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"Gilets jaunes"-Le gouvernement a son programme de travail
information fournie par Reuters29/04/2019 à 22:11

    * Quatre jours après la conférence de presse de Macron
    * Gouvernement et majorité établissent un calendrier
    * Tous les chantiers mis en oeuvre d'ici l'automne 

 (Actualisé avec annonces d'Edouard Philippe)
    PARIS, 29 avril (Reuters) - Quatre jours après les annonces
d'Emmanuel Macron destinées à répondre à la crise des "Gilets
jaunes", Edouard Philippe a mis au point lundi, lors d'un
séminaire à Matignon, le programme de travail du gouvernement et
de la majorité pour les mois à venir. 
    Des baisses d'impôt à la transition écologique en passant
par la réforme constitutionnelle, qui sera remise sur le métier
en juillet, le chef du gouvernement a donné le calendrier de
travail de son équipe jusqu'à l'automne.  
    "Il faut à la fois aller vite et aller bien", a-t-il
expliqué devant la presse dans la cour de Matignon.
    "Si j'ai indiqué ce soir les éléments du calendrier, c'est
pour que chacun sache à quel moment le travail commençait et à
quel moment il devait s'achever, pour que les solutions puissent
entrer en oeuvre et devenir visibles pour chacun de nos
concitoyens", a-t-il ajouté. 
    Les chefs des groupes et des commissions parlementaires La
République en marche (LaRem) et Mouvement démocrate (MoDem) de
l'Assemblée nationale et du Sénat ont participé au séminaire, un
format destiné à prévenir toute cacophonie future au sein d'une
majorité parfois agitée.   
    "Si nous voulons pouvoir traduire dans les faits les
annonces du président de la République, nous devons avoir la
même vision des contraintes, la même ambition, discuter,
travailler en commun", avait dit Edouard Philippe en début de
journée. 
    Dès cette semaine, il donnera mission à l'avocat Frédéric
Thiriez de réfléchir à l'avenir de la haute fonction publique et
à la Cour des comptes de se pencher sur la lutte contre la
fraude fiscale. Des propositions sont attendues à l'automne sur
ces deux sujets. 
    Le mois de juin verra le chef du gouvernement réunir les
associations d'élus sur les questions relatives à la
décentralisation et à la façon de rapprocher les services
publics des citoyens.
    C'est aussi à ce moment-là que seront présentées les
modalités de baisse de l'impôt sur le revenu, de l'ordre de cinq
milliards ( ), et la mise en place d'une convention
citoyenne de 150 Français chargés de réfléchir aux questions
liées au climat. 
    
    "TENIR LA DÉPENSE PUBLIQUE"
    Juillet verra la présentation en conseil des ministres du
texte sur la révision constitutionnelle - interrompue l'été
dernier par "l'affaire Benalla" - et de celui sur la bioéthique,
avec un mois de retard sur le calendrier initial.
    Le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul
Delevoye, remettra son rapport sur le système universel de
retraites, qui donnera lieu à des arbitrages du gouvernement en
septembre.
    Edouard Philippe n'a pas donné de détails quant au
financement des mesures, alors que la marge de manoeuvre est
très étroite. 
    Selon Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes
publics, les nouveaux gestes consentis jeudi par le chef de
l'Etat s'élèvent à environ 6,5 milliards d'euros. 
    La réindexation sur l'inflation des pensions de retraites
inférieures à 2.000 euros par mois en 2020 représente environ
1,5 milliard d'euros, qui viennent s'ajouter aux cinq milliards
d'euros de baisse d'impôt promis aux ménages, a-t-il déclaré.
    Après les 10 milliards d'euros de mesures en faveur du
pouvoir d'achat déjà annoncés en décembre, "ça fait donc à peu
près 17 milliards en tout", a-t-il estimé lundi sur Europe 1.
    Pour autant, "nous tiendrons les comptes publics et nous
serons autour de 2% de déficit l'année prochaine", a-t-il dit.
    Pour tenir cet objectif malgré les nouvelles mesures
annoncées la semaine dernière, le gouvernement continuera "à
tenir la dépense publique", a dit Gérald Darmanin. Il a évoqué
notamment les réformes programmées de la fonction publique, de
l'assurance chômage, des retraites et de l'audiovisuel public.
    Mais pour Jean Pisani-Ferry, un des architectes du programme
économique d'Emmanuel Macron en 2017, le retour à l'équilibre
des finances publiques va "certainement" être retardé avec les
annonces de jeudi. 
    "A l'horizon 2021, on est à 30 milliards d'euros de dépenses
supplémentaires et de moindres recettes", a souligné cet
économiste dans le Journal du Dimanche. "Pour l'instant, le
gouvernement annonce au mieux 10 milliards d'économies et de
recettes nouvelles, notamment grâce aux cinq milliards de niches
fiscales qui vont être supprimées pour les entreprises. Il y a
donc un écart de 20 milliards d'euros, soit 1% du PIB du pays". 

 (Marine Pennetier et Elizabeth Pineau avec Myriam Rivet, édité
par Emmanuel Jarry)
 

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