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" La gestion française n'a pas suffisamment d'image à l'international"

Newsmanagers 04/11/2011 à 13:30
(NEWSManagers.com) - Entretien avec Pierre Bollon, délégué général de l'Association française de la gestion (AFG)
Et c'est fort de ce constat que l'AFG ?uvre pour lui donner la place qu'elle mérite en Europe, chiffres à l'appui, comme le rappelle Pierre Bollon, délégué général de l'association. Dans ce cadre, l'association professionnelle était récemment à Londres. Elle ne compte pas en rester là. Un récent recrutement à Paris d'une personne dédiée à l'international, la prochaine naissance d'un site internet, d'autres manifestations en France et à l'étranger font également partie de la stratégie de l'association pour promouvoir la gestion française.
Newsmanagers : Vous venez d'organiser un déplacement à Londres avec différents acteurs de la gestion d'actifs française. Quels objectifs vous donniez-vous ?

Pierre Bollon : Ce déplacement visait à promouvoir les qualités de la Place de gestion parisienne auprès des investisseurs professionnels basés à Londres (fonds de pension, sociétés d' assurances, gestionnaires de fonds de fonds) ainsi que de leurs " prescripteurs" (avocats, consultants), afin de les inciter à développer leurs relations avec les professionnels français et à investir dans des fonds de droit français. Il s' agissait également d' attirer des talents à Paris. En effet, l'industrie française de la gestion d'actifs est un leader européen, mais ce n' est pas assez connu. Selon les données à fin juin 2011 au niveau européen, notre part de marché est notamment de 20,5 % pour la gestion financière d' OPCVM. C'est également un important centre de domiciliation de fonds avec une part de marché de 18,2 %. Pour être une industrie puissante, il faut disposer d'un marché intérieur puissant. C'est notre cas. Mais cette condition nécessaire n'est pas suffisante. Il nous faut désormais accroître notre part de marché à l'extérieur de nos frontières. Contrairement à d' autres places européennes, nous bénéficions à Paris de toute la chaîne professionnelle des acteurs, ce qui nous donne une capacité et une légitimité à gérer une part encore plus forte qu' aujourd' hui de l'épargne européenne et mondiale. Nous sommes une industrie exportatrice dont les usines sont à Paris : faisons le mieux savoir en France et hors de nos frontières.
NM : De quels moyens disposez-vous pour mener cette orientation internationale ?

P.B. : Nous avons recruté au mois de mai un responsable de la promotion internationale, basé à Paris, Romain Guizard, qui travaille aux côtés de Stéphane Janin. Pour développer cette action de promotion internationale, l' AFG s' appuie sur la participation active de nombreuses sociétés de gestion, des professions associées (avocats, consultants), des dépositaires, et, bien sûr, de l' AMF, la Direction du Trésor et Europlace. Un grand nombre de nos membres sont individuellement de plus en plus conquérants hors de nos frontières, mais ils ne disposaient pas jusqu' alors d' un outil de promotion collective spécifiquement dédié à la gestion d' actifs.
NM : Hormis votre déplacement à Londres, que faites-vous pour promouvoir la gestion française ?

P. B. : L' AFG était déjà très active depuis plusieurs années au plan international, mais nos actions méritaient d' être développées et d' être mieux mises en cohérence. C' est pour cela que, depuis le rapport remis par l' AFG, l' AMF et la Direction du Trésor au Haut Comité de Place (HCP) il y a un an, l' AFG a décidé de structurer son action de promotion internationale en coordination avec ses partenaires de l' éco-système et les autorités publiques. D' où la mise en place à la fin 2010 d' un comité de coordination constitué, outre l' AFG, de l'AFTI, de la Direction du Trésor, de l' AMF et de Paris Europlace.
Parmi les actions concrètes réalisées, je citerai la récente création de la marque Paris Fund Industry dont le slogan, " Smart, innovative and secure" est explicite. Nous avons également rendu publique lors de la conférence de Londres une brochure de promotion internationale sous cette marque. Et nous nous apprêtons aussi à lancer un site international dès le début de l'année 2012. Il s'agira d'un portail promotionnel de l'industrie française de la gestion d'actifs, d' abord en anglais, qui renverra notamment aux sites individuels des sociétés de gestion et de l' ensemble de l' éco-système (dépositaires, valorisateurs, avocats, consultants, fournisseurs de données) ainsi, naturellement, qu' aux sites de l' AFG, de l' AFTI, d' Europlace et des autorités publiques.
NM : Pour quels résultats au final ?
P. B. : Le bilan de la conférence de Londres tenue le 12 octobre 2011 est extrêmement positif. Parmi les objectifs du HCP, figurait clairement la volonté de mettre sur pied des conférences internationales dédiées à la promotion de la gestion d' actifs française. Le déplacement à Londres était une action collective pilotée par l' AFG lors de laquelle nous avons réuni, outre 9 sociétés de gestion françaises - grandes, moyennes et petites - 3 dépositaires, 4 cabinets d' audit, de consultants et d' avocats ainsi que les autorités publiques. Les grands domaines réglementaires ont été abordés et, à l'occasion d'ateliers portant sur divers thèmes illustrant la diversité des talents parisiens, les acteurs français ont pu mettre en évidence leur richesse et leurs complémentarités. NM : Quelle est l' image de la gestion française à l' international ? P. B. : Sauf pour les spécialistes, j'aurais tendance à dire que la gestion française en tant que telle n'a pas une bonne ou une mauvaise image à l' international. Elle n'a pas suffisamment d'image ! Nous voulons promouvoir notre présence compétitive sur tous les créneaux, qu'il s'agisse de gestion obligataire, de gestion actions, de gestion alternative, etc. Notre message à Londres était de faire connaître Paris comme étant une place performante aux investisseurs professionnels basés dans la capitale britannique et à leurs " prescripteurs" . C' est loin d'être su ! En matière de fiscalité, par exemple, les images sont tenaces : l'absence de taxe sur les OPCVM de droit français en tant que véhicules a surpris plus d'un interlocuteur à Londres?

NM : Dans votre démarche, y a-t-il clairement une concurrence avec des associations concurrentes en Europe ?

P. B. : Notre intention n' est pas d' essayer d' imiter ce que font d' autres places, qui jouent d' ailleurs un rôle moteur et qu' utilisent nombre de sociétés de gestion françaises. Nous avons nos propres spécificités qui font de nous la première place européenne pour l' ensemble de l' éco-système, c' est-à-dire incluant à la fois les gérants, les dépositaires et toutes les professions associées. Et nous séduisons ! A titre d' exemple, j' ai reçu il y a quelques jours une filiale de gestion québécoise qui gère des fonds de hedge fund et qui est venue s'installer à Paris compte tenu de nos atouts.

NM : Avez-vous établi une feuille de route pour vos opérations promotionnelles à venir ?

P. B. : Compte tenu du succès de la conférence de Londres, un nouveau rendez-vous à Londres est d' ores et déjà envisagé pour 2012. La Suisse, l'Allemagne et les pays scandinaves figurent parmi les prochaines destinations répertoriées par le groupe de travail " road shows" que préside Marc Raynaud. Sans oublier bien sûr toutes les initiatives d'Europlace, notamment en Asie, auxquelles nous sommes associés. A terme, nous envisageons un rendez-vous international annuel tenu à Paris, exclusivement dédié à l' industrie française des fonds. Le succès de la conférence de Londres, en tout cas, nous encourage à aller de l' avant.

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