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La Commerzbank tancée par Berlin à propos des "eurobonds"
Reuters03/09/2014 à 14:12


(Actualisé avec la réaction du ministère des Finances) BERLIN, 3 septembre (Reuters) - Le gouvernement allemand a morigéné le patron de Commerzbank CBKG.DE pour avoir évoqué la possibilité pour la zone euro d'émettre des emprunts communs, un haut fonctionnaire lui conseillant ainsi de s'en tenir au métier de banquier. "L'instauration d'emprunts souverains européens ferait de l'euro une devise d'importance mondiale et ce de manière permanente, assurant ainsi la compétitivité et la place de choix de l'Europe de manière pérenne", explique le président du directoire de la deuxième banque allemande, Marting Blessing, dans un entretien publié mercredi par le quotidien financier Handelsblatt. La chancelière Angela Merkel n'est pas favorable à des "eurobonds", estimant qu'il faudrait comme préalable à leur création une intégration politique et économique bien plus poussée. L'idée de tels emprunts avait été émise par des pays comme la France et l'Italie au plus fort de la crise financière de la zone euro mais l'Allemagne y voyait le plus sûr moyen de dissiper toute volonté des pays membres de faire le ménage dans leurs finances publiques. Steffen Kampeter, secrétaire d'Etat aux Finances et membre de l'Union chrétienne démocrate (CDU), le parti de Merkel, a immédiatement réagi aux propos de Martin Blessing, déclarant qu'il n'était pas question pour le gouvernement de revenir sur le sujet. "Plutôt que de se préoccuper d'un sujet inopportun comme celui-ci, M. Blessing ferait mieux de se concentrer sur son rôle de dirigeant d'entreprise", a-t-il dit. S'exprimant lors d'une conférence bancaire à Francfort, Anshu Jain, co-président du directoire de la concurrente Deutsche Bank DBKGn.DE , a également rejeté cette idée, privilégiant la discipline individuelle dans la gestion de la dette. Mais pour Martin Blessing, la réaction de la Banque centrale européenne (BCE) à la crise de la dette de la zone euro et les emprunts émis par le Mécanisme européen de stabilité (MES) font qu'un passif commun est "déjà une réalité; les 'eurobonds' ont été pratiquement introduits par des chemins détournés". En dehors d'être attrayant pour les investisseurs, de tels emprunts communs auraient en outre l'avantage d'inciter les Etats membres à une plus grande "discipline budgétaire", poursuit le patron de la deuxième banque allemande dans les colonnes du Handelsblatt. Steffen Kampeter estime au contraire qu'un passif partagé dissuaderait les Etats membres de mener des réformes structurelles. L'Etat allemand a une participation de 17% dans Commerzbank, conséquence d'un renflouement intervenu durant la crise financière et qui lui a coûté 18 milliards d'euros. (Stephen Brown et Matthias Sobolewski à Berlin, avec Thomas Atkins à Francfort, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)

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