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L'Iran évoque une éventuelle sortie de l'accord nucléaire

Reuters22/02/2018 à 11:26
 (Actalisé avec citations, contexte) 
    par Bozorgmehr Sharafedin 
    LONDRES, 22 février (Reuters) - L'engagement de l'Iran à ne 
pas chercher à se doter de l'arme nucléaire est permanent mais 
le pays pourrait se retirer de l'accord de juillet 2015 s'il 
n'en tire pas d'avantages économiques, a déclaré jeudi le 
vice-ministre iranien des Affaires étrangères. 
    Les Etats-Unis souhaitent que leurs principaux alliés 
européens s'engagent à essayer d'amender l'accord en 
contrepartie du renouvellement du dispositif d'allègement des 
sanctions contre la république islamique. 
    Donald Trump estime que cet accord comporte des lacunes car 
il ne règle pas la question du programme iranien de missiles 
balistiques et contient une "sunset clause" qui limite à dix ans 
la période au cours de laquelle le programme iranien est encadré 
par l'AIEA. 
    "Il n'y a pas de 'sunset clause' dans le JCPOA", a déclaré 
Abbas Araqchi, utilisant l'acronyme du plan d'action global 
commun conclu avec le groupe des cinq membres permanents du 
Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne. 
    "Bien que l'administration américaine et Trump parlent d'une 
sunset clause et disent que le JCPOA n'est que pour dix ans, 
cela n'est pas vrai", a ajouté le vice-ministre iranien. 
    "L'engagement de l'Iran à ne pas chercher à avoir l'arme 
nucléaire dans le cadre du JCPOA est permanent", a-t-il ajouté. 
    Abbas Araqchi a toutefois indiqué que l'Iran pourrait sortir 
de cet accord sur son programme nucléaire si la république 
islamique n'en tirait aucun avantage économique et si les 
banques refusaient de mener des transactions avec Téhéran. 
    "Si la même politique de confusion et d'incertitude se 
poursuit, si les entreprises et les banques ne travaillent pas 
avec l'Iran, nous ne pourrons pas demeurer dans un accord qui 
n'a aucun bénéfice pour nous. C'est un fait", a expliqué 
Araqchi. 
    "Si nous perdons le JCPOA, nous serons confrontés à une 
nouvelle crise nucléaire", a-t-il poursuivi. "Pour les Européens 
et pour la communauté internationale, lorsque nous parlons de 
maintenir le JCPOA et de le sauver, il ne s'agit pas de choisir 
entre l'Iran et le marché américain, il ne s'agit pas de choisir 
une coopération économique. C'est un choix entre la sécurité et 
l'insécurité", a-t-il dit. 
    Donald Trump a maintenu le 12 janvier à contrecoeur, et pour 
la dernière fois, la levée des sanctions dont bénéficie l'Iran. 
Il a fixé un ultime délai, de 120 jours, pour permettre aux 
Etats-Unis et à leurs partenaires européens de corriger les 
"terribles défauts" dont souffrirait, selon lui, cet accord. 
    La France a réaffirmé lundi son attachement au plan d'action 
global commun sur le nucléaire iranien et à sa stricte mise en 
oeuvre. ( ) 
     
 
 (Bozorgmehr Sharafedin; Pierre Sérisier pour le service 
français) 
 

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