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L'économie française est loin d'être tirée d'affaire

Reuters03/12/2013 à 19:46

L'ÉCONOMIE FRANÇAISE EST LOIN D'ÊTRE TIRÉE D'AFFAIRE

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - François Hollande compte sur la reprise économique pour sortir d'une impopularité qui fragilise son action mais une embellie à court terme est loin d'être assurée, tout comme l'amélioration de l'emploi censée l'accompagner.

Plusieurs indicateurs montrent que le rebond annoncé par l'exécutif a du plomb dans l'aile et de nombreux économistes jugent que les leviers pour redresser la situation font défaut.

Profitant déjà à plein du délai accordé par l'Europe pour redresser ses comptes, la France ne dispose en particulier d'aucune marge de manoeuvre pour stimuler l'activité par la dépense ou des baisses d'impôts. Pire, certaines hausses sont encore à venir, comme celle de la TVA le 1er janvier.

"On est clairement dans une phase de fragilité de l'économie française", explique Philippe Waechter, chef économiste de Natixis AM, en commentant les derniers indicateurs macroéconomiques mardi sur son blog.

Si l'on analyse à la fois la chute des indicateurs PMI de Markit en novembre et la stagnation du climat des affaires sous sa moyenne, "on n'est pas du tout en phase d'accélération de la conjoncture", dit-il.

"Et comme l'activité était très molle, ça ne suggère pas de signaux très forts sur le dernier trimestre 2013 et sur le début d'année 2014", ajoute-t-il, en soulignant parallèlement des tendances négatives sur le front de l'emploi.

Avant la publication de ces indicateurs, dont la version préliminaire avait fait dire à un économiste de Markit qu'ils auguraient d'une rechute de la France en récession, la Banque de France et l'Insee avaient annoncé prévoir un net rebond de l'économie au quatrième trimestre, après le repli du troisième.

Les économistes invitent également à la prudence sur les chiffres de l'emploi, après la baisse du nombre de chômeurs inscrits en catégorie "A" en octobre, saluée par l'exécutif comme le début de l'inversion promise de la courbe du chômage.

"Ce recul ne concerne pas les catégories en sous-emploi, les plus de 50 ans, ni le chômage de longue durée. Il s'agit donc d'une inversion encore très partielle de la courbe du chômage", a ainsi souligné Hélène Baudchon, de BNP Paribas.

PAS DE SOLUTION À COURT TERME

Si les problèmes dont souffre l'économie française sont connus, tout comme les leviers pour les résoudre à moyen terme, les ressorts à court terme manquent, estiment des économistes.

Du fait de l'absence de marge de manoeuvre budgétaire notamment, "il paraît difficile de mettre en place une politique économique qui évite la poursuite de la contraction du secteur exposé à la concurrence internationale à court terme", explique Patrick Artus, de Natixis, dans une note.

D'autant que la maîtrise accrue des dépenses publiques, sur laquelle le gouvernement compte désormais exclusivement pour rééquilibrer les comptes publics est encore largement à faire. Et que les hausses d'impôts n'ont pas eu leur plein effet.

"Nous nous inquiétons pour l'activité après la fin de l'année, quand les hausses d'impôts affecteront le revenu des ménages et le coût du travail des entreprises", note ainsi Dominique Barbet, chez BNP Paribas, jugeant cette perspective encore plus inquiétante que les signaux négatifs de novembre sur l'activité des entreprises et l'emploi.

Un risque qui pourrait fragiliser la perception de la France par ses partenaires et les marchés, auprès desquels le pays continue de jouir d'une situation très favorable qui l'aide à tenir ses dépenses et à réduire ses déficits.

Certains signes de divergence apparaissent, et plus seulement avec l'Allemagne. Pour Patrick Artus, "la France n'a pas une économie qui se redresse, alors que dans les autres pays de la zone euro on voit des signes d'amélioration".

Selon Denis Ferrand, directeur général de Coe-Rexecode, "en France, l'activité industrielle subit depuis trois ans une lente érosion dont aucun indice ne permet d'anticiper l'enrayement".

"Ces signes d'une atonie persistante de l'investissement productif sont probablement les plus préoccupants pour le potentiel de croissance industrielle de la France relativement à ses partenaires européens", ajoute-t-il.

Edité par Yves Clarisse


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