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La baisse du déficit US peut séduire les investisseurs

Reuters16/05/2013 à 19:15

LA BAISSE DU DÉFICIT BUDGÉTAIRE AMÉRICAIN POURRAIT SÉDUIRE LES INVESTISSEURS

par Steven C. Johnson

NEW YORK (Reuters) - Les entreprises américaines recommencent à embaucher, les prix immobiliers, la production d'énergie et Wall Street remontent. Autant de bonnes nouvelles qui, aux yeux des investisseurs, pourraient être éclipsées par une autre: celle de la réduction accélérée du déficit budgétaire des Etats-Unis.

Le Congressional Budget Office (CBO), un organisme bipartisan dépendant du Congrès, a annoncé mardi avoir revu à la baisse sa prévision de déficit pour l'exercice à fin septembre, à 642 milliards de dollars (498 milliards d'euros), soit 203 milliards de moins que dans son estimation précédente, qui ne datait pourtant que de trois mois.

Et le CBO s'attend à ce que le déficit soit limité à 378 milliards de dollars en 2014-2015, soit 2,1% seulement du produit intérieur brut (PIB) .

Conjuguée aux signes de reprise économique, cette embellie spectaculaire pourrait bien attirer vers les marchés financiers américains de nouveaux flux d'investissement à l'heure où la zone euro est en récession et où de grands pays émergents, comme la Chine ou le Brésil, semblent marquer le pas.

"On parle de grande rotation des obligations vers les actions. Je pense que la grande rotation s'effectuera des actifs non-américains vers les actifs américains", dit Richard Bernstein, directeur général de Richard Bernstein Advisors.

"Certains pensent que la croissance mondiale viendra d'ailleurs que des Etats-Unis; je crois qu'ils vont être surpris."

La croissance américaine devrait être limitée à 2% cette année mais elle pourrait atteindre 3% l'an prochain selon une enquête Reuters publiée cette semaine.

Les premiers effets de cette embellie conjoncturelle sur les flux d'investissement sont déjà visibles: selon le cabinet d'études spécialisé EPFR Global, 70,48 milliards de dollars ont été investis entre le 1er janvier et le 13 mai dans des fonds actions américains alors que l'an dernier sur la même période, le solde était négatif de 8,53 milliards.

UNE EMBELLIE PAS FORCÉMENT DURABLE

"Il ne fait aucun doute qu'il y a une école de pensée selon laquelle l'Europe est neutre et le Japon reste un gros point d'interrogation alors que les Etats-Unis, s'ils ne font pas forcément des étincelles, font quand même beaucoup mieux", explique Todd Petzel, responsable des investissements d'Offit Capital Management.

Une partie des bonnes nouvelles sont certes déjà dans les cours, puisque le Dow Jones et le Standard & Poor's 500 évoluent à des niveaux records, mais certains gérants estiment que le marché conserve une marge de progression.

"Le marché actions peut aller beaucoup plus haut", assure James Paulsen, de Wells Capital Management, qui voit le S&P 500 atteindre 1.700 avant la fin de l'année (contre 1.658,78 en clôture mercredi) puis marquer une pause avant de renouer avec la hausse pour plusieurs années.

"On pourrait assister à une pause ou à un petit mouvement de vente mais le flux continu de bonnes nouvelles - sur les déficits, l'énergie, le chômage -, tout cela va contribuer à la hausse des actions", dit-il.

Le dollar se voit lui aussi prédire un bel avenir depuis que l'envolée de la production d'énergie sur le sol américain, grâce au boom du gaz et du pétrole de schiste, a permis de réduire le déficit commercial, ajoute Todd Petzel.

L'amélioration du solde budgétaire pourrait toutefois ne jouer qu'un temps, puisque le CBO prévoit un nouveau creusement du déficit d'ici la fin de la décennie.

Certains estiment en outre que l'amélioration de la conjoncture et de la situation budgétaire ne sont qu'un trompe-l'oeil créé par la politique ultra-accommodante de la Réserve fédérale. Le jour ou la Fed fermera le robinet des liquidités en cessant ses achats massifs d'emprunts d'Etat et de prêts titrisés, les bonnes nouvelles économiques risquent de se raréfier, ajoutent-ils.

Un tel mouvement se traduirait aussi par une remontée des rendements obligataires américains alors que les coûts de financement à 10 ans évoluent aujourd'hui en dessous de 2%.

avec Jennifer Ablan, Luciana Lopez, David Gaffen et Jonathan Spicer; Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten


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