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L'accusatrice de Kavanaugh sûre qu'il l'a agressée, il dément
Reuters27/09/2018 à 22:38

    * Ford dit avoir été agressée sexuellement par Kavanaugh 
    * Il dément "catégoriquement" les allégations à son encontre
    * Le juge conservateur est le candidat de Trump à la Cour
suprême
    * Son vote de confirmation en commission prévu vendredi

 (Actualisé avec nouvelles déclarations de Brett Kavanaugh)
    par Lawrence Hurley, Andrew Chung et Amanda Becker
    WASHINGTON, 27 septembre (Reuters) - Christine Blasey Ford
s'est dite jeudi "à 100%" certaine d'avoir été agressée
sexuellement il y a 36 ans par Brett Kavanaugh, le candidat
choisi par Donald Trump pour siéger à la Cour suprême des
Etats-Unis, tandis que celui-ci niait avec véhémence.
    S'exprimant devant la commission des affaires judiciaires du
Sénat à Washington, Brett Kavanaugh, souvent au bord des larmes,
a déclaré qu'il démentait "catégoriquement et sans équivoque"
les allégations de la professeure de psychologie à l'université
californienne de Palo Alto.
    "Je n'ai jamais sexuellement agressé quiconque", a-t-il
déclaré.   
    Auparavant, la voix parfois brisée par l'émotion, Christine
Blasey Ford avait déclaré avoir craint au moment des faits
d'être violée, voire tuée accidentellement, par Brett Kavanaugh.
    L'enjeu est de taille. Les nominations à la Cour suprême -
les neuf juges sont nommés à vie - doivent être confirmées par
le Sénat. Or, les démocrates sont contre la candidature de ce
juge conservateur qui pourrait faire pencher cette instance
encore plus à droite et les républicains ne contrôlent que 51
des 100 sièges de cette chambre. Il suffirait donc de deux
défections dans les rangs du Grand Old Party pour empêcher la
confirmation de Brett Kavanaugh. 
    Fait inhabituel pour un magistrat candidat à la Cour
suprême, celui-ci s'en est pris aux sénateurs démocrates, se
disant victime "d'un coup politique calculé et orchestré".
    Prenant soin de ne pas condamner son accusatrice, il a dit
ne pas mettre en question le fait qu'elle ait été victime d'une
agression sexuelle à un moment donné, mais a dit qu'il ne
l'avait jamais agressée, ni elle, ni personne.
    "Je suis innocent", a-t-il dit.  
    L'affaire accentue la polarisation politique du pays à moins
de six semaines des élections du 6 novembre au Congrès et
intervient dans le contexte prégnant du mouvement #MeToo contre
le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles.   
    "Avec quel degré de certitude êtes-vous convaincue que Brett
Kavanaugh vous a agressée ?, a demandé le sénateur démocrate
Richard Durbin à Christine Blasey Ford.
    "A 100%", a répondu l'universitaire, qui ne s'est pas
départie de son calme pendant toute la durée de l'audition. 
    "Je suis ici aujourd'hui non parce que je le veux. Je suis
terrorisée. Je suis ici parce que je crois qu'il est de mon
devoir civique de vous dire ce qui s'est produit lorsque Brett
Kavanaugh et moi étions au lycée", a déclaré Christine Blasey
Ford, qui n'était jamais apparue en public auparavant.
    A la sénatrice démocrate Dianne Feinstein qui lui demandait
s'il pouvait y avoir erreur sur la personne, comme l'a suggéré
Brett Kavanaugh, elle a répondu : "absolument pas".
    
    "CE QUI M'A LE PLUS TERRIFIÉE"
    Elle a raconté que Brett Kavanaugh avait cherché à la
dévêtir lors d'une fête, alors qu'ils étaient tous deux lycéens
dans le Maryland, en 1982. Lui avait 17 ans et elle 15.
    "Brett m'a tripotée et a cherché à enlever mes habits. Il
avait du mal parce qu'il était très saoul et parce que je
portais un maillot de bain à une pièce sous mes vêtements. J'ai
cru qu'il allait me violer. J'ai essayé de crier à l'aide", a
dit Christine Blasey Ford, ajoutant que Kavanaugh et un ami à
lui, Mark Judge, "riaient comme des ivrognes pendant
l'agression". 
    Elle a ajouté que Kavanaugh lui avait plaqué sa main sur la
bouche pour l'empêcher de crier. 
    "C'est ce qui m'a le plus terrifiée, ce qui a eu l'effet le
plus durable sur ma vie. Il m'était difficile de respirer, et
j'ai pensé que Brett allait me tuer accidentellement", a-t-elle
poursuivi.
    Elle a également dit qu'elle ne se souvenait pas de la date
ni du lieu précis de l'agression supposée, ni le nombre de
personnes qui étaient présentes ni comment elle était rentrée
chez elle après avoir échappé à son agresseur présumé.  
    Le sénateur républicain Chuck Grassley, président de la
commission judiciaire, qui avait fortement soutenu Brett
Kavanaugh ce mois-ci lors des auditions relatives à la
confirmation de sa nomination, n'a pas voulu donner son avis sur
le témoignage de Christine Blasey Ford.
    "Je ne devrais pas faire de commentaire jusqu'à ce que nous
ayons tout fini et peut-être pas faire de commentaire jusqu'à ce
que j'ai dormi dessus", a déclaré Grassley aux journalistes.

    QUATRE ACCUSATRICES
    La majorité républicaine de la commission judiciaire,
composée uniquement d'hommes, a demandé à Rachel Mitchell, une
procureure spécialisée dans les délits à caractère sexuel,
d'interroger Ford à leur place. 
    "La première chose qui m'a frappée dans vos déclarations ce
matin est que vous étiez terrorisée. Et je veux juste vous faire
savoir que j'en suis très désolée. Ce n'est pas juste", a
déclaré Rachel Mitchell. 
    Le format - cinq minutes par sénateur - a compliqué ensuite
sa tâche, ses questions aux allures de contre-interrogatoire
étant interrompues régulièrement.
    Les sénateurs démocrates avaient choisi eux de poser
eux-mêmes leurs propres questions.
    Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et
l'ensemble des démocrates siégeant à la commission judiciaire
ont appelé Brett Kavanaugh à renoncer à la Cour suprême, à la
lumière des accusations lancées contre lui par quatre femmes. 
    La commission judiciaire doit procéder vendredi à un vote de
confirmation, et si Kavanaugh franchit avec succès cette étape,
le Sénat se prononcera en début de semaine prochaine.
    Deux autres femmes, Deborah Ramirez et Julie Swetnick,
l'accusent aussi d'agression sexuelle, mais il n'est pas prévu
qu'elles témoignent devant le Sénat. Enfin, la chaîne NBC a
annoncé mercredi soir que la commission judiciaire enquêtait sur
une quatrième accusation d'inconduite portée contre Kavanaugh.
Le nom de cette quatrième accusatrice n'a pas été divulgué.
    Pour Donald Trump, qui a lui aussi été visé par des
allégations d'inconduite sexuelle, les accusations portées
contre son candidat relèvent d'une "arnaque" du Parti démocrate.
    "Je suis une personne indépendante et je ne suis pas un
pion", a répondu Christine Blasey Ford en réponse aux
accusations de manipulation.

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
CHRONOLOGIE - L'affaire Kavanaugh, candidat controversé à la
Cour suprême     
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et
Danielle Rouquié pour le service français)
 

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