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La France freine la reprise en zone euro

Reuters04/11/2013 à 16:06

LA FRANCE FREINE LA REPRISE EN ZONE EURO

par Jonathan Cable

LONDRES (Reuters) - La reprise en zone euro, qui a démarré en Allemagne, a désormais gagné d'autres pays de la périphérie mais la contraction de l'activité manufacturière en France freine ce début de retour à la croissance.

Les résultats définitifs des enquêtes mensuelles du cabinet Markit auprès des directeurs d'achat montrent lundi que la croissance dans le secteur manufacturier des 17 pays de la zone s'est légèrement accélérée en octobre, l'indice PMI remontant à 51,3 contre 51,1 le mois précédent.

Ce chiffre est conforme à l'estimation provisoire publiée il y a une dizaine de jours, ainsi qu'aux attentes des économistes, mais il reste faible par rapport à ses niveaux historiques.

"L'économie manufacturière de la zone euro enregistre sa période de plus forte croissance en deux ans et demi. Toutefois, quoique la reprise se prolonge, elle est désespérément lente, quel que soit l'instrument de mesure utilisé", explique Chris Williamson, chef économiste chez Markit.

Les chiffres en Allemagne et en France - les deux premières économies de la zone euro - divergent avec une hausse de l'indice allemand à 51,7 contre 51,1 et une contraction plus marquée en France, sous l'effet d'un recul des carnets de commandes.

L'indice PMI manufacturier français est resté sous la barre des 50 qui sépare croissance et contraction pour le vingtième mois consécutif, à 49,1 après 49,8 en septembre et contre une première estimation "flash" de 49,4.

Les pays les plus touchés par la crise, comme l'Italie et l'Espagne, ont également connu des évolutions divergentes: la croissance de l'activité manufacturière a ralenti le mois dernier en Italie alors qu'elle s'est accélérée en Espagne.

Le sous-indice de la production en zone euro utilisé pour le calcul du PMI composite (services et industrie), un bon indicateur de la croissance globale, est passé de 52,2 à 52,9.

FAIBLES PRESSIONS INFLATIONNISTES

Une croissance solide en Allemagne, première économie en Europe, a tiré l'ensemble du bloc euro hors de la plus longue récession de son histoire au deuxième trimestre, mais la reprise ne devrait être que de 0,2% à 0,3% par trimestre jusqu'à la fin de l'an prochain, selon des enquêtes de Reuters.

La France, elle, a bénéficié au deuxième trimestre d'une croissance plus forte que prévu de 0,5% mais l'Insee prévoit une stagnation au troisième trimestre tandis que la Banque de France a revu en baisse sa prévision de croissance à 0,1%.

"Les chiffres du PIB du deuxième trimestre ont certainement surestimé la tendance de fond de la croissance en France et les derniers chiffres soulignent qu'elle n'est pas engagée sur la voie d'une reprise forte et soutenue", estime Ben May, de Capital Economics.

Dans l'ensemble de la zone euro, la demande de produits manufacturés a progressé le mois dernier, quoique moins rapidement qu'en septembre, et les prix ont peu varié malgré la hausse des coûts de production.

Le sous-indice des prix facturés a atteint son plus haut niveau en 18 mois, à 50,5 contre 50,3 en septembre, mais il est ressorti en retrait par rapport à l'estimation "flash" de 50,7.

L'inflation en zone euro est tombée à 0,7% en octobre, selon les données officielles publiées la semaine dernière, à son plus bas niveau en quatre ans et nettement au-dessous de l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE).

Ce dernier chiffre, publié jeudi, a ravivé le débat sur l'éventualité d'une baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) lors d'une des deux dernières réunions monétaires de l'année.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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