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France-Ultimes négociations sur Notre-Dame-des-landes à Matignon
Reuters05/01/2018 à 14:23

    * Des élus de l'Ouest défilent chez Edouard Philippe 
    * L'aménagement de l'actuel aéroport de Nantes envisagé 
    * Inquiétude sur l'évacuation de la "Zad" 
 
    PARIS, 5 janvier (Reuters) - Le gouvernement a entamé 
vendredi d'ultimes consultations avec les élus de l'Ouest sur le 
délicat dossier de la construction d'un aéroport à 
Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), sur lequel Emmanuel 
Macron se prononcera d'ici la fin du mois.      
    L'exécutif "n'a pas encore pris sa décision", assurait-on 
encore jeudi soir dans l'entourage du président à propos de cet 
épineux sujet, objet de décennies de controverses entre 
partisans de l'ouvrage et opposants, dont plusieurs centaines 
sont installés sur le site de plus de 3.000 hectares.  
    L'une des hypothèses désormais envisagées consiste à rénover 
 l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique plutôt que construire un 
nouvel ouvrage, en plus d'évacuer la zone occupée par les 
opposants, décrite par ses détracteurs comme une "zone de 
guerre" où l'Etat de droit n'est pas respecté.      
    Quel que soit le choix final, il sera "difficile", a prévenu 
Edouard Philippe mercredi sur France 2, évoquant notamment la 
"composante d'ordre public" représentée par l'évacuation de la 
zone à défendre (Zad) occupée par 200 à 300 "zadistes".  
    Sénateurs et députés de Loire-Atlantique ainsi que maires et 
présidents d'intercommunalités concernés étaient reçus vendredi 
à Matignon par Edouard Philippe, le ministre de la Transition 
écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et sa consoeur des 
Transports, Elisabeth Borne. D'autres consultations sont prévues 
la semaine prochaine, jusqu'au 12 janvier. 
    Défendu par la plupart des élus locaux, l'idée d'un nouvel 
aéroport a été validée par de multiples décisions de justice et 
un référendum local. 
     
    "DANS TOUS LES CAS, ÇA COÛTE UN BRAS" 
    Selon Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique 
opposé au projet, Edouard Philippe s'est gardé de toute 
confidence lors de la réunion avec les élus vendredi matin.  
    "Le Premier ministre ne veut surtout pas que cette phase de 
concertation soit perturbée par le fait qu'on aurait déjà sa 
position, il faut le comprendre", a-t-il déclaré sur RTL à sa 
sortie de Matignon. 
    Il s'est dit "optimiste" quant à un aménagement de 
Nantes-Atlantique. "Cela coûte 350 millions d'euros de moins 
pour le même service", a-t-il ajouté en référence au rapport 
d'experts remis à la mi-décembre au Premier ministre. 
  
    Selon le syndicat mixte aéroportuaire, l'actuel aéroport de 
Nantes a franchi en novembre le cap des cinq millions de 
passagers "avec dix ans d'avance" sur les prévisions du plan 
d'affaires de la concession signée en décembre 2010 avec 
Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci  SGEF.PA . 
    S'il renonce au projet, l'Etat devra verser un important 
dédommagement à Vinci. 
    "La somme sera bien sûr négociée", confiait récemment à 
Reuters un membre du gouvernement. "Dans tous les cas, ça coûte 
un bras. On paie l'absence de courage des précédents 
gouvernements".  
    L'évacuation par la force de la Zad préoccupe les autorités, 
qui craignent des violences malgré l'intention de "régler le 
problème de la manière la plus pacifique possible" affichée par 
le ministre de l'intérieur, Gérard Collomb.   
    Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et 
le Figaro publié jeudi, 56% des 1.006 sondés sont favorables à 
l'emploi de la force si nécessaire pour déloger les "zadistes", 
alors que 43% y sont opposés.  
    Ronan Dantec s'est déclaré confiant quant à un retour à 
l'état de droit dans la Zad, où des agriculteurs ont été 
expropriés. "Il faut se laisser du temps, peut-être nommer un 
médiateur. Il y a peut-être des zones à garder pour leur 
biodiversité exceptionnelle et avoir une cartographie de sortie 
de crise", a-t-il dit à la presse à Matignon. 
    Mais pour Bruno Retailleau, président du groupe Les 
Républicains du Sénat et élu de l'Ouest, le gouvernement ne 
saurait "capituler devant les ultra-violents". 
    "Est-ce qu'aujourd'hui en France le chantage à la violence 
peut payer ?", s'interrogeait-il récemment devant la presse 
parlementaire. 
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 

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