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"Gilets jaunes"-Des élus veulent des gestes avant la concertation
Reuters29/11/2018 à 19:34

    * Philippe dialogue avec des membres du CNTE à Matignon
    * "Il y a urgence sur le pouvoir d'achat", dit un élu
    * Une délégation de "Gilets jaunes" sera reçue vendredi

 (Actualisé avec société civile et parlementaires)
    PARIS, 29 novembre (Reuters) - Des "gestes" avant le début
des débats : telle a été jeudi la demande de nombre
d'interlocuteurs reçus par Edouard Philippe pour préparer la
"grande concertation de terrain" de trois mois sur la transition
écologique et sociale promise par Emmanuel Macron en réponse à
la fronde des "Gilets jaunes".
    Les consultations, en présence du ministre de la Transition
écologique, François de Rugy, concernent notamment les membres
du Conseil national de la transition écologique (CNTE), instance
consultative de 50 personnes.
    "On a dit au Premier ministre que pour avoir un débat
serein, il fallait évidemment qu'il puisse y avoir des gestes
(...) avant les débats", a déclaré Christophe Bouillon (PS), de
l'association des petites villes de France (APVF) à l'issue la
réunion. "La balle est dans le camp du gouvernement."  
    "Il y a une urgence sur le pouvoir d'achat et la justice
fiscale", a abondé Philippe Rio, vice-président (PCF) de Ville
et Banlieue. Il souhaite une réponse "avant Noël" pour "récréer
du calme, qui permet de trouver des solutions immédiates,
pérennes, à moyen et long terme".
    Le président du Grand Est, Jean Rottner (Les Républicains),
représentant des régions, a dit avoir "précisé au Premier
ministre la nécessité au minimum d'avoir une forme de moratoire
sur toute taxe supplémentaire sur l'essence au 1er janvier".
    Une marque de bonne volonté, "notamment sur les questions
fiscales", a aussi été réclamée par Philippe Laurent, secrétaire
général (UDI) de l'Association des maires de France (AMF).
    "On est arrivé à un tel point de tension que pour que tout
le monde se mette autour de la table, il faut qu'il y ait un
geste qui soit fait", a abondé Hervé Maurey, président de la
Commission Développement durable du Sénat, reçu en fin
d'après-midi avec d'autres parlementaires. "Suspendre cette
trajectoire carbone dans l'attente des négociations, cela aurait
du sens". 
    Mais pour le député La République en marche Roland Lescure,
"on ne va pas régler 25 ans de galère avec un geste symbolique
quel qu'il soit".
    "Ce que veulent les Françaises et les Français, c'est qu'on
les écoute", a-t-il dit. "Dans les trois mois qui viennent les
Français vont pouvoir nous dire ce qu'ils souhaitent. Ils vont
peut-être aussi nous engueuler un peu parce qu'ils en ont envie,
et on va pouvoir aussi leur expliquer un peu ce qu'on fait." 
    
    "CONSTRUIRE DES SOLUTIONS"
    La réponse à la crise ne saurait être uniquement fiscale, a
estimé pour sa part Jean-Yves Mano, de l'association de
consommateurs CLCV, reçu dans l'après-midi avec une quinzaine
d'autres représentants de la société civile - de la Fédération
nationale des chasseurs à la Croix-Rouge, en passant par la
Fondation Abbé Pierre et ATD Quart Monde.  
    "Il faut expliquer, pousser les industries à avoir une
démarche écologique dans leur production, leur façon d'organiser
le travail", a-t-il dit à la presse à sa sortie. "Aujourd'hui on
pénalise les citoyens. Il ne sont pas les seuls concernés." 
    Vendredi, les représentants des syndicats seront à leur tour
reçus puis Patrick Bernasconi, président du Conseil économique,
social et environnemental et membre de droit du CNTE. Dans
l'après-midi, une délégation de "Gilets jaunes" sera reçue à
14h00 par le Premier ministre. 
    Eric Drouet, l'un des deux "Gilets jaunes" reçus mardi au
ministère de la Transition écologique, a fait savoir via
Facebook qu'il bouderait le rendez-vous à Matignon, et tous les
autres, tant que le gouvernement n'annoncerait pas publiquement
un "début de mesure".
    Sur BFM TV et RMC mercredi, Edouard Philippe s'était dit
prêt à recevoir une délégation de 'Gilets jaunes'", jugeant que
"dans ce qu'ils formulent il y a beaucoup de choses très
légitimes, des choses qui doivent être entendues".
    "Ce qui est important, c'est qu'on puisse avoir des
interlocuteurs, le plus représentatifs possible et qu'on puisse
avec eux mais aussi plus largement (...) construire
collectivement des solutions", a souligné jeudi la ministre des
Transports, Elisabeth Borne, sur Public Sénat. 
    Confronté depuis deux semaines à une forte contestation
contre la hausse du prix du carburant et plus largement sur la
question du pouvoir d'achat, Emmanuel Macron a promis une
"grande concertation" de trois mois dans tout le pays afin de
trouver "des solutions" et "des méthodes d'accompagnement". Il
n'a pas exclu des gestes à l'issue de la concertation. 

 (Marine Pennetier et Elizabeth Pineau avec Simon Carraud, édité
par Yves Clarisse)
 

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