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La valeur du jour à Paris VIVENDI domine le CAC 40 grâce à l'excellente performance de sa pépite UMG
AOF23/04/2021 à 11:17

(AOF) - Vivendi domine largement l'indice phare de la place parisienne, s'adjugeant une hausse de 3,39% à 29,60 euros. Le géant des médias surfe une nouvelle fois sur l'excellente performance de sa pépite Universal Music Group (UMG) pour afficher au premier trimestre un chiffre d'affaires de 3,9 milliards d'euros, en croissance organique de 5% sur un an (+0,8% en données réelles). Cette performance dépasse ainsi largement les estimations de la banque JPMorgan, qui anticipait une hausse d'à peine 1%.

UMG a une nouvelle fois représenté la vache à lait de Vivendi, réalisant un chiffre d'affaires de 1,81 milliard d'euros, en croissance organique de 9,4% (+2,2 % en données réelles), là où JPMorgan tablait sur +5%. La major musicale a permis de compenser les effets persistants de la crise du covid sur d'autres activités du groupe, en particulier Vivendi Village (-66% en organique).

La croissance des revenus liés au streaming musical (+19,6%) a soutenu le chiffre d'affaires de la musique enregistrée, qui a grimpé de 10,8% en organique, pendant que l'amélioration des ventes liées aux nouveaux albums et aux catalogues portait les ventes physiques (+14,8%).

Par ailleurs, Vivendi prévoit toujours d'introduire en bourse UMG à l'automne prochain et de soumettre la distribution de 60% de son capital aux actionnaires lors de la prochaine Assemblée générale annuelle du 22 juin.

La performance des autres activités du groupe peut paraître contrastée au premier abord, mais Canal+, Havas et Editis ont eux aussi fait mieux que ce qu'attendait JPMorgan.

La chaîne cryptée a ainsi réalisé un trimestre quasi-stable (-0,1% à taux de change et périmètre constants), avec un chiffre d'affaires de 1,36 milliard d'euros, alors que la banque américaine escomptait un repli de 1,5%. Si la télévision en France a connu un recul (-2,1%), l'international (+1,6%) et StudioCanal (+8,9%) ont bien performé.

Pour sa part, Havas a vu son revenu net s'élever à 478 millions d'euros, en croissance organique de 0,8%, contre -5% anticipés par JPMorgan.

Enfin, Editis a lui aussi connu une activité soutenue, avec une croissance de 40% (contre +20% attendus) à 163 millions d'euros. L'éditeur a bénéficié qui a bénéficié d'une base de comparaison facile et d'un calendrier de sorties solide.

Après cette publication solide, JPMorgan a réitéré sa recommandation Surpondérer sur le titre Vivendi, avec un objectif de cours de 43 euros, même si le groupe n'a pas souhaité communiquer de perspectives pour 2021, en raison de l'incertitude liée à l'épidémie et aux activités de divertissement avec la sortie du périmètre d'UMG.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Points clés

- Holding de 3 pôles, la culture avec Editis, le divertissement culturel avec Universal Music Group (1/3 du marché mondial), Canal Group, DailyMotion et Gameloft, et les médias avec Havas ;

- Revenus de 16,9 Mds€ générés par UMG (50%), par le groupe Canal + (33 %), par Havas (12 %) et Editis (4,5 %) ;

- Modèle économique visant à devenir n° 1 mondial dans les contenus, les médias et la communication à partir de 4 axes de création de valeur : la détention de talents, leur valorisation mondiale, la valorisation des catalogues et droits de propriété intellectuelle et l'attractivité de la ligne éditoriale ;

- Capital contrôlé à 26,28 % et 28,51 % des droits de vote par le Groupe Bolloré, le conseil de surveillance de 12 membres étant présidé par Yannick Bolloré.

- Situation financière maîtrisée avec une dette nette en hausse à 5 Mds€ pour des fonds propres de 15,8 Mds€.

Enjeux

- Stratégie fondée sur la valorisation des propriétés intellectuelles et des contenus par franchises, « live » (festivals), sur la pénétration des marchés africains, indien et chinois et sur la distribution en ligne ;

- Stratégie d'innovation fondée sur l'émergence de créateurs locaux, sur l'offre de plateformes et d'incubateurs de création dans plusieurs pays et sur des partenariats ;

- Stratégie environnementale intégrée dans la démarche de création de valeur ;

- Pénétration de la Chine après la vente à Tencent de 10 % du capital d'UMG et possible renforcement des liquidités en raison de l'option de vente de 10 % supplémentaire exerçable jusqu'à mi-janvier 2021 ; 

- Bonne visibilité de l'activité, les abonnements représentant près des 2/3 des revenus ;

- Evolution du portefeuille de participations, dont Telecom Italia, de 5,7 Mds€.

Défis

- Remontée du chiffre d'affaires publicitaires de Havas et de Vivendi Village;

- Introduction en Bourse, d'ici 2023 au plus tard, d'une nouvelle part du capital d'UMG ;

- Spéculations sur un rachat de M6 et des actifs éditoriaux (Europe 1) de Lagardère, détenu à 20 % ;

- Impact de la pandémie : hausse de 3% du chiffre d'affaires et de 4,4 % du bénéfice net ;

- Difficultés avec les participations italiennes -Telecom Italia  (29,94 % des droits de vote, dont 19,94 % portés par une société fiduciaire italienne) et Mediaset- entraînant un bras de fer avec le fonds activiste Elliot pour Telecom Italia, et un conflit juridique pour participation dans Mediaset ;

- Absence de perspectives 2021 ;

 - Maintien du dividende ordinaire de 0,60 € et projet de distribution aux actionnaires après la cession de 20 % d'UMG.

La presse magazine en effervescence

En deux ans cette presse a considérablement évolué en France. Les trois groupes leaders (Lagardère, Bertelsmann et Mondadori) se sont quasiment désengagés pour laisser la place à de nouveaux acteurs. Le groupe Lagardère ne conserve aujourd'hui que « Paris Match » et le « JDD ». Les titres « Elle », « Version Femina », « Télé 7 Jours », « France Dimanche », « Ici Paris » ont été cédés à un nouvel entrant, Czech Media Invest (CMI), contrôlé par le tchèque Daniel Kretinsky.

Pascal Chevalier, issu de la Net économie, s'est, lui, emparé de Mondadori France (« Grazia », « Biba », « Closer », « Science & Vie ») l'an passé, après avoir repris « Marie France » en 2013. Son groupe dispute désormais la position de leader avec Prisma Media qui pourrait tomber dans le giron de Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré. Prisma Media détient notamment les titres « Femme Actuelle », « Geo », « Gala », « Voici », « Télé-Loisirs » et « Capital ».

Valeurs associées

Euronext Paris -2.07%

Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 23/04/2021 à 11:17:00.

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