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L'UE s'attaque au trafic d'oeuvres d'art
Reuters13/07/2017 à 17:33

    BRUXELLES, 13 juillet (Reuters) - La Commission européenne a 
proposé jeudi de nouvelles règles pour empêcher l'importation 
illégale et le trafic de biens culturels, souvent liés, selon 
elle, au financement du terrorisme. 
    "Le trafic d'œuvres d'art est une arme parfaite pour les 
groupes terroristes. En pillant les territoires qu'ils occupent 
en Syrie et en Irak, ces groupes financent leurs activités 
criminelles, y compris des attentats sur le sol européen", a 
déclaré Pierre Moscovici, commissaire pour les affaires 
économiques et financières, la fiscalité et les douanes. 
    "Nous en avons vécu les conséquences dans nos chairs ces 
dernières années. Paris, Londres, Berlin, Nice, Manchester, 
Stockholm et Bruxelles, à quelques mètres d'ici, l'an dernier", 
a-t-il souligné.  
    L'Union européenne interdit déjà l'importation de biens 
culturels provenant d'Irak ou de Syrie, mais il n'existe pas de 
cadre communautaire global et les trafiquants exploitent les 
différentes dispositions nationales pour masquer l'origine des 
objets, une pratique que Pierre Moscovici a appelée le "port 
shopping".  
    La Commission européenne propose donc la mise en place d'un 
nouveau système de licences pour l'importation d'objets 
archéologiques, de parties de monuments, de manuscrits et livres 
anciens, ainsi qu'une nouvelle définition commune des "biens 
culturels" à l'importation.  
    "Tout importateur - que ce soit un musée, un collectionneur 
privé ou une salle des ventes - devra donc obtenir des autorités 
compétentes de son pays une licence indiquant que les biens 
culturels qu'il introduit dans l'Union européenne ont été 
exportés légalement de leur pays d'origine", a expliqué Pierre 
Moscovici. 
    "Ce que nous voulons c'est une traçabilité de l'identité des 
biens culturels", a-t-il ajouté. 
    Selon une étude américaine divulguée par la presse en 2014, 
le trafic d'objets d'art est la deuxième source de revenus des 
djihadistes de l'Etat islamique après le pétrole.  
 
 (Elizabeth Miles, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 

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