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L'UE dévoile un plan de soutien à la sidérurgie

Reuters11/06/2013 à 20:42

PLAN D'ACTION EUROPÉEN POUR LA SIDÉRURGIE

par Silvia Antonioli et Philip Blenkinsop

LONDRES/BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a dévoilé mardi une série de mesures et de recommandations visant à assurer l'avenir de l'industrie sidérurgique en Europe, frappée de plein fouet par le déclin de la demande, une concurrence de plus en plus dure et des coûts énergétiques élevés.

Près de 40.000 emplois ont disparu dans le secteur ces dernières années du fait des nombreuses restructurations, en particulier de la fermeture des sites d'ArcelorMittal à Liège, en Belgique et à Florange, en France.

Ce "plan d'action global pour l'acier" présenté par le Commissaire européen à l'Industrie, Antonio Tajani, est la première initiative globale lancée par la Commission depuis 1977 pour tenter d'enrayer le déclin du secteur.

La sidérurgie européenne, explique la CE, "doit aujourd'hui faire face à d'importants défis: une demande faible, une hausse des coûts de l'énergie, une dépendance vis-à-vis des importations de matières premières, une concurrence rude et souvent déloyale et des exigences environnementales ambitieuses."

Face à ces défis, le plan prévoit de s'attaquer aux formalités administratives, de favoriser les programmes d'apprentissage et l'innovation, de garantir une concurrence équitable et de renforcer la compétitivité en abaissant les coûts énergétiques, qui représentent jusqu'à 40 % de l'ensemble des coûts d'exploitation.

Sur le plan social, la Commission préconise de faire appel aux fonds structurels européens et de rationaliser leur utilisation en créant "une task force interservices qui suivrait les principaux cas de fermeture ou de restructuration importante d'usines sidérurgiques".

FONDS STRUCTURELS

Soulignant le vieillissement de la main d'oeuvre employée dans le secteur, elle invite les Etats à participer activement à la formation des jeunes.

"La pyramide des âges dans la plupart des entreprises sidérurgiques européennes est telle que plus de 20 % des effectifs actuels auront quitté ce secteur entre 2005 et 2015 et près de 30 % d'ici 2025. Ce secteur doit donc pouvoir attirer des talents jeunes et créatifs", souligne le rapport.

La Commission prévoit également de stimuler la demande, aujourd'hui inférieure de 27 % à son niveau de 2007, avant la crise. L'emploi dans le secteur a diminué de 10% entre 2007 et 2011. Toutefois, l'Union reste le deuxième producteur mondial d'acier, employant plus de 360 000 personnes et produisant plus de 177 millions de tonnes d'acier par an, soit 11 % de la production globale.

Pour relancer cette demande en berne, le plan met l'accent sur les secteurs du bâtiment et de l'automobile, qui concentrent à eux deux environ 40% de la demande.

Malgré les objectifs apparemment ambitieux qu'il s'est fixés, ce plan ne fait pas l'unanimité parmi les acteurs de l'acier. Les critiques estiment qu'il comporte assez peu de nouvelles mesures et que des actions plus fortes sont nécessaires pour réduire les surcapacités, remédier à la faiblesse de la demande et améliorer les conditions de financement.

Le plan de la Commission ne propose par ailleurs pas aux Etats d'intervenir pour maintenir en activité les aciéries dont la fermeture a été entérinée, une mesure réclamée par les syndicats.

En France, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait évoqué une "nationalisation transitoire" du site ArcelorMittal de Florange, une solution finalement abandonnée par la France. De son côté, la région wallonne a évoqué la possibilité de nationaliser un autre site ArcelorMittal à Liège.

Hélène Duvigneau pour le service français, édité par Marc Angrand

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