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France-Suspense pour le choix du nouveau chef de Force ouvrière
Reuters21/11/2018 à 12:10

    * Trois candidats en lice, représentant chacun un courant 
    * Pas d'avance évidente d'un candidat
    * Les élections prévues jeudi

    PARIS, 21 novembre (Reuters) - Les militants de Force
ouvrière sont appelés à élire leur nouveau secrétaire général
mercredi et jeudi, lors d'un Comité Confédéral National (CCN)
extraordinaire, après la démission fracassante de Pascal
Pavageau le mois dernier.
    L'éphémère dirigeant du troisième syndicat de France a
annoncé son départ à la mi-octobre après la publication par le
Canard enchaîné de fichiers injurieux sur les cadres de
l'organisation.  
    Trois candidats sont en lice pour reprendre la tête du
syndicat avec pour tâche de redorer son image fortement entachée
depuis cette affaire à l'approche des élections professionnelles
du 6 décembre pour la fonction publique. 
    Il s'agit de Christian Grolier, 52 ans, secrétaire général
de FO-fonctionnaires depuis 2012, d'Yves Veyrier, 60 ans, membre
depuis 2004 du Bureau confédéral et de Patrice Clos, 53 ans,
secrétaire général de la Fédération nationale des transports et
de la logistique.
    Le fait que trois candidats se présentent pour prendre la
tête de Force ouvrière est sans précédent pour le syndicat, qui
aurait préféré avoir un candidat unique en bout de course. 
   Mais les tractations entre les "maisons" n'ont cette fois pas
abouti à un compromis. La partie se joue entre Christian
Grolier, soutenu par les trotskistes, lesquels représentent 40%
des militants, et Yves Veyrier, soutenus par les réformistes eux
aussi, pour 40% des militants. 
    Patrice Clos, proche de Pascal Pavageau, est soutenu par les
anarchistes ou les "sans étiquette", soit les 20% restants, ce
qui lui laisse peu de chance de réussite, selon des membres du
bureau confédéral.
    Les pronostics étaient très serrés mercredi, à mesure que
les fédérations et unions départementales annonçaient
officiellement leur couleur. Il manquait encore le
positionnement d'une quinzaine de structures qui pouvaient faire
pencher la balance, selon un cadre de FO. 
    
    DEUX VISIONS DU DIALOGUE SOCIAL
    Mais si l'écart se creuse entre les deux favoris, il est
possible que l'un d'entre eux se retire de la course avant le
scrutin officiel jeudi matin.
    Le CCN, qui laisse mercredi la tribune aux secrétaires
généraux des instances de FO, sera par ailleurs "très animé",
présage Christophe Lecomte, secrétaire général de l'union
départementale de l'Essonne. 
    Son union départementale s'est déjà prononcée pour Christian
Grolier. "On veut quelqu'un qui a les épaules solides pour
porter les résolutions" du Congrès de Lille d'avril 2017, marqué
par un durcissement de la position de Force ouvrière face aux
réformes sociale du gouvernement.  
    Certains membres réformistes du bureau confédéral voient
dans Yves Veyrier le candidat qui peut "remettre de l'ordre dans
la maison". Doyen du bureau confédéral, "il connaît la maison
par coeur", a fréquenté autant "les anars", que "les trotskistes
et les réformistes", dit l'un d'eux.
    "Il va d'abord discuter et, s'il n'obtient pas gain de cause
par la discussion, il regarde comment il peut mobiliser",
explique un membre du bureau confédéral. 
    Mais s'il est élu, il ne resterait que le temps du mandat,
soit encore deux ans avant le prochain congrès, ajoute cette
source, ouvrant la voie à un nouveau candidat par la suite. 
    A l'inverse, Christian Grolier a fait savoir qu'il était
prêt à rester plus longtemps. "Quand on s'engage, on s'engage
jusqu'au bout", dit-il à Reuters. "Si les camarades sont
satisfaits du premier mandat, je me représenterai."
    Déjà, ce dernier promet de mettre au coeur des priorités du
syndicat dans les prochains jours des revendications salariales,
comme un écho aux réclamations des "Gilets jaunes" inquiets
vis-à-vis de leur pouvoir d'achat. 
    Tenant d'une ligne revendicatrice, il se dit satisfait des 
positions de Pascal Pavageau avant lui. "C'est l'ADN de Force
ouvrière, la négociation, donc on fera tout pour négocier
jusqu'au bout", dit-il. "Mais à aucun moment, on n'ira négocier
quelque chose qui pourrait être contraire aux intérêts des
salariés que nous représentons." 
    La CGT a déjà appelé à une mobilisation interprofessionnelle
le 1er décembre pour réclamer une baisse des taxes sur les
produits de première nécessité et une hausse des salaires, des
pensions et des minima sociaux.  

 (Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse)
 

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