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GESTION-La remontée des taux longs sera de courte durée-Amundi
information fournie par Reuters09/10/2018 à 14:04

    PARIS, 9 octobre (Reuters) - Les taux longs ne vont pas
continuer de grimper aux Etats-Unis et la montée ne sera pas
durable en raison de l'accélération du ralentissement américain
et du positionnement des investisseurs sur les Treasuries que ce
durcissement des conditions monétaires et financières induirait,
estime Didier Borowski, responsable de la recherche
macroéconomique d'Amundi. 
    Il prévoit de toute façon un ralentissement de la croissance
américaine à compter de la mi-2019 qui conduira la Réserve
fédérale à interrompre le cycle de remontée de ses taux
directeurs à cet horizon après encore trois hausses de taux, une
en décembre et deux autres au premier semestre de l'année
prochaine.
    "Le défi pour la Banque centrale européenne sera de
normaliser sa politique monétaire au moment où la Réserve
fédérale arrêtera de monter ses taux", note-t-il. 
    Il n'anticipe pas de récession aux Etats-Unis en raison de
conditions monétaires et financières qui resteront
accommodantes. 
    Une remontée trop brusque des taux longs pousserait la Fed à
lever le pied sur la hausse des taux en raison de ses effets sur
la croissance, explique-t-il. 
    Les Etats-Unis continuent aussi de bénéficier du statut
d'actif refuge ultime des titres du Trésor américain et de
nombreux investisseurs se positionneraient sur la partie longue
de la courbe américaine en cas de forte remontée des taux,
ajoute-t-il.
    
    MENACE DE RALENTISSEMENT SYNCHRONISÉ
    "L'économie américaine va ralentir. Elle est dopée par
l'expansion budgétaire mais les dopants ont par nature un effet
temporaire", prévient-il. "Cet effet temporaire peut durer
encore quelques trimestres jusqu'à la mi-2019", mais "tôt ou
tard la croissance américaine va se recaler sur son rythme de
croissance potentielle qui est légèrement inférieur à 2%" contre
3% en moyenne attendu cette année. 
    "Cela veut dire qu'à l'horizon 2020, il faut tabler sur un
ralentissement de la croissance aux Etats-Unis d'un point de
pourcentage et donc que le pic du cycle économique est passé
même si cela ne se voit pas encore dans les données
conjoncturelles américaines." 
    L'essoufflement du rythme d'expansion aux Etats-Unis à
partir de l'année prochaine est "particulièrement important pour
la dynamique des profits", souligne Didier Borowski. 
    "S'il y a bien un risque à un horizon de 18/24 mois c'est de
voir la croissance et les profits ralentir aux Etats-Unis et
ceci n'est pas correctement anticipé par les investisseurs",
ajoute-t-il. 
    "La vigueur de l'économie américaine masque le fait que le
cycle macro-financier mondial est très avancé, ce qui va exiger
des rotations vers des valeurs plus défensives." 
    Rappelant que l'économie mondiale avait commencé l'année sur
les chapeaux de roues avec une reprise synchronisée, il note
qu'elle évolue actuellement en ordre dispersé et que la menace
la plus importante désormais est celle d'un ralentissement
synchronisé, notamment sous l'effet de la perte de dynamisme du
commerce mondial avec la montée des pressions protectionnistes. 

 (Marc Joanny, édité par Blandine Hénault)
 

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