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Ghosn se dit victime d'accusations erronées qui l'ont arraché à sa famille
information fournie par Reuters08/01/2020 à 14:42

    * Carlos Ghosn apparaît pour la première fois en public
depuis sa
fuite au Liban
    * L'ancien patron de Renault et Nissan se dit victime d'une
campagne orchestrée contre lui
    * Il dénonce les méthodes de la justice japonaise
    * VERBATIM Ses principales déclarations à la presse
 

    BEYROUTH, 8 janvier (Reuters) - Carlos Ghosn s'est livré
mercredi à un réquisitoire contre la justice japonaise,
affirmant que les accusations portées contre lui étaient fausses
et que les conditions dans lesquelles il a été détenu puis
assigné à résidence au Japon visaient à le "briser".
    L'ancien patron de Renault  RENA.PA  et de Nissan  7201.T ,
qui s'est spectaculairement soustrait à son assignation à
résidence au Japon pour se réfugier au Liban dans les tout
derniers jours de l'année dernière, a souligné: "La fuite a été
la décision la plus difficile de ma vie."
    Mais Carlos Ghosn, qui s'exprimait lors d'une conférence de
presse très attendue au siège du Syndicat de la presse libanaise
à Beyrouth, sa première apparition publique depuis sa fuite
spectaculaire dans les derniers jours de l'année dernière, a
ajouté qu'il n'y avait pas d'alternative.
    "Je n'avais pas d'autre choix que la fuite pour me protéger
et protéger ma famille", a-t-il dit, revenant dans une
déclaration liminaire sur les conditions dans lesquelles il a
été traité par la justice japonaise, accusant le procureur
japonais d'avoir menacé d'agir contre sa famille et de tenter de
le "briser" pour qu'il avoue les faits qui lui étaient
reprochés.
    "Je ne suis pas là pour parler de la façon dont j'ai quitté
le Japon, je suis ici pour dire pourquoi, je suis ici pour faire
la lumière sur un système qui viole les (droits de l'homme) les
plus fondamentaux, je suis ici pour laver mon nom", a-t-il
énuméré, avant de réaffirmer: "Je n'aurais jamais dû être
arrêté, les accusations portées contre moi sont fausses."
    
    "ARRACHÉ BRUTALEMENT"
    Accusé de dissimulation de revenus au fisc et de
détournement de fonds, des charges qu'il a constamment rejetées,
Carlos Ghosn a été arrêté le 19 novembre 2018 à son arrivée à
Tokyo à bord de son jet privé et a été détenu au total pendant
130 jours.
    Mercredi devant la presse, il a dit avoir été "arraché
brutalement" à sa famille, à ses amis, à Renault et au monde,
subissant une "campagne orchestrée" contre lui et une
"arrestation montée de toutes pièces".
    "Ce sont des responsables de Nissan, du ministère public
japonais qui sont à l'origine de mon calvaire", a-t-il affirmé,
voyant dans sa disgrâce une tentative de mettre fin à
l'influence de Renault et de l'Etat français dans l'alliance
mise en place avec le constructeur automobile japonais.
    "Certains de nos amis japonais ont pensé que la seule
manière de se débarrasser de l'influence de Renault sur Nissan
était de se débarrasser de moi", a-t-il accusé, évoquant une
collusion entre des cadres dirigeants de Nissan et la justice
japonaise.
    Remis en liberté sous caution avec assignation à résidence
fin avril, Carlos Ghosn s'est soustrait à la justice japonaise
en s'enfuyant au Liban, où il est arrivé le 30 décembre via
Osaka et la Turquie. 
    "Je n'ai pas fui la justice, j'ai échappé à l'injustice et à
la persécution politique", avait-il déclaré dans une courte
déclaration diffusée le 31 décembre, confirmant sa présence au
Liban.
    Face à la presse, il a redit mercredi qu'il lui était
impossible d'exprimer "l'ampleur des privations" que lui ont
imposées les autorités judiciaires japonaises et, en miroir,
"(s)a profonde gratitude d'avoir pu retrouver ma famille et mes
êtres chers".
    La justice japonaise, qui a également délivré un mandat
d'arrêt contre son épouse, Carole, explore ces derniers jours
les moyens d'obtenir son extradition.
    L'ambassadeur du Japon au Liban, Takeshi Okubo, s'est
entretenu mardi avec le président libanais Michel Aoun. Il lui a
confié que la fuite de Carlos Ghosn était "profondément
regrettable" et a demandé la coopération de Beyrouth, selon un
communiqué du ministère japonais des Affaires étrangères. Mais
Tokyo ne se fait guère d'illusion sur l'issue d'une procédure,
le Liban et le Japon n'étant liés par aucun traité
d'extradition.  
    Carlos Ghosn, qui possède les nationalités brésilienne,
libanaise et française, conserve de solides attaches au Liban,
où il dispose de précieux appuis et où il a investi dans une
banque, dans l'immobilier et dans un vignoble.        

 (Bureaux de Beyrouth, Tokyo et Paris
version française Nicolas Delame, Henri-Pierre André et
Jean-Michel Bélot)
 

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1 commentaire

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  • M9897262
    08 janvier15:08

    En tout cas ses enfants pourront le remercier pour son impact carbone ...


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