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La France échapperait à la récession en 2012

Reuters05/10/2012 à 01:01

LA FRANCE DEVRAIT ÉCHAPPER À LA RÉCESSION EN 2012

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La France devrait échapper à la récession en 2012 mais la maigre croissance de 0,2% attendue ne sera due qu'à l'acquis accumulé à la fin de l'an passé, estime l'Insee, ce qui augure mal des perspectives pour 2013.

L'institut a annoncé jeudi tabler sur un produit intérieur brut inchangé au troisième comme au quatrième trimestres, une prévision qui, si elle se confirmait, porterait à cinq trimestres d'affilée la stagnation de l'économie.

Pour Cédric Audenis, chef du département conjoncture de l'Insee, "l'économie française est à l'arrêt". "Mais nous pensons qu'elle échappera à la récession au deuxième semestre", s'empresse-t-il d'ajouter.

Son acquis de croissance pour 2013 serait toutefois nul, ce qui risque de compliquer la tâche du gouvernement qui a bâti son projet de budget sur une prévision de hausse de 0,8% du PIB, un niveau nettement supérieur au consensus des économistes (+0,4%).

"Avec 0% (de croissance) aux deuxième, troisième et quatrième trimestres, ça ferait un acquis pour 2013 égal à 0%, donc la croissance 2013 ne se fera qu'en 2013", a souligné Cédric Audenis. A ce stade, "il faudrait 0,3% de croissance trimestrielle durant toute l'année 2013 pour arriver à une moyenne annuelle de 0,8%".

Pour 2012, le gouvernement socialiste, à peine en place, avait revu à 0,3% la prévision de croissance dans la loi de finances rectificative votée en juillet.

Dans ses précédentes perspectives, publiées fin juin, l'Insee escomptait encore des croissances de 0,1% et 0,2% de l'économie française aux 3e et 4e trimestres, après une stagnation au deuxième qui a été depuis confirmée, et 0,4% pour l'ensemble de 2012, chiffre aujourd'hui ramené à 0,2%.

L'Insee a aussi revu en baisse ses perspectives pour la zone euro, qu'elle voit en récession de 0,5% cette année, alors qu'elle prédisait auparavant un recul du PIB de 0,3%.

La hausse de l'euro, la faiblesse de la demande externe due au ralentissement des économies émergentes, le rebond des prix du pétrole et une demande interne pénalisée par les efforts de consolidation budgétaire sont autant de facteurs qui pèsent sur les pays de la monnaie unique.

"RÉSISTANCES INTERNES"

Mais pour l'institut, l'économie française paraît en mesure de limiter les dégâts grâce à ses "résistances internes".

Parmi celles-ci, il fait état d'un "acquis de croissance" de la production manufacturière de 0,5% à fin juillet pour le 3e trimestre qui devrait lui permettre de compenser en bonne partie la dégradation enregistrée depuis le milieu de l'été.

La consommation de produits manufacturés reste elle aussi orientée correctement, avec un acquis de croissance trimestrielle à fin août également de 0,5%.

L'Insee n'attend pas de miracle sur le front du chômage, avec un taux qui atteindrait 10,2% fin 2013 en France métropolitaine (10,6% avec l'outre-mer), et 67.000 emplois détruits au second semestre dans les secteurs marchands.

Du côté des ménages, le pouvoir d'achat reculerait de 0,5% cette année en moyenne, un repli concentré sur le deuxième trimestre du fait du rebond des prix du pétrole, du ralentissement des revenus d'activité et de la hausse des prélèvements fiscaux.

Celle-ci devrait amputer le pouvoir d'achat de 1,1 point, près des trois-quarts du total provenant du dernier budget du quinquennat de Nicolas Sarkozy et le reste de la loi de finances rectificative de l'été.

L'Insee prévoit en parallèle une forte baisse du taux d'épargne des ménages (15,1% fin 2012 contre 16,4% à fin juin), qui permettrait à la consommation de résister en fin d'année.

Ce phénomène, traditionnel dans des périodes difficiles, serait amplifié par les nouvelles dispositions fiscales qui visent essentiellement des revenus d'épargne.

Autre moteur de la croissance, les investissements des entreprises reculeraient sur le deuxième semestre du fait de la faiblesse des débouchés mais aussi du bas niveau des marges.

Mais l'Insee souligne que les entreprises ne font que s'adapter à la conjoncture et qu'il n'y a pas, dans la baisse actuelle de leur investissement, de "sur-réaction" aux incertitudes de l'heure.

L'évolution de la situation dans la zone euro, selon que les tensions continueront de s'apaiser ou non, reste un aléa majeur pour ces prévisions.

L'Insee y ajoute le commerce mondial, en fonction de l'ampleur du rebond escompté au quatrième trimestre après le ralentissement constaté actuellement, et le comportement des ménages français, s'ils décidaient de ne pas compenser intégralement la baisse de leur pouvoir d'achat en tirant sur leur épargne.

Edité par Yves Clarisse

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