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France-Philippe nie tout désaccord sur les aides sociales
Reuters30/05/2018 à 17:09

    * Les aides sociales, prochain dossier potentiellement
explosif
    * La question divise au sein même de la majorité

 (Actualisé avec déclarations Philippe)
    PARIS, 30 mai (Reuters) - Edouard Philippe a démenti
mercredi tout désaccord au gouvernement sur une potentielle
baisse des aides sociales, une perspective qui continue de faire
polémique dans les rangs de l'opposition et suscite des réserves
dans la majorité. 
    La réforme du système social actuel, jugé "inefficace" par
le couple exécutif, a été l'un des sujets abordés lors du
séminaire gouvernemental sur la "transformation de l'action
publique" qui s'est tenu à l'Elysée à la mi-journée autour
d'Emmanuel Macron.
    Deux semaines après un exercice similaire à Matignon, ce
rendez-vous gouvernemental est organisé à quelques semaines du
très attendu rapport du Comité Action publique 2022 chargé
d'identifier des pistes d'économies dans la dépense publique. 
     Le gouvernement a prévu de diminuer les dépenses publiques
de trois points de PIB sur le quinquennat, soit près de 70
milliards d'euros répartis entre Etat, Sécurité sociale,
assurance chômage et collectivités locales.
    Signe de la sensibilité du sujet, la publication de ce
rapport, initialement prévue pour février, a été à plusieurs
reprises reportée et devrait être effective au mois de juin.
    Les rumeurs sur les pistes qui seront retenues par
l'exécutif se sont elles multipliées ces dernière semaines,
alimentées notamment par un rapport de la direction du Budget
proposant de réduire les prestations sociales.     
    A ce rapport se sont greffées plusieurs déclarations
alambiquées qui ont semé la confusion. Le 20 mai, le ministre de
l'Economie Bruno Le Maire a évoqué une baisse des aides sociales
à l'emploi conditionnée à l'amélioration de la situation du
marché du travail pour redresser les finances publiques.   
    Trois jours plus tard, revendiquant une "sensibilité
différente", son collègue de l'Action et des Comptes publics
Gérald Darmanin avait assuré qu'on ne "touchera it  pas les
prestations sociales des gens". 
    
    "À JUSTE TITRE"
    Gérald Darmanin "a indiqué à juste titre que le
foisonnement, la complexité des aides sociales pouvaient devenir
un problème", a réagi mercredi Edouard Philippe, démentant tout
désaccord au sein de son gouvernement. 
    Plus globalement, "la question n'est pas de savoir s'il y a
trop ou pas assez d'aides sociales, la question c'est de savoir
si notre modèle social est efficace, s'il produit les résultats
que nous espérons voir se produire, s'il est efficace dans son
combat contre la pauvreté", a-t-il ajouté lors d'une conférence
de presse.  
    Dans les rangs de l'opposition, qui dénonce depuis le début
du quinquennat d'Emmanuel Macron une politique "favorable aux
plus riches", la perspective d'une baisse des aides sociales
passe mal.
    "Il y a la volonté de venir rogner sur les aides des gens
qui sont dans la difficulté", a déploré mardi devant la presse à
le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. "La
balance penche toujours du même côté : pour les plus riches,
rien n'est assez beau ni assez grand. Pour les autres, c'est
toujours trop." 
    La présidente du Front national, Marine Le Pen, fait quant à
elle un lien entre cette thématique et "la politique ultra-
libérale et d'austérité qui est imposée par la Commission
(européenne) à l'ensemble des pays européens à l'Italie, à la
France, avec les résultats électoraux que l'on connaît". 
    Le sujet fait débat jusqu'au sein du groupe La République en
marche (LaRem) de l'Assemblée, où une aile "sociale" commence à
se détacher tout en restant pour l'instant solidaire du
gouvernement au moment de voter les textes. 
    "Que le gouvernement travaille sur un système social plus
efficace, c'est normal", temporise Pacôme Rupin, député LaRem.  
 "On est tous d'accord pour dire que le système tel qu'il est ne
fonctionne pas, qu'il coûte beaucoup trop cher au pays, et donc
qu'il faut le transformer".
    "Pour ceux qui ont besoin des aides sociales, il n'est pas
question de les baisser", a-t-il assuré.

 (Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, avec Myriam Rivet, édité
par Yves Clarisse)
 

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