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La France inquiète après la fuite de familles de membres de l'EI
Reuters13/10/2019 à 18:33

 (Actualisé avec déclarations de Recep Tayyip Erdogan § 6)
    PARIS, 13 octobre (Reuters) - La porte-parole du
gouvernement français Sibeth Ndiaye a fait part dimanche de son
inquiétude après la fuite, rapportée par des autorités kurdes,
de familles de membres de l'Etat islamique qui étaient retenues
dans un camp au Nord de la Syrie, théâtre d'affrontements avec
les forces turques.
    Selon l'administration kurde de la région, des femmes
affiliées à l'Etat islamique et leurs enfants ont fui en masse
dimanche le camp d'Aïn Issa qui se trouve au nord de Rakka et à
environ 30 kilomètres au sud de la frontière turque.
 
    Cette autorité évoque la fuite de 785 étrangers tandis que
l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui cite des
sources au sein du camp, parle de 100 personnes s'étant
échappées.
    "Evidemment que nous sommes inquiets par rapport à ce qui
pourrait se passer", a déclaré Sibeth Ndiaye sur la chaîne de
télévision France 3.
    "C'est la raison pour laquelle nous souhaitons que la
Turquie finisse au plus vite cette intervention que nous avons
évidemment condamnée", a-t-elle ajouté, évoquant le risque d'une
crise humanitaire engendrée par cette offensive qui a déjà fait
130.000 déplacés, selon les chiffres des Nations Unies.
    Selon des propos relayés par l'agence publique turque
Anadolu, le président turc Recep Tayyip Erdogan a quant à lui
qualifié ces rapports de "désinformation" visant à provoquer les
pays occidentaux.     
    Paris a annoncé samedi soir suspendre immédiatement les
exportations d'armes vers la Turquie, à la suite de l'offensive
lancée mercredi par Ankara dans le nord de la Syrie. L'Allemagne
avait pris un peu plus tôt une décision similaire.  
    Les forces démocratiques syriennes (FDS), sous commandement
kurde, contrôlent d'importantes parties du territoire autrefois
sous le "califat" de l'état islamique. Les FDS gardent des
milliers de djihadistes en prison ainsi que des dizaines de
milliers de membres de leur famille dans des camps mais
s'inquiètent de ne plus avoir assez d'effectifs pour assurer
leur surveillance.
    "C'était depuis le début de cette intervention armée une
préoccupation pour la France parce que nous avons effectivement
des djihadistes français dont nous avons toujours considéré
qu'ils devaient être jugés sur place (...)", a expliqué la
porte-parole du gouvernement. 
    Interrogé sur BFM TV, l'ancien juge anti-terroriste Marc
Trévidic a lui jugé nécessaire de rapatrier les combattants de
l'Etat islamique dans leur pays d'origine pour qu'ils y soient
jugés.
    "En Syrie, il n'y a plus d'Etat et il faut que chacun
reprenne ses nationaux et les juge en doublant la cour d'assises
pour qu'ils risquent des peines conséquentes", a expliqué le
magistrat, aujourd'hui président de chambre à la cour d'appel de
Versailles.

 (Gwénaëlle Barzic, avec John Irish et Myriam Rivet)
 

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