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L'Etat sommé d'agir face à la détresse des entreprises

Reuters15/10/2013 à 16:53

LE PATRONAT PRESSE L'ÉTAT D'AGIR FACE AUX DÉFAILLANCES D'ENTREPRISES

PARIS (Reuters) - Face à des défaillances d'entreprises au plus haut depuis le pic de la crise, le patronat presse l'Etat français de réduire rapidement les prélèvements obligatoires et le coût du travail, et d'arrêter de modifier sans arrêt leur fiscalité.

Il lui demande aussi de cesser de prendre des mesures "anti-entreprises" comme la consultation obligatoire du personnel quand un patron projette de vendre son entreprise ou le volet pénibilité de la nouvelle réforme des retraites.

"Les forces vives du pays vont mal", a dit mardi le président du Medef, Pierre Gattaz, lors d'une conférence de presse. "La fiscalité bouge tout le temps et s'alourdit et des marqueurs anti-entreprises arrivent toutes les semaines."

"Il y a urgence !", a-t-il ajouté. "Les patrons ont besoin qu'on les laisse travailler, qu'on les laisse embaucher, qu'on les laisse innover... et ils embaucheront."

Près de 13.000 entreprises ont été placées en redressement judiciaire ou ont été liquidées au troisième trimestre, soit une hausse de 7,5% par rapport à l'an dernier et un niveau comparable à celui de l'été 2009, selon les chiffres publiés mardi par la société Altares.

Avec des marges d'environ 28% en France contre 39% en moyenne en Europe et 42% en Allemagne, Pierre Gattaz a souligné que même après une hausse de deux ou trois points grâce au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), "nous aurons toujours la plus faible rentabilité en Europe".

"Ces marges sont le résultat de politiques publiques désastreuses depuis 30 ans", a-t-il ajouté. "Chaque fois qu'il y a eu un problème en France depuis 30 ans, nous avons rajouté une taxe ou un impôt ou 10-20-30 pages au code des impôts, au code de l'urbanisme, au code du travail."

LES TPE DUREMENT TOUCHÉES

Selon Altares, les défaillances de l'été ont été tirées par les entreprises de moins de dix salariés, qui concentrent plus de 90% du total. Mais 112 PME d'au moins 50 salariés ont aussi été concernées, soit le chiffre le plus élevé depuis 2009.

"Les TPE/PME disparaissent en silence", s'alarme l'organisation patronale CGPME dans un communiqué.

Citant son baromètre, elle ajoute que "53% des entreprises sont inquiètes pour leur propre activité dans les mois à venir (et) plus de 66% des PME déclarent que l'augmentation de la pression fiscale les incite à limiter leurs investissements".

"Dans un tel contexte, il est impératif de donner lisibilité et stabilité à l'environnement législatif, réglementaire et administratif des entreprises", poursuit la CGPME.

Selon Pierre Gattaz, avec les nouvelles mesures sur la pénibilité, "on rajoute de l'hyper complexité dans un système français qui est déjà le sommet de la complexité : 85 codes, trois codes qui font plus de 3.000 pages - le code du travail, le code des impôts, le code de l'urbanisme - 400.000 normes à gérer", a-t-il dit. "On va droit vers un système à la Kafka."

Le gouvernement a engagé trois chantiers salués par le patronat : sur le coût du travail, sur la fiscalité des entreprises et sur la simplification administrative.

L'Assemblée nationale commence mardi l'examen en séance publique du projet de loi de finances pour 2014 qui met désormais l'accent sur les économies pour réduire le déficit public.

Les prélèvements obligatoires sur les ménages augmenteront à nouveau l'an prochain, tandis que ceux sur les entreprises baisseront, en grande partie grâce au CICE.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse


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