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L'ex-Allemagne de l'Est sanctionne Merkel sur l'accueil des réfugiés
Reuters25/09/2017 à 01:30

    par Noah Barkin  
    BERLIN, 25 septembre (Reuters) - Les électeurs de l'est de 
l'Allemagne ont contribué dimanche à ternir la victoire d'Angela 
Merkel, dont les conservateurs ont enregistré un score 
historiquement bas, et sanctionné la politique d'accueil des 
réfugiés de la chancelière en votant pour l'extrême-droite. 
    L'entrée au Parlement de l'Alternative für Deutschland (AfD) 
signe le retour de l'extrême droite au Bundestag pour la 
première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. 
    Les résultats préliminaires des élections législatives 
créditent le parti anti-immigration de 22,9% des voix dans 
l'ex-Allemagne de l'Est, un score bien supérieur au résultat 
national du parti, de 13%. 
    La formation a particulièrement séduit les électeurs 
masculins des cinq Land de l'ancienne Allemagne de l'Est, qui 
l'ont plébiscité à 26%. Les chrétiens démocrates (CDU) d'Angela 
Merkel ont rassemblé dans la région 27,6% des suffrages, contre 
près de 33% au niveau national. 
    Angela Merkel a réussi dimanche son pari en s'assurant un 
quatrième mandat consécutif à la tête du gouvernement allemand 
mais, outre le défi posé par l'extrême-droite,  elle va devoir 
s'atteler à de difficiles tractations avec les libéraux (FDP) et 
les Verts, deux partis aux vues diamétralement opposées, pour 
former une nouvelle coalition. 
    Les résultats suggèrent que l'effet de la crise des 
réfugiés, particulièrement mal acceptée à l'Est, a été 
sous-estimé dans les sondages. Ils signalent en outre la 
persistance des différences de vote entre l'Est et l'Ouest, 28 
ans après la chute du Mur. 
    Au début du mois, un proche conseiller d'Angela Merkel 
décrivait les mécontents est-allemands comme une petite minorité 
et estimait que la politique d'accueil des réfugiés de la 
chancelière n'était plus un facteur négatif dans sa campagne. 
Mais les résultats de dimanche laissent entendre le contraire. 
     
    "TRAÎTRE AU PEUPLE"  
    "Les électeurs est-allemands sont plus extrêmes, moins 
fidèles aux partis traditionnels. C'est comme ça depuis que le 
mur est tombé", résumait Hendrik Traeger, politologue à Leipzig. 
    Lors de son apparition à la télévision nationale dimanche 
soir, Angela Merkel a été à nouveau interrogée sur sa décision, 
il y a deux ans, d'accueillir des milliers de réfugiés ayant 
rejoint l'Allemagne à pied depuis la gare de Budapest, en 
Hongrie. 
    Dans les mois suivants, des milliers d'autres migrants ont 
pris la route des Balkans, après une traversée de la mer Egée 
les amenant en Grèce, dans l'espoir de rejoindre l'Allemagne. 
    "Nous n'avons cessé de parler de ce qui s'est passé à 
l'automne 2015 et je reste convaincue que toutes les autres 
options discutées à l'époque - jusqu'à déployer des canons à eau 
à la frontière allemande et d'autres choses - étaient pour moi 
hors de question", a-t-elle déclaré. "Je pense que cette 
décision était la bonne", a-t-elle ajouté. 
    Lors de ses interventions de campagne, Merkel a assuré aux 
électeurs que l'afflux migratoire de 2015 ne se répéterait plus. 
Au cours de plusieurs meetings est-allemands, elle a été huée et 
qualifiée de "traître au peuple", des mots impensables avant la 
crise des réfugiés et d'autant plus percutants qu'Angela Merkel 
est une enfant de l'Est. 
    La chancelière a grandi derrière le Rideau de fer, à 
Templin, au nord de Berlin. Son père, un pasteur luthérien de 
conviction socialiste, a déménagé d'ouest en est avec sa famille 
peu après sa naissance, avant la construction du mur. 
    Aux dernières élections législatives de 2013, les 
chrétiens-démocrates avaient remporté 38,5% des votes à l'Est 
(contre 41,5% au niveau national), soit plus de dix points du 
résultat de dimanche. 
 
 (Noah Barkin, Julie Carriat pour le service français) 
 

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