1. Aide
    1. Espace Client
    2. Connexion
Espace Membre Boursorama

Erreur d'authentification

Vous êtes authentifié. Nous chargeons votre espace membre.

Mot de passe oublié ?

Nouveau sur Boursorama ? Devenez membre

Identifiant/Mot de passe oublié
Si vous êtes Membre de la Communauté Boursorama, veuillez indiquer l'adresse email que vous avez fournie lors de votre enregistrement pour recevoir votre identifiant et/ou ré-initialiser votre mot de passe :

Nouveau sur Boursorama ? Devenez membre

Fermer

Conserver cet article pour le lire plus tard

Fermer

Ce service est réservé aux clients et membres de Boursorama.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement

La Catalogne n'est pas un exemple pour les régions de France

Reuters05/10/2017 à 13:46
    * Les violences policières dénoncées par les autonomistes 
    * Les revendications indépendantistes minoritaires en France 
    * Même les nationalistes corses se montrent prudents 
 
    PARIS, 5 octobre (Reuters) - Le référendum sur 
l'indépendance de la Catalogne, qui a plongé l'Espagne dans la 
crise, a été observé avec intérêt dans les régions françaises 
traversées par des tentations autonomistes, voire 
indépendantistes, mais aucune comparaison ne peut être faite 
entre les situations qui prévalent dans les deux pays. 
    En Corse, où la revendication est la plus puissante, même si 
elle reste minoritaire, les partisans de l'indépendance estiment 
eux-mêmes que la question ne se posera pas avant dix ans. 
    Au Pays basque français, dans le Pays catalan et, encore 
plus, en Bretagne, c'est avant tout le souhait d'une meilleure 
prise en compte des spécificités locales qui domine. 
    La Constitution de la France, pays qui reste très centralisé 
malgré plusieurs réformes de décentralisation, dit qu'elle est 
"une République indivisible" et les autorités restent attentives 
à l'exemple que pourrait constituer une Catalogne indépendante. 
    Dès lundi, Emmanuel Macron avait d'ailleurs souligné que la 
France n'avait qu'un "seul interlocuteur en la personne de M. 
(Mariano) Rajoy", le président du gouvernement espagnol.  
    Voici la situation et les réactions dans ces différentes 
régions dans la foulée du référendum en Catalogne. 
     
    LES NATIONALISTES CORSES ET LE "MODÈLE" CATALAN 
    En Corse, où les aspirations d'autonomie vont crescendo 
depuis 40 ans, la consultation catalane n'est pas passée 
inaperçue. Trois cents personnes étaient réunies en signe de 
soutien dimanche dernier, jour de référendum, dans les rues 
d'Ajaccio, la capitale régionale, et de Bastia, la deuxième 
ville de Corse, au moment où des heurts étaient constatés dans 
les bureaux de vote de l'autre côté de la Méditerranée. 
    Le président de l'Assemblée de Corse, l'indépendantiste 
Jean-Guy Talamoni, se trouvait au même moment à Barcelone, 
répondant à l'invitation de la présidente du Parlement catalan, 
Carme Forcadell. Il y était venu "représenter officiellement la 
Corse" dont l'Assemblée avait voté une motion favorable au 
référendum catalan à la fin du mois de septembre.  
    "On soutient parce que c'est juste et que c'est un peuple 
ami", a déclaré à Reuters Jean-Guy Talamoni, tout en concédant 
qu'un tel référendum dans l'île n'était "pas pour demain". 
    Si les nationalistes, qui ont remporté aux législatives de 
2017 trois députés sur les quatre possibles, multiplient les 
liens avec la Catalogne, dont ils vantent la réussite 
économique, la comparaison trouve vite ses limites. 
    La Corse compte pour 0,5% dans le PIB français et 320.000 
habitants y vivent, quand la Catalogne est le poumon de 
l'Espagne, forte de ses 7,5 millions d'habitants et de sa 
puissance économique (20,6% du PIB). La région de Barcelone 
compte aussi pour 28% dans les exportations espagnoles quand 
celles de la Corse sont quasi nulles.  
    "La Corse n'est pas développée, elle a dix ans de retard", 
concède Jean-Guy Talamoni. "La question de l'indépendance ne 
sera pas posée avant dix ans, c'est le temps nécessaire pour 
obtenir un nouveau statut et promouvoir le développement." 
    Le "riacquistu economicu", renouveau économique voulu par 
Gilles Simeoni, le président de l'exécutif corse et leader de la 
famille nationaliste, est encore un voeu pieux. 
    Au plan des institutions, la Catalogne jouit d'une autonomie 
de gestion depuis 1979 - renforcée en 2006 - le catalan est une 
langue officielle et Barcelone dispose de certaines prérogatives 
régaliennes, comme la police, quand la Corse a connu trois 
statuts particuliers dans le cadre de la décentralisation depuis 
1982 et a peiné pour promouvoir sa spécificité culturelle. 
    L'île s'apprête à connaître la fusion de ses trois 
collectivités locales (assemblée de Corse et deux conseils 
départementaux) en une seule au 1er janvier 2018.  
    Mais ce qui caractérise le contexte corse, c'est la violence 
politique qui la ravage depuis 1976, date de création du FLNC 
(Front de libération nationale corse) qui a revendiqué environ 
4.600 attentats à l'explosif sur les 10.000 perpétrés dans l'île 
depuis lors et des meurtres. Les deux mouvances clandestines 
principales ont annoncé leur démilitarisation en 2014 et 2016. 
    Mais le FLNC dit "du 22 octobre", lors d'une conférence de 
presse couverte par le quotidien local Corse-Matin, a prédit en 
septembre "un scénario à la catalane". 
    L'hypothèse de l'effet domino catalan est contestée par 
Gilles Simeoni qui se dit "admiratif de cette capacité à 
affirmer de manière pacifique et déterminée ses aspirations".  
    "On doit inventer notre propre chemin, y compris au plan 
institutionnel et la solution pour la Corse consiste en un 
statut d'autonomie de plein exercice.". 
    Le conseiller territorial de droite, José Rossi, a mené la 
charge contre la majorité en place, estimant que "le 
nationalisme corse est un populisme". 
    Mais il se retire de la scène politique à trois mois de 
nouvelles échéances territoriales, les 10 et 17 décembre, où les 
nationalistes pourraient conforter leur majorité.   
     
