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Gucci ambitionne de devenir la première marque mondiale de luxe
Reuters07/06/2018 à 19:54

    * La griffe vise à terme les 10 milliards d'euros de ventes
    * La marge opérationnelle devrait dépasser les 40%
    * Le PDG de Gucci très confiant pour le moyen terme
    * Il ne voit "aucun ralentissement" des ventes au T2

 (Actualisé avec détails, conférence de presse)
    par Pascale Denis et Sarah White
    FLORENCE, 7 juin (Reuters) - Gucci, principal contributeur
aux profits du groupe Kering  PRTP.PA , se fixe pour objectif de
croître à un rythme deux fois plus rapide que celui du marché du
luxe et d'atteindre à terme la barre des 10 milliards d'euros de
chiffre d'affaires.
    La griffe florentine, dont les ventes explosent, ambitionne
ainsi de rivaliser avec Louis Vuitton, première marque mondiale
de luxe détenue par LVMH  LVMH.PA , dont les ventes sont
estimées à plus de huit milliards d'euros par les analystes.
    "Avec le rythme exceptionnel de croissance que Gucci
connaît, la question n'est pas de savoir si mais quand" la
marque se hissera devant Vuitton, a déclaré à la presse le PDG
de Gucci Marco Bizzarri, en marge d'une conférence destinée aux
investisseurs à Florence.   
    La marque, qui signe une croissance hors norme et inédite
dans le monde du luxe, a largement dépassé les objectifs de
moyen terme fixés par son dirigeant en juin 2016 et souhaitait
actualiser ses prévisions.
    Reprise en main début 2015, après deux ans de déclin, par
Marco Bizzarri, ancien dirigeant de Bottega Veneta, Gucci a
opéré un spectaculaire retournement sous la houlette de son 
designer Alessandro Michele.
    Après avoir vu ses ventes grimper de 13% en 2016 puis
exploser de 45% en 2017, Gucci a poursuivi sa course en avant et
dépassé toutes les attentes au premier trimestre 2018 avec une
croissance organique de 49% malgré des bases de comparaison
particulièrement élevées.  
    La marque a bouclé l'année 2017 sur des ventes de 6,2
milliards d'euros et vise maintenant la barre des 10 milliards
en faisant deux fois mieux que le marché, dont la hausse oscille
entre 6% et 8%, selon les estimations du cabinet Bain & Co.
    
    "GUCCI N'EST PAS UN MOMENT DE MODE"
    Alors que les investisseurs s'interrogent sur la capacité de
Gucci à conserver son attractivité et à éviter le risque de
lassitude des clients, son PDG s'est montré très confiant.
    "Gucci n'est pas un moment de mode", a-t-il assuré, estimant
que l'univers créatif d'Alessandro Michele était suffisamment
vaste pour pouvoir évoluer dans le temps et s'adresser à tous
les types de clientèles.
    "Alessandro Michele a créé un style unique et qui va durer",
a-t-il ajouté.
    La griffe continue de gagner des parts de marché, portée par
le succès du style flamboyant et baroque de son designer. Elle a
aussi étoffé son offre avec succès, proposant aux jeunes clients
du luxe des produits plus accessibles, étendant aussi ses lignes
pour hommes et ses accessoires.
    Pour continuer à croître, elle mise sur la poursuite de la
rénovation de ses magasins - à ce jour, seulement 31% des 520
boutiques sont passées au nouveau concept du directeur
artistique - et sur une forte hausse de ses ventes au mètre
carré.
    Avec un taux de conversion qui peut être encore fortement
amélioré compte tenu de l'explosion du trafic dans les magasins,
les ventes pourraient ainsi atteindre plus de 45.000 euros au 
mètre carré, contre plus de 30.000 en 2017.
    Chez les bons élèves du secteur, comme Louis Vuitton, elles
oscillent autour de 45.000 euros, tandis qu'elles atteindraient
entre 60.000 et 70.000 euros chez Hermès  HRMS.PA , selon les
estimations des analystes.     
    La marque entend aussi tripler ses ventes en ligne, qui
pourraient à terme atteindre la barre des 10%, contre environ 4%
en 2017, grâce à une stratégie digitale hautement efficace qui
lui a permis de considérablement rajeunir sa clientèle.
    Les "millenials" (18-35 ans) comptent maintenant pour plus
de la moitié de son chiffre d'affaires et ses ventes en ligne
décollent.
    
    "ENORME POTENTIEL" DANS LES PARFUMS & COSMÉTIQUES 
    Elle dispose aussi, selon son PDG, d'un "énorme potentiel"
dans les parfums et les cosmétiques.
    Alessandro Michele a lancé son premier parfum en septembre
2017 tandis que des cosmétiques devraient être lancés en 2019.
    Grâce au levier de la croissance, la rentabilité pourrait
dépasser à terme les 40%, contre 34,2% en 2017, 
    En Bourse, le titre Kering a fini jeudi en baisse de 4,15% à
478,70 euros, en ligne avec l'ensemble du secteur du luxe malgré
une présentation généralement bien accueillie par les analystes.
    "La présentation a été très positive mais les bonnes
nouvelles sont largement inscrites dans les cours", a souligné
Luca Solca, analyste d'Exane BNP Paribas.
    La valeur avait touché mardi un plus haut historique à
504,20 euros.
       
    La présentation : http://bit.ly/2JhA3f1 

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La présentation:    http://bit.ly/2JhA3f1
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 (Edité par Dominique Rodriguez)
 

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