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La solidité des entreprises est déjà affectée par la crise systémique en Europe

Newsmanagers23/01/2012 à 12:45
(NEWSManagers.com) - Depuis l'été 2011 et l'aggravation de la crise dans la zone Europe, la Coface a observé une nette rupture du comportement de paiement des entreprises avec une nette remontée des impayés, a souligné la Coface à l'occasion de son 16ème colloque Risque Pays. Sur l'ensemble de 2011, Coface enregistre une progression de 19% des incidents de paiement dans le monde, avec une montée particulièrement prononcée de 28% pour les entreprises de la zone euro.

Cette dégradation de la solidité moyenne des entreprises prouve que la crise prend un nouveau virage et atteint une dimension systémique globale avec l'entrée en crise de l'Italie. " En l'absence de réponse rapide à la crise de la part des institutions, les anticipations négatives du marché financier ont éveillé la défiance des acteurs de l'économie réelle. Paradoxalement, ce sont les entreprises, pourtant mieux gérées que jamais, qui subissent le contrecoup de cette crise. En 2012, la conjonction d'une croissance très affaiblie en Europe et d'un possible assèchement du crédit pourrait affecter de manière sensible le risque de crédit des entreprises" , a souligné François David, président de Coface.
Dans ce contexte dégradé, Coface abaisse d'un cran, à A4, l'évaluation de l'Italie et de l'Espagne, l'une fragilisée par un endettement public massif, l'autre par l'endettement de son secteur privé. Ces deux grandes économies d'Europe du Sud subiront en outre une contraction de l'activité en 2012. Depuis le début de l'année 2011, Coface constate une montée d'environ 50% des incidents de paiement des entreprises des deux pays.

C'est l'Europe émergente qui souffrira le plus de la contraction de la demande et du flux de financement de la zone euro. En raison de leur exposition aux dettes souveraines de la zone euro, les banques ouest-européennes se verront obligées de réduire le soutien à leurs filiales, ce qui affectera l'octroi de crédits aux entreprises. Or, les créances des banques européennes représentent 70% du PIB est-européen et on estime que un cinquième de la croissance des années 2000 en Europe de l'Est s'explique par le dynamisme du crédit transfrontalier. Les évaluations A2 de la République tchèque et de la Slovénie ainsi que l'évaluation A3 de la Slovaquie ont été mises sous surveillance négative. La Hongrie, qui fait face à une défiance accrue des investisseurs, a été déclassée en B. L'exposition au risque italien et la vulnérabilité de l'activité induite par un choc de change conduisent Coface à abaisser à B l'évaluation de la Croatie.

Enfin, la vague de troubles politiques en Afrique du Nord et au Proche et Moyen-Orient marque un tournant en 2011 dans les émergents : le retour du risque politique. Coface a d'ailleurs, en 2011, enregistré plusieurs impayés au titre de ce risque. L'évaluation de l'Egypte, dont les finances publiques et les comptes extérieurs sont sous pression, a été déclassée en C en grande partie à cause des incertitudes majeures entourant le scénario politique en 2012. En Syrie, déclassée en D, la situation extrêmement tendue et les sanctions internationales auront des répercussions défavorables sur la croissance économique et les finances publiques.


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