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La récession va s'accentuer en Iran et les réserves de changes fondre - IIF
Reuters15/01/2020 à 11:27

    DUBAI, 15 janvier (Reuters) - Le rétablissement des
sanctions américaines contre l'Iran a durement frappé l'économie
de la République islamique, dont le PIB s'est contracté de 4,6%
sur l'exercice fiscal 2019-2020 et devrait fondre encore de 7,2%
cette année, d'après les estimations de l'Institut de la finance
internationale (IIF).
    L'IIF indique en outre que les réserves de changes
pourraient chuter à 73 milliards de dollars d'ici au mois de
mars, en recul d'une quarantaine de milliards en deux ans.
    Les exportations de brut et de condensats de pétrole étaient
de 2,8 millions de barils par jour en mai 2018, date à laquelle
Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le
nucléaire iranien et rétabli les sanctions américaines. Elles
sont tombées ces derniers mois à moins 0,4 million de bpj,
souligne l'IIF.
    "La baisse des importations n'a que partiellement compensé
ce déclin drastique des exportations. Par conséquent, la balance
des paiements courants a basculé vers un petit déficit pour la
première fois depuis 1998", écrit l'Institut de la finance
internationale, qui regroupe les grandes banques et institutions
financières internationales.
    A moyen terme, dans l'éventualité d'un maintien des
sanctions américaines, la croissance iranienne, après deux
années de profonde récession, resterait à un niveau modéré, le
chômage passerait au-dessus des 20% de la population active et
les réserves officielles de changes continueraient de se
contracter, tombant à une vingtaine de milliards de dollars en
mars 2023.
    A l'inverse, dans un scénario de levée des sanctions
américaines, la croissance de l'économie iranienne pourrait
rapidement rebondir pour dépasser les 6% annuels et les réserves
de changes remonter à 143 milliards de dollars à l'horizon 2024.
    Avec la réélection potentielle de Donald Trump en novembre
prochain pour un second mandat de quatre ans, note Robert
Mogielnicki, chercheur invité à l'Arab Gulf States Institute
basé à Washington, "la perspective d'un accord durable entre les
Etats-Unis et l'Iran semble éloignée. De ce fait, l'économie
iranienne affronte plus de risques que d'opportunités à court
terme comme à moyen terme".
    Le projet de budget 2020-2021 (l'année fiscale débute en
mars en Iran) présenté le mois dernier au Parlement iranien
retient comme hypothèse de travail un recul de 40% des revenus
liés au pétrole, au gaz et aux condensats.
    L'IIF retient pour sa part une chute de 70% des revenus liés
aux hydrocarbures, avec un déficit budgétaire de l'ordre de 2%
du PIB iranien en dépit du relèvement des taxes et de la baisse
des subventions publiques sur les carburants et l'électricité, à
l'origine du vaste mouvement de contestation durement réprimé à
l'automne dernier.

 (Davide Barbuscia
version française Henri-Pierre André, édité par Simon Carraud)
 

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