     
    LES MODESTES REVENDICATIONS DES CATALANS FRANÇAIS 
    Les violences qui ont émaillé le référendum en Catalogne ont 
 choqué les Catalans français, qui ont manifesté leur soutien à 
leurs "frères" situés de l'autre côté des Pyrénées. 
    Dans le département des Pyrénées-Orientales, jadis rattaché 
à la Catalogne jusqu'au traité des Pyrénées signé en 1659 entre 
les royaumes de France et d'Espagne, des rassemblements 
spontanés ont lieu depuis la semaine dernière. 
    Lundi à Perpignan, chef-lieu de ce département de 450.000 
habitants, quelque 500 personnes se sont réunies devant le 
consulat d'Espagne pour dénoncer "la répression antidémocratique 
de l'Etat espagnol" en Catalogne. 
    "Nous sommes tous des Catalans, même si nous vivons dans la 
République française. Depuis sept ans, les Catalans du Sud se 
battent pour pouvoir organiser un référendum que Madrid a voulu 
empêcher par tous les moyens. Le vote a eu lieu malgré toutes 
les violences auxquelles nous avons pu assister. Nous soutenons 
nos frères catalans", témoigne Jordi Vera, coordinateur du 
mouvement "Oui au pays catalan". 
    Créée en 2016 en réaction au rattachement des 
Pyrénées-Orientales à la région Occitanie, à la suite de la 
réforme territoriale, cette force politique qui revendique une 
vingtaine de maires plaide en faveur d'une collectivité 
territoriale unique à l'image de la Corse, mais pas pour 
l'indépendance. 
    "Nous avons le sentiment que les Catalans du Sud ont 
décroché sentimentalement de l'Espagne. La population ne se 
soumettra plus", assure Jordi Vera, qui se dit "citoyen français 
de nationalité catalane". 
    En mission en tant qu'observateur international mandaté par 
la Generalitat de Catalogne pour le référendum, Gérard Onesta 
affirme que le vote était bien légal.  
    "La Généralité de Catalogne ne sort pas d'une pochette 
surprise. Elle est issue d'élections où elle a obtenu la 
majorité en sièges. Après avoir tout fait durant un an pour 
négocier avec Madrid, elle ne fait qu'appliquer le programme 
qu'elle s'était engagée à suivre", a-t-il déclaré à Reuters. 
     
