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Gilets jaunes-La militante blessée de Nice dépose deux nouvelles plaintes
Reuters29/04/2019 à 15:05

    NICE, 29 avril (Reuters) - Geneviève Legay, la militante
grièvement blessée le 23 mars à la suite d'une charge des forces
de l'ordre en marge d'une manifestation interdite des "Gilets
jaunes" à Nice, va déposer deux nouvelles plaintes, a annoncé
lundi son avocat, Arié Alimi.
    "L'une pour violences volontaires et complicité de violences
volontaires contre le commissaire M. Souchi (NDLR : en charge
des opérations de maintien de l'ordre le jour des faits), le
préfet et X, puis une autre pour subornation de témoin, faux et
usage de faux et dissimulation de preuves contre X", a-t-il dit
à la presse en présence de la septuagénaire.  
    Des plaintes similaires avaient été déposées par ses filles
peu après les faits "mais n'avaient pas été retenues par le
procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre", précise Me Arié Alimi.
    Les lourdes blessures, notamment à la tête, de la
manifestante âgée de 73 ans, qui a pris la parole depuis le
jardin de l'hôpital de Cimiez où elle est toujours en soins,
sont au cœur de plusieurs polémiques. 
    Ses défenseurs déplorent, en particulier, que la responsable
de l'enquête préliminaire, ordonnée par le procureur de Nice
pour déterminer les causes de ses blessures, n'était autre que
la compagne du policier en charge du maintien de l'ordre, comme
l'avait révélé Mediapart le 8 avril dernier. 
    Ils pointent aussi le fait que plusieurs fonctionnaires de
police "sont venus très tôt le lendemain l'interroger alors
qu'elle était dans un état lamentable".
    "On a même pratiqué des analyses toxicologiques sur moi sans
que je le sache", dit Geneviève Legay en larmes, assise sur un
fauteuil roulant, visiblement affaiblie.
    Dans un premier temps, le procureur de Nice avait expliqué
que sa chute, lors de l'acte XIX des gilets jaunes, n'était pas
due à la charge des forces de l'ordre. Quelques jours plus tard,
ce dernier avait finalement admis la responsabilité d'un
policier "isolé et dépourvu de bouclier qui a écarté du bras
vers sa droite" la militante. 
    "Lors de sa première audition devant les enquêteurs, le
policier avait pensé avoir renversé un homme mais au vu des
images "il a dû se rendre à l'évidence comme nous tous", avait
encore souligné le magistrat.
    Un changement de version qui interloque l'avocat de
Geneviève Legay. Dénonçant ce lundi "un dysfonctionnement
judiciaire" et continuant de réclamer le dépaysement de
l'affaire en dehors de Nice, il assure avoir "des éléments qui
nous font penser que certains savaient dès le début et ont
essayé de manipuler la vérité". 
    Avec ces deux nouvelles plaintes, Me Arié Alimi souhaite
étendre les responsabilités à la chaîne de commandement. "Il n'y
a pas qu'un seul policier en cause. On aimerait savoir qui a
donné l'ordre de la charge et qui était dans la salle de
commandement", ajoute-t-il. 
    Une information judiciaire du chef de violences volontaires
ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de plus de
huit jours par dépositaire de l'autorité publique est en cours.
Elle a été ouverte par le parquet depuis fin mars.

 (Matthias Galante, édité par Yves Clarisse)
 

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