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L'interview de Franck Missera (C&M Finances) : "La révolution énergétique américaine change complètement la donne"
Boursorama08/11/2013 à 12:30

Franck Missera, gérant du fonds FCM New Deal chez C&M Finances

Pourquoi lancer un fonds dédié spécifiquement aux conséquences de la révolution énergétique en cours aux Etats-Unis ?

Franck Missera : Créée en 2000, CM Finances gère aujourd'hui près de 600 millions d'euros de capitaux aussi bien sur des fonds d'allocation d'actifs que sur des thématiques fortes. Nous avons effectivement lancé FCM New Deal parce que la révolution énergétique américaine change complètement la donne. Les enjeux sont considérables même si on ne le mesure pas encore tout à fait en Europe. Ainsi, au cours des dix dernières années, les réserves pétrolières mondiales ont bondi de 30% pendant que la consommation ne progressait que de 12%. En 2017, les Etats-Unis deviendraient le premier producteur mondial de pétrole et ils sont devenus en 2009 les premiers producteurs mondiaux de gaz ! Les Etats-Unis sont en passe de devenir autosuffisants sur le plan énergétique, ce qui était encore impensable il y a quelques années ! L'exploitation des hydrocarbures non conventionnels est aussi à la base de la reprise industrielle constatée outre-Atlantique. Ce phénomène permet également de rebattre les cartes sur le plan géopolitique mondial et fragilise à plus long terme la position des pays de l'OPEP.

Certes, mais l'exploitation des pétroles et gaz de schiste ne fait pas l'unanimité de par le monde. En France, François Hollande a confirmé l'interdiction de la fracturation hydraulique. Mesure-t-on vraiment les conséquences de ces forages sur l'environnement ?

F.M : Curieusement, la fracturation hydraulique n'est pas interdite en France dans les activités de géothermie. Il faut également savoir que de gros progrès ont été réalisés pour améliorer les techniques d'extraction de ces hydrocarbures non conventionnels. Si le travail est réalisé par des professionnels sérieux, nous avons constaté que les problèmes étaient relativement peu nombreux. Toutefois, nous devons rester très attentifs aux risques de pollution (air-eau-sol), qui peuvent amener des pays à faire machine arrière sur ces ressources, par une pression écologique trop forte. On ne peut évidemment pas faire preuve de légèreté sur ce plan là !

La France paye-t-elle son gaz trop cher ?

F.M : En effet, les prix du gaz ont chuté aux Etats-Unis où le coût du million de BTU se situe autour de 3-4 dollars alors qu'il culmine à 10 en Europe. On a d'ailleurs observé que le prix du gaz n'était plus du tout corrélé à celui du pétrole qui, lui, se maintient à des niveaux élevés. Or, on sait qu'environ 2/3e des utilisations du pétrole peuvent être substituées par du gaz. C'est pour cela que nous n'investissons pas dans les grandes majors pétrolières qui ont subi cette mutation sans l'anticiper.

Qui seront les gagnants de cette révolution énergétique ?

F.M : Ce sont les grandes majors industrielles américaines qui ont commencées à relocaliser une partie de leur production aux Etats-Unis pour profiter de la baisse des coûts de production. On estime outre-Atlantique que la baisse du prix du gaz pourrait doper le PIB d'un demi-point de croissance et créer un million d'emplois. Cet avantage compétitif va donc profiter aux sidérurgistes très gourmands en énergie (Nucor), aux cimentiers, aux producteurs de pneumatiques (Goodyear) sans oublier les groupes parapétroliers (Schlumberger, Vallourec) ou les acteurs présents dans la chimie ou les engrais (BASF, CF Industrie, Agrium) etc.

Y a-t-il également d'autres secteurs qui profitent indirectement de cette révolution énergétique ?

F.M : Oui. L'augmentation de la production d'hydrocarbures nécessite des infrastructures de transports performantes. Les réseaux ferroviaires sont particulièrement sollicités (Kansas City Southern). Warren Buffet l'a bien compris en investissant dans le secteur. Les fournisseurs d'eau deviennent aussi incontournables en amont et dans le traitement post-forage (Veolia, American Waters). Il faut savoir qu'un forage d'hydrocarbures non conventionnels nécessite un approvisionnement considérable en eau, entre 10 000 et 20 000 m3 !

Au final, comment se compose FCM New Deal ?

F.M : FCM New Deal est majoritairement composé de large caps et en particulier d'actions nord-américaines qui représentent 65% des pondérations même si j'ai donné des exemples d'entreprises européennes qui profitaient aussi de cette révolution énergétique américaine. Il en est de même pour des valeurs asiatiques. Par secteur, les transporteurs pèsent environ 30% de notre fonds, les valeurs industrielles 24%, la chimie 16%, l'eau 11% etc. Les valeurs purement énergétiques, qui sont très volatiles, représentent moins de 10% du fonds. Ce sont les enjeux liés à cette révolution énergétique qui nous intéressent, pas le secteur de l'énergie en particulier.

Propos recueillis par Julien Gautier

4 commentaires

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  • M3645620
    11 novembre06:21

    Vallourec en profite déjà car il vend la tuyauterie nécessaire à l exploitation des gaz de schiste, il a d ailleurs ouvert une usine aux usa rien que pour cela

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