80 points de base par an.

" La volatilité de la chaîne d'approvisionnement s'est intensifiée à l'échelle mondiale, ce qui a déjà entraîné des délais plus longs pour convertir notre solide carnet de commandes en revenus au troisième trimestre, et nous nous attendons à ce que ce vent contraire continue à souffler au quatrième trimestre ", a commenté le PDG, Frans van Houten.

Au troisième trimestre, le groupe néerlandais a généré un bénéfice net de 2,98 milliards d'euros contre 340 millions d'euros, un an plus tôt. Cette très forte progression reflète principalement la vente de son activité appareils domestiques, qui a généré une plus-value de 2,5 milliards d'euros.

Plus significatif pour les analystes, l'Ebita ajusté a baissé de 25% à 512 millions d'euros, soit une marge de 12,3%, en recul de 3,2 points. L'Ebita ajusté est ressorti au dessus du consensus s'élevant à 490 millions d'euros. " La rentabilité est supérieure aux prévisions ", mais la qualité est " médiocre " a commenté Berenberg. La surperformance par rapport au consensus s'explique en effet par le segment " autre" , dont l'Ebita ajusté est passé en un an de -50 millions d'euros à 13 millions d'euros.

Les revenus du groupe ont pour leur part enregistré un repli, en données comparables, de 7,6% à 4,156 milliards d'euros alors que le marché visait 4,18 milliards d'euros.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Optimisme pour le secteur

Les ventes sur trois mois (de septembre à novembre) ont augmenté de 8,3% au niveau mondial par rapport aux trois mois précédents (de juin à août). En Europe, la progression est même supérieure (de 13,8%).

En dépit de la pandémie et d'autres facteurs macroéconomiques, les experts prédisent en 2020 des ventes annuelles bien supérieures à celles de 2019.

Sur ce secteur en croissance, l’Europe cherche à renforcer ses positions. Elle ne détient que 10% du marché mondial, évalué à 440 milliards d'euros. Par ailleurs elle est de plus en plus dépendante d'importations en provenance des États-Unis ou de pays asiatiques. Treize Etats de l'Union européenne, dont la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et les Pays-Bas, se sont récemment alliés pour investir en commun et ainsi renforcer la capacité de l'Europe à développer les processeurs et semi-conducteurs de prochaine génération.

La croissance du marché français a été tirée par les ventes de téléviseurs, mais ne concerne pas tous les segments de marché. Les téléviseurs, et tout l'écosystème vidéo ainsi que la dynamique constante du segment des casques portent le marché français. En revanche, les marchés de la Photo (-20%), de l'Audio embarquée (-31%) et de la Hifi (-3%) sont en retrait.

Forte croissance du marché français

D'après l'institut GfK, le marché français de l'électronique grand-public a bénéficié en 2020 d'une croissance de 6%, avec un chiffre d'affaires de 4,7 milliards d'euros. Malgré les annulations des événements sportifs, suite à la crise sanitaire, 5 millions de téléviseurs ont été commercialisés en 2020 pour un chiffre d'affaires en hausse de 16%, à plus de 2,3 milliards d'euros. A l'effet volume s'ajoute la hausse du prix moyen de vente (456 euros soit +2%). Les ventes des modèles dotés des technologies OLED-QLED (dont le chiffre d'affaires a bondi de 43% en CA), représentent désormais le tiers des ventes totales du marché français des téléviseurs.

Les barres de son (avec 130 millions d'euros générés en 2020 en croissance de 14%) profitent pleinement d'une expérience télévisuelle plus qualitative. Les enceintes home-cinéma, supports muraux et rétro/vidéo projecteurs ont également affiché des progressions de revenus à deux chiffres au second semestre 2020. Les ventes de casques ont aussi bénéficié d'une forte croissance l'an passé (+16% à 943 millions d'euros).

Des évolutions différenciées sur le marché des téléviseurs

Ce marché a dû faire face à des ruptures de stocks car la crise sanitaire a provoqué des fermetures d'usines et une désorganisation des chaînes d'approvisionnement.

Si les ventes ont été portées par les confinements dans les pays développés, les ventes mondiales ont été négativement impactées par un recul économique dans les pays émergents. La demande en provenance d'Asie et d'Amérique Latine a dégringolé alors qu'elle constitue l'un des principaux moteurs traditionnels du secteur. Au final, seuls 216 millions de téléviseurs ont été commercialisés dans le monde en 2020, soit un léger recul (-0,8% par rapport à 2019, quand le marché avait progressé d'environ 1%).

Valeurs associées

Euronext Amsterdam -0.46%
Euronext Paris -18.58%

Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 18/10/2021 à 16:11:00.

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