Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
  1. Aide
    1. Espace Client
  1. Aide
    1. Espace Client

ITW d'Hervé Thiard, directeur général de Pictet AM "La sous-exposition des investisseurs européens à l'Asie me semble dommageable"
information fournie par AOF17/06/2021 à 09:35

(AOF) - Alors que les marchés actions européens et américains évoluent à des niveaux record dans le sillage de la reprise mondiale, Hervé Thiard, directeur général de Pictet AM, recommande de s'intéresser au marché asiatique, injustement sous-estimé par les investisseurs.

Quels sont les atouts de l'Asie ?

L'Asie connaît une croissance structurelle forte. Le vif rebond conjoncturel de la région, ne doit pas faire oublier la puissante dynamique à l'œuvre depuis des années. La crise sanitaire n'a été qu'une parenthèse vite refermée. Les économistes prévoient une reprise de 8,9% de la croissante cette année, contre +4% pour les pays développés. La région représentera 50% du PIB mondial en 2045. Dans cette perspective, la sous-exposition des investisseurs européens à l'Asie me semble dommageable si l'on veut composer un portefeuille économiquement équilibré.

La croissance asiatique est différente de celle de la plupart des marchés émergents, qui eux dépendent fortement de leurs exportations de matières premières et donc du cycle économique mondial.

Les moteurs de l'Asie sont bien plus diversifiés et moins corrélés à l'activité des pays développés. La montée en puissance de la consommation domestique et les investissements, sont désormais les deux principaux leviers de la croissance. Signe de ce dynamisme, les entreprises asiatiques représentent aujourd'hui 80% des indices émergents et cette part va augmenter avec l'intégration inéluctable de nouvelles actions chinoises.

Est-il encore temps de s'exposer au marché asiatique ?

En termes de valorisation, le marché asiatique apparaît attractif avec un PER, à fin avril, de 16 contre 20 pour l'Europe alors que la croissance sera bien plus forte en Asie au cours des cinq prochaines années.

Depuis la crise de 1998, on observe l'assainissement financier des entreprises et un changement d'objectif dans leur gestion. Les sociétés, qui cherchaient avant tout à croître, parfois aux dépens de la rentabilité, ont inversé leur priorité. Elles cherchent désormais à maximiser leur génération de cash flow et leur rentabilité. De plus en plus d'entreprises parviennent désormais à s'autofinancer à tel point que le ratio dette sur capitaux propres est aujourd'hui historiquement faible.

Quels secteurs privilégiez-vous ?

Chez Pictet AM, nous suivons de près la croissance de la classe moyenne dont les nouveaux besoins sont sources d'opportunités. Les secteurs de la banque de l'assurance et de la consommation devraient profiter de cet essor. Nous nous intéressons également à la " premiumisation " de la consommation chinoise. La population chinoise très aisée devrait être multipliée par trois en 5 ans et celle considérée comme " aisée " devrait doubler entre 2019 et 2025. Les marques haut de gamme domestiques comme l'eau de vie Moutai, mais aussi les groupes de divertissement, les enseignes de lifestyle devraient tirer leur épingle du jeu.

Par ailleurs, la région gagne en indépendance en matière d'innovation, les sommes investies en Chine pour la Recherche et Développement sont très proches de celles dépensées aux USA. Grâce à des politiques publiques volontaristes, le nombre de brevets déposés bondit chaque année. A cet égard, le plan chinois centré sur l'innovation et la consommation domestique devrait doper un peu plus encore la croissance asiatique au cours des prochaines années.

En outre, la Chine va continuer d'ouvrir son économie et entend bien développer ses échanges avec les pays limitrophes. Le "Partenariat régional économique global" (RCEP) signé fin 2020 en est le signe le plus visible. Quinze pays ont signé le plus important accord de libre-échange de la planète qui concernera plus de 2,2 milliards d'habitants et 30% du PIB mondial.

Concrètement, comment s'exposer efficacement au marché asiatique ?

L'écart de performance entre la gestion active et la gestion indicielle est très défavorable à cette dernière. Les indices par définition sont statiques et peuvent souffrir de biais comme une exposition excessive aux valeurs de " l'ancienne économie ".

Raison pour laquelle nous plébiscitons la gestion active, qui permet de ne pas passer à côtés de nombreuses pépites. Pour preuve, notre fonds Pictet-Asian Equities ex Japon enregistre une performance annuelle en euros de 16,8% sur cinq ans contre 13% pour son indice de référence.

Propos recueillis par Pierre-Jean Lepagnot

0 commentaire

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement

Mes listes

Une erreur est survenue pendant le chargement de la liste

valeur

dernier

var.