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L'Espagne n'a pas besoin d'une aide financière pour l'Eurogroupe

Reuters08/10/2012 à 21:25

par Annika Breidthardt et Jan Strupczewski

BRUXELLES/LUXEMBOURG (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) ont resserré les rangs lundi pour prendre la défense de l'Espagne, soulignant que Madrid prenait des mesures pour réformer son économie et se financer avec succès sur les marchés financiers et ajoutant que le pays n'avait pas besoin d'un sauvetage, pour le moment du moins.

Dès son arrivée à Luxembourg, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a ainsi estimé que Madrid n'avait pas besoin d'une nouvelle aide financière parce que ses problèmes étaient imputables à son système bancaire et que le pays avait déjà obtenu un prêt pour recapitaliser son secteur financier. "L'Espagne n'a pas besoin de programme d'aide", a-t-il dit

"L'Espagne fait tout ce qui est nécessaire, sur la politique budgétaire, sur les réformes structurelles. L'Espagne a un problème avec ses banques en raison des conséquences de la bulle immobilière des dernières années."

"C'est pour cela que l'Espagne obtient de l'aide pour la recapitalisation bancaire. Et bien sûr, l'Espagne, comme d'autres pays, souffre du problème de la contagion, de la spéculation sur les marchés financiers. Mais l'Espagne n'a pas besoin d'aide, c'est ce que dit encore et toujours le gouvernement espagnol."

Son homologue luxembourgeois Luc Frieden a adopté la même ligne, ajoutant toutefois que si l'Espagne venait à solliciter une aide qui viendrait s'ajouter aux 100 milliards d'euros accordés par ses partenaires européens pour assainir son secteur bancaire, sa demande serait examinée avec soin.

"Je pense que nous devrions nous saisir de cette demande si elle était faite", a-t-il dit, "mais jusqu'à présent, les réformes entreprises par le gouvernement espagnol vont dans la bonne direction."

LE MES OPÉRATIONNEL

Sur les marchés, toutefois, la conviction est grande que l'Espagne ne sera pas capable de financer ses besoins à un coût abordable sans une aide de la zone euro et de la Banque centrale européenne, en particulier en raison des aides demandées par les collectivités locales espagnoles à l'Etat central.

Une source de la zone euro a déclaré que le budget 2013 de l'Espagne serait peut-être aussi examiné par les ministres, soulignant que le Fonds monétaire international et la Commission européennes jugeaient tous deux que la prévision d'une contraction économique limitée à 0,5% était très optimiste.

La propre prévision du FMI, 1,2% de contraction en 2013, pourrait être révisée encore à la baisse ce mardi.

En plus de la situation en Espagne, les ministres devraient également évoquer la question de la Grèce où les négociations entre le gouvernement et les inspecteurs de la "troïka" se poursuivent.

Jean-Claude Juncker, qui préside l'Eurogroupe, a prévenu qu'aucune évolution n'était à attendre, à tout le moins avant le rapport de la troïka sur la situation en République hellénique, dont la communication est prévue début novembre.

La réunion de lundi sera également l'occasion de discuter du projet de confier à la Banque centrale européenne (BCE) le soin de superviser le secteur bancaire du bloc monétaire ainsi que de celui de créer un budget unique pour la zone euro.

Ces questions seront approfondies lors d'une réunion des dirigeants de la zone euro et de l'UE lors d'un sommet prévu les 18 et 19 octobre à Bruxelles.

Peu de progrès sont attendus en l'espèce, certaines questions restant en suspens, comme celle de savoir combien de banques parmi les près de 6.000 que compte la zone euro seront concernées par cette nouvelle supervision ou encore suivant quel calendrier la BCE pourra assurer cette fonction.

En fait, la seule action concrète de lundi a été celle du coup d'envoi donné au Mécanisme européen de stabilité qui doit remplacer progressivement le Fonds européen de stabilité financière.

Annika Breidthardt, Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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