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Hong Kong-Canon à eau et gaz lacrymogènes contre les manifestants
Reuters25/08/2019 à 19:11

    * La police utilise les canons à eau pour la première fois
    * Un policier a tiré un coup de feu en l'air
    * Les manifestants disent qu'ils veulent défendre la
démocratie

 (Actualisé avec précisions sur les manifestations)
    par James Pomfret et Jessie Pang
    HONG KONG, 25 août (Reuters) - La police de Hong Kong a eu
recours dimanche aux gaz lacrymogènes et au canon à eau pour
repousser les manifestants qui ont défilé sous une pluie
battante pour réclamer le maintien de la démocratie dans le
territoire semi-autonome chinois.
    En cette deuxième journée de heurts, les manifestants, dont
beaucoup portaient des masques et étaient vêtus de noir, ont
lancé des cocktails Molotov, sous une pluie battante. 
    Les canons à eau n'ont jamais été utilisés jusqu'à présent à
Hong Kong bien que les manifestations contre le gouvernement y
soient relativement fréquentes.    
    Certains services de transport avaient été annulés dimanche,
mais cela n'a pas dissuadé les manifestants de se rendre dans un
stade situé dans le port à conteneurs de Kwai Chung, d'où le
cortège s'est élancé vers le quartier voisin de Tsuen Wan.
    Certains manifestants ont descellé des pavés du trottoir et
les ont emportés pour les utiliser comme projectiles. D'autres
ont aspergé la chaussée de détergent pour la rendre glissante
pour la police. Des vitrines des magasins ont été brisées.
Certains manifestants ont utilisé des bombes à gaz contre les
policiers.
    La manifestation s'est ensuite scindée en plusieurs
rassemblements plus petits.
    Un sentiment de chaos régnait sur la péninsule de Kowloon,
tandis que résonnaient les sirènes de police et que flottait les
gaz lacrymogènes sur des quartiers densément peuplés.
    La circulation était bloquée sur Nathan Road, en direction
du sud, vers la zone touristique de Tsim Sha Tsui. 
    Selon la police, certains manifestants "radicaux" ont enlevé
des grilles et érigé des barricades avec des barrières remplies
d'eau, des bâtons de bambou, des cônes de signalisation et
d'autres objets.
    "De tels actes négligent la sécurité des citoyens et des
usagers de la route, ce qui paralyse la circulation dans le
voisinage", ajoute-t-elle.
    Un policier a tiré un coup de feu en l'air, a indiqué la
police à la presse. 
    Les affrontements de samedi et dimanche marquent un
changement d'ambiance après plusieurs journées de manifestations
plus calmes.     
    
    "DERNIÈRE CHANCE"
    Les manifestants expliquent qu'ils luttent contre l'érosion
de l'accord "un pays, deux systèmes" mis en place au moment du
retour de l'ancienne colonie britannique dans le giron de la
Chine en juillet 1997. Ce système permettait au territoire
semi-autonome de conserver certaines libertés n'ayant pas cours
sur le continent.
    "Nous savons que c'est la dernière chance de défendre "un
pays, deux systèmes", sinon le Parti communiste chinois entrera
dans notre ville et contrôlera tout", résume M. Sung, 53 ans,
ingénieur informatique, un manifestant représentatif des
Hongkongais de la classe moyenne qui descendent dans la rue. 
    Visage couvert d'un masque soir, il explique qu'il a
participé à presque toutes les manifestations et qu'il
continuera à le faire.
    "Si nous gardons le moral, nous pourrons soutenir ce
mouvement pour la justice et la démocratie. Il ne mourra pas", 
déclare M. Sung.
    La grogne des Hongkongais a commencé il y a trois mois après
un projet de loi qui autorisait l'extradition vers le continent.
Ce projet est désormais suspendu, mais le mouvement de
contestation a pris de l'ampleur pour déboucher sur une
revendication de plus grande démocratie.
    Les manifestants constituent un défi de taille pour le
pouvoir communiste à Pékin, qui voudrait voir la situation
apaisée pour le 70e anniversaire de la fondation de la
République populaire le 1er octobre.
    Pékin a clairement fait comprendre qu'une intervention
violente était possible. La police paramilitaire a organisé des
exercices juste de l'autre côté de la frontière.
    La police a annoncé avoir placé 29 personnes en garde à vue
après les violences de samedi. Elle a procédé à plus de 700
arrestations depuis le début des manifestations en juin.
    Le territoire voisin de Macao, revenu dans le giron chinois
en 1999, a élu dimanche à sa tête l'ancien président de son
Assemblée législative, Ho Iat Seng. Il était le seul candidat
approuvé par Pékin.
    Ho Iat Seng, qui a des liens étroits avec la Chine, devrait
permettre à Pékin de renforcer son contrôle sur l'ancienne
colonie portugaise spécialisée dans les casinos et qui a, comme
Hong Kong, le statut de région administrative spéciale.

 (Avec Anne Marie Roantree, Farah Master et Twinnie Siu; Jean
Terzian et Danielle Rouquié pour le service français)
 

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