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La Russie se porte garante du retrait kurde de la frontière syro-turque
Reuters22/10/2019 à 23:15

    * Vladimir Poutine a reçu Recep Tayyip Erdogan à Sotchi
    * L'accord russo-turc vise à éviter une reprise de
l'offensive
    * Moscou va garantir la sécurité de la zone frontalière
    * Les Kurdes disent avoir achevé leur retrait
    * Les Kurdes disent avoir achevé leur retrait
    * 

 (Précisions, appel Poutine-Assad)
    par Darya Korsunskaya et Tuvan Gumrukcu
    SOTCHI, Russie/ANKARA, 22 octobre (Reuters) - La Turquie et
la Russie se sont entendues mardi sur un départ des combattants
de la milice kurde syrienne YPG d'une zone de 30 km de
profondeur le long la frontière syro-turque, ce qui va permettre
d'éviter une reprise de l'offensive des forces d'Ankara, a
annoncé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.
    Aux termes de l'accord, la police militaire russe et des
garde-frontières syriens vont se déployer le long d'une partie
de la frontière à partir de midi mercredi pour faciliter le
retrait des derniers combattants kurdes et de leurs armes.
    Ce retrait devrait être parachevé dans six jours, a précisé
Sergueï Lavrov, selon lequel l'accord russo-turc mettra fin au
bain de sang dans la région.
    Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip
Erdogan se sont aussi entendus lors d'un entretien dans la
station balnéaire de Sotchi sur le retrait des combattants
kurdes des villes de Manbij et Tel Rifaat.
    "Le principal objectif de l'opération est d'obtenir le
départ des organisations terroristes PKK/YPG de la région et de
faciliter le retour des réfugiés syriens", a déclaré Erdogan au
côté de son homologue russe.
    "Cette opération garantit aussi l'intégrité territoriale et
l'unité politique de la Syrie", a-t-il ajouté.
    Vladimir Poutine a téléphoné à son homologue syrien Bachar
al Assad pour l'informer du contenu de l'accord, a fait savoir
la présidence syrienne, promettant de poursuivre sa "lutte
contre le terrorisme sur le territoire syrien par tous les
moyens légitimes".
    La Turquie considère les Unités de protection du peuple
(YPG) comme une organisation terroriste liée aux séparatistes
kurdes du sud-est de son territoire.
    Une fois les miliciens kurdes partis de la zone frontalière,
les armées russe et turque effectueront des patrouilles
conjointes dans le nord de la Syrie, jusqu'à 10 km de la
frontière, prévoit l'accord conclu à Sotchi.
    
    LES KURDES DISENT S'ÊTRE RETIRÉS
    Il s'agit d'un "excellent accord", a commenté un responsable
turc, se réjouissant que la Turquie ait atteint l'objectif
qu'elle poursuivait de longue date d'établir une "zone de
sécurité" à sa frontière.
    Moscou et Ankara vont aussi travailler ensemble au retour
des réfugiés syriens qui vivent en Turquie, a déclaré Erdogan.
    En annonçant une pause des opérations militaires jeudi
dernier sous la pression des Etats-Unis, le président turc avait
donné aux miliciens kurdes jusqu'à 22h00 ce mardi (19h00 GMT)
pour effectuer leur retrait de la région frontalière, sous peine
de reprendre son offensive.
    Le général Mazloum, commandant des Forces démocratiques
syriennes (FDS), dont les YPG sont la principale composante, a
assuré que ses hommes avaient respecté toutes les conditions de
la trêve en se retirant du théâtre d'opérations, a déclaré une
porte-parole du vice-président américain Mike Pence.
    Donald Trump, critiqué pour avoir ouvert la voie aux Turcs
en annonçant le retrait des Etats-Unis du nord de la Syrie,
avait évoqué lundi une éventuelle prolongation de la pause
observée depuis jeudi mais Recep Tayyip Erdogan avait prévenu
que l'offensive turque pourrait reprendre.
    "Si les promesses que nous a faites l'Amérique ne sont pas
tenues, nous continuerons notre opération là où nous l'avons
laissée, cette fois avec une bien plus grande détermination",
avait dit le président turc.
    La Turquie dit vouloir sécuriser les 440 km de frontière
avec la Syrie mais son offensive s'est pour l'instant concentrée
sur deux localités dans le centre de cette bande de territoire,
Ras al Aïn et Tal Abyad, distantes de 120 km.
    À l'occasion d'une rare visite dans la province d'Idlib,
près du dernier grand bastion rebelle dans le nord-ouest de la
Syrie, le président syrien Bachar al Assad a qualifié Erdogan de
"voleur". "Maintenant il vole notre terre", a-t-il dit, cité par
les médias syriens.

 (Darya Korsunskaya et Tuvan Gumrukcu
Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service français, édité
par Jean-Philippe Lefief)
 

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