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Israël: accueil critique à la promesse de Netanyahu d'annexer un pan de la Cisjordanie
AFP11/09/2019 à 16:15

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une déclaration à Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le 10 septembre 2019 ( AFP / Menahem KAHANA )

Trop peu, trop tard, rhétorique ou dangereuse: la classe politique et la presse israélienne ont réservé mercredi un accueil critique à la promesse du Premier ministre Benjamin Netanyahu d'annexer un vaste pan de la Cisjordanie occupée s'il est réélu la semaine prochaine.

Les Israéliens se sont réveillés avec les images du Premier ministre forcé d'interrompre un meeting à Ashdod, ville située entre Tel-Aviv et la bande de Gaza, après des tirs de roquettes du mouvement islamiste palestinien Hamas qui ont déclenché les sirènes d'alarme.

Mercredi après-midi, d'autres roquettes ont été tirées vers Israël sans faire de dégât ou de blessé, selon l'armée, qui a encore riposté.

Ces tirs de roquettes servaient en quelque sorte de réponse au plan de Benjamin Netanyahu d'annexer les colonies juives --mais pas les villages et villes arabes-- de la vallée du Jourdain en cas de réélection.

"Lorsque je parle de la vallée du Jourdain, je ne parle pas simplement de localités isolées (...), je parle d'un territoire essentiel à notre sécurité", a dit mercredi M. Netanyahu.

Si le projet d'annexion est soutenu par des partis de droite proches du Likoud de M. Netanyahu, voire par une grande partie de ses adversaires politiques, le timing de l'annonce, à une semaine d'élections, a été critiqué.

"Pourquoi parler d'annexion à une semaine des élections alors que le gouvernement peut décider de l'appliquer quand il veut et aujourd'hui même?", a soutenu Betzalel Smotrich, actuel ministre des Transports et un des ténors de la liste électorale Yamina, située encore plus à droite que le Likoud de M. Netanyahu.

- "Annexer des voix" -

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu montre sur une carte la Vallée du Jourdain, lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, près de Tel-Aviv, le 10 septembre 2019 ( AFP / Menahem KAHANA )

M. "Netanyahu souhaite annexer des voix, pas la vallée du Jourdain (....). Il a été Premier ministre pendant 13 ans, pourquoi ne l'a-t-il pas déjà fait?", a réagi Yair Lapid, du parti centriste "Bleu-blanc", favorable à l'annexion de la vallée du Jourdain et au coude-à-coude dans les sondages avec le Likoud.

Pour se démarquer de ses adversaires, le Premier ministre cherche à mobiliser le vote de la droite nationaliste et des quelque 400.000 colons qui vivent en Cisjordanie occupée, selon nombre d'analystes.

Ces derniers mois, et avant même les élections d'avril --qui n'avaient pas réussi à déboucher sur un gouvernement d'union, d'où le nouveau scrutin de septembre--, M. Netanyahu avait déjà promis l'annexion de colonies en Cisjordanie.

Mais c'est la première fois, ce mardi, qu'il présentait un plan concret d'annexion, d'ailleurs aussitôt fustigé par les Palestiniens et des dirigeants du monde musulman.

Composition du Parlement israélien, avant les élections législatives du 17 septembre ( AFP / )

La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a averti que cette décision "entraînerait toute la région dans la violence". La Turquie a pour sa part évoqué une promesse "raciste". 

Qualifiant cet engagement de "dangereuse escalade", l'Arabie saoudite, qui se rapproche actuellement d'Israël, a demandé une "réunion d'urgence" des ministres des Affaires étrangères des 57 membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI).

- "Vrais problèmes" -

L'annonce de M. Netanyahu a aussi reçu un accueil sévère dans la presse israélienne. 

"Les déclarations arrogantes à propos de l'annexion de territoires (...) et la décision de se fier complètement à un président américain sur lequel aucun leader responsable ne devrait se fier, rien de tout ça ne permettra de régler les vrais problèmes d'Israël", a commenté le Yediot Aharonot, premier titre de la presse israélienne.

Des affiches électorales montrant, d'un côté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (d) avec le président américain Donald Trump, et de l'autre le candidat de la liste Bleu-Blanc Benny Gantz, le 9 septembre 2019 à Jérusalem ( AFP / AHMAD GHARABLI )

M. Netanyahu a dit vouloir procéder à l'annexion "immédiatement" après son éventuelle réélection, afin de profiter du "plan de paix" de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient devant être présenté après les législatives israéliennes.

Or, quelques minutes après l'annonce de M. Netanyahu, Donald Trump a annoncé sur Twitter le limogeage de son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, considéré comme un allié d'Israël et un partisan de la ligne dure, comme M. Netanyahu, face à l'Iran.

Donald "Trump a cessé de coopérer avec Netanyahu au moment le plus critique pour Netanyahu", a soutenu l'influent commentateur politique Ben Caspit dans les pages du journal Maariv. 

L'annexion de la vallée du Jourdain aurait des "implications sécuritaires, politiques et économiques énormes, à long terme (...), et affecterait les relations d'Israël avec le monde arabe en général et les pays du Golfe en particulier", a-t-il prévenu.

Mais pour le quotidien gratuit Israel Hayom, réputé proche du parti du Premier ministre, la promesse de M. Netanyahu donne tout de même "un nouveau souffle" à sa campagne électorale, en mobilisant sa base.

gl-bur/gk

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5 commentaires

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  • ZvR
    11 septembre17:44

    Netanyahu est empêtré dans les affaires embarrassantes. il fait dans la surenchère pour détourner l'attention des sujets qui fâchent.

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