    LES BASQUES FRANÇAIS NE RÊVENT PAS D'INDÉPENDANCE 
    La situation en Catalogne a suscité peu de réactions au Pays 
basque français, même si environ 200 personnes se sont 
rassemblées dimanche devant le Consulat d'Espagne à Bayonne à 
l'appel de mouvements de la gauche aberzale (patriote en basque) 
et du mouvement écologiste Bizi! 
    Derrière une banderole "Oui à la démocratie, oui au 
référendum", les manifestants se sont ensuite déplacés vers la 
sous-préfecture où ils ont glissé à travers les grilles des 
tracts demandant à l'Etat français d'isoler l'Etat espagnol.    
    "Nous dénonçons les agissements antidémocratiques du 
gouvernement espagnol qui utilise tout son arsenal juridique et 
policier pour empêcher le déroulement du référendum", a dit 
l'avocate Laurence Hardouin, membre de la coalition de partis 
politiques basques EH Bai, dans le journal Sud-Ouest. 
    Pas question pour autant de prôner l'annexion des 3.000 km2 
du Pays basque français - ou vivent 300.000 habitants 
bénéficiant du deuxième bassin d'emploi recruteur dans la région 
Nouvelle Aquitaine après Bordeaux - à son homologue espagnol qui 
deviendrait hypothétiquement indépendant. 
    Aucun des maires des 10 principales villes du Pays basque 
n'est issu des rangs des indépendantistes et, lors des dernières 
législatives, sur les cantons basques, la coalition EH Bai n'est 
arrivée qu'en troisième position avec 12,21% des voix. 
    En outre, l'apaisement domine au Pays basque espagnol. 
    C'est à Bayonne que le 8 avril dernier était organisée la 
journée du désarmement au cours de laquelle les caches d'armes 
de l'organisation séparatiste ETA ont été révélées aux autorités 
françaises qui ont procédé à la saisi de l'arsenal. 
    L'ETA (Euskadi Ta Askatasuna) avait annoncé en octobre 2011 
l'abandon définitif de la lutte armée contre l'Etat espagnol qui 
a fait plus de 800 morts en quarante ans. 
    Pour Madrid, la remise des armes n'est pas suffisante et 
l'Espagne a demandé à l'ETA de s'auto-dissoudre. L'organisation 
séparatiste a le 27 septembre dernier indiqué dans un communiqué 
publié par le journal basque espagnol Gara que l'Etat espagnol 
montre qu'il est "une prison pour les peuples en niant 
l'identité nationale des Pays catalans".  
     
    LA BRETAGNE SE PLACE SUR LE TERRAIN CULTUREL 
    Hormis les représentants des mouvements régionalistes et 
indépendantistes, la plupart des élus bretons se sont montrés 
discrets sur la tenue du référendum en Catalogne. 
    Soutenant le "processus démocratique" initié en Catalogne, 
le maire régionaliste de Carhaix (Finistère) Christian Troadec, 
ancien leader du mouvement des "Bonnets rouges", a toutefois 
saisi l'occasion de cette consultation pour hisser le drapeau 
catalan au fronton de son hôtel de ville. 
    "Il ne s'agit pas de se prononcer pour ou contre 
l'indépendance mais de défendre la démocratie et la possibilité 
donnée au peuple catalan de décider de ce qui est bon chez lui", 
a-t-il expliqué à Reuters. 
    Plusieurs mouvements autonomistes ou indépendantistes 
bretons, tels Breizhistance, Breizh Europa et l'Union 
Démocratique Bretonne, qui avait envoyé un observateur à 
Barcelone dimanche dernier, ont également condamné les violences 
et soutenu la tenue d'un référendum. 
    "Les exemples catalans et écossais sont porteurs d'espoir 
pour les Bretons, les Corses, les Alsaciens et bien d'autres 
composantes des peuples de l'Hexagone ou d'Europe", écrit dans 
un communiqué Caroline Ollivro, présidente de Breizh Europa. 
    Très actifs dans les années 1970 et 1980, où une branche 
armée prenait pour cible des symboles de l'Etat français pour 
défendre ses revendications, les mouvements autonomistes et 
régionalistes bretons ont au fil des ans cédé du terrain sur la 
scène politique au profit de la sphère culturelle.  
    Les principales revendications de la Bretagne, qui compte 
environ 3.260.000 habitants, portent aujourd'hui sur des 
questions linguistiques, avec la défense de l'enseignement du 
breton ou la réunification de la Bretagne historique à cinq 
départements, incluant la Loire-Atlantique, qui a mobilisé à 
plusieurs reprises des milliers de manifestants à Nantes. 
    Dans un récent entretien au magazine Bretons, l'actuel 
président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, annonce 
qu'il va "proposer" cette réunification. 
    Selon un sondage publié en 2013 par cette revue, seulement 
18% de la population bretonne se déclarait en faveur de 
l'indépendance de la région. 
 
 (Roger Nicoli, Johanna Decorse, Claude Canellas, Pierre-Henri 
Allain, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 

1 commentaire

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement

  • gc6
    05 octobre14:00

    Vous re-lisez les âneries de ce que vous écrivez ??

    Signaler un abus

Signaler le commentaire

Fermer

Mes listes

Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste

valeur

dernier

var.

Les Risques en Bourse

Fermer