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La croissance de l'économie revue en baisse au 3e trimestre

Reuters28/12/2012 à 13:33

LA CROISSANCE FRANÇAISE

PARIS (Reuters) - L'Insee a revu vendredi en baisse de 0,1 point la croissance de l'économie française au troisième trimestre, confirmant son profil de quasi-stagnation depuis maintenant plus d'un an.

Les comptes nationaux trimestriels détaillés publiés par l'institut font état d'une hausse de 0,1% du produit intérieur brut sur la période juin-septembre, contre 0,2% annoncé en première estimation, après un recul confirmé à 0,1% au deuxième trimestre et une évolution nulle aux deux trimestres précédents.

En conséquence, l'acquis de croissance pour 2012, à savoir la performance de l'économie française sur l'ensemble de l'année si l'évolution du PIB restait nulle sur les trois derniers mois, a de même été revu en baisse de 0,1 point à +0,1%.

Alors que le gouvernement table sur une hausse du PIB de 0,3% pour l'année, l'Insee avait indiqué dans son dernier point de conjoncture, le 20 décembre, prévoir une croissance moyenne de 0,1% en 2012 mais en anticipant une contraction de 0,2% de l'activité sur le quatrième trimestre.

La révision à la baisse du troisième trimestre ne remet pas en cause ce scénario, "même si le risque est plus élevé d'avoir une croissance moindre que supérieure" au 0,1% attendu, estime Dominique Barbet, économiste chez BNP Paribas.

L'annonce, également vendredi, d'une hausse de 0,2% des dépenses des ménages en novembre, là où les économistes anticipaient une stagnation, va dans le même sens.

"C'est un chiffre plutôt bon et cela montre qu'il n'y aura d'effondrement du PIB au quatrième trimestre", a déclaré Dominique Barbet.

Mais l'Insee anticipe aussi que la stagnation de l'économie française se poursuivra au premier semestre 2013, rendant d'autant plus difficile l'objectif du gouvernement d'inverser la courbe du chômage, qui reste sur 19 mois consécutifs de hausse, avant un an.

L'Insee explique la révision à la baisse de sa première estimation du PIB du troisième trimestre par un recul de la production du secteur des transports ainsi que par des investissements et une consommation de services moins dynamiques qu'estimé précédemment.

IMPÔTS EN HAUSSE POUR MÉNAGES ET ENTREPRISES

La contribution de la demande intérieure finale (hors stocks) à la croissance a été confirmée à +0,2 point de même que celle du commerce extérieur à +0,3 point. Mais celle de la variation des stocks s'inscrit désormais à -0,4 point au lieu de -0,3 point en première estimation.

Après son rebond du deuxième trimestre -revu à +0,5% contre +0,6% annoncé précédemment-, l'investissement des entreprises non financières a rechuté à -0,6% (contre -0,4% annoncé en première estimation) et celui des administrations publiques est resté stable (+0,1% en première estimation).

L'Insee fait état par ailleurs d'une stagnation du pouvoir d'achat des ménages au troisième trimestre, les effets de la hausse de la masse salariale (+0,5%) et du dynamisme des prestations sociales (+0,9%) étant annulés par la forte hausse des impôts (+3,8% après +0,9% au deuxième trimestre).

Mesuré par unité de consommation, ce pouvoir d'achat a même reculé de 0,2% après avoir progressé d'autant au deuxième trimestre. La consommation des ménages en valeur ayant augmenté de 0,4% en valeur dans le même temps, ils ont pour cela puisé dans leur épargne, dont le taux est revenu à 16,2%, soit 0,2 point de moins qu'au deuxième trimestre.

"Ce n'est pas vraiment une surprise, c'est la conséquence logique de la hausse des impôts", indique Dominique Barbet en soulignant que la baisse du taux d'épargne sera un des "enjeux majeurs" de l'année 2013, pour laquelle l'Etat espère que la consommation se maintiendra malgré un tour de vis fiscal.

Les entreprises ont également été confrontées à une hausse des impôts sur la production (+1,9% après +1,1% au deuxième trimestre) du fait notamment du relèvement du forfait social intervenu au 1er août.

Mais le léger redressement de leur taux de marge amorcé au deuxième trimestre s'est poursuivi (+0,1 point à 28,3%) grâce à une valeur ajoutée qui a progressé au même rythme qu'au trimestre précédent (+0,8% en valeur).

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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