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France-Ouverture des soldes dans un climat morose pour les commerces
information fournie par Reuters08/01/2020 à 20:37

    PARIS, 8 janvier (Reuters) - Après cinq semaines de grève
qui ont paralysé les transports parisiens, Emile Sebbag tente
avec peine de sauver ses deux boutiques de vêtements désertées
par la clientèle, une situation de plus en plus critique à
mesure que le mouvement contre la réforme des retraites perdure.
    La période des soldes qui a débuté mercredi - un moment
crucial pour les commerçants - ne compensera probablement pas
les pertes subies lors de la période des Fêtes, a dit à Reuters
l'homme de 62 ans, qui n'a engrangé que la moitié du chiffre
d'affaires qu'il espérait faire en décembre. 
    Son inquiétude est partagée par la plupart des commerçants
parisiens, voyant que les perturbations dans les transports
continuent en ce début d'année. 
    "Depuis décembre, c'est juste l'enfer", a dit Emile Sebbag.
    L'un de ses magasins, où on trouve des jeans, des sacs à
main, des survêtements de marques comme Guess ou Replay, situé
dans le Forum des Halles, est particulièrement dépendant des
transports. 
    "C'est la mort. Je paye un loyer. Il y a un vrai risque de
faire faillite", dit-il. 
    Les ventes des commerces parisiens ont chuté de 30 à 50%
durant le mois de décembre, alors que la plupart des magasins
attendaient cette période pour réaliser une large part de leur
chiffre d'affaires annuel, selon la Confédération des
commerçants de France. 
    La région parisienne est la plus affectée par les
perturbations, mais des signes montrent que l'économie globale
du pays commence à être affectée, à mesure que les touristes
annulent leurs réservations, que les consommateurs désertent les
boutiques et que les salariés rencontrent des difficultés pour
se rendre au travail. 
    Les manifestations contre la réforme des retraites
s'ajoutent aux difficultés qu'ont rencontrées les commerces
pendant la crise des "Gilets jaunes", obligés de fermer de
nombreux samedis de suite. 
    Pour la première fois depuis décembre 2018, l'indice de
confiance des ménages français, mesuré par l'Insee, s'est
détérioré dans des proportions supérieures aux attentes,
reflétant les préoccupations des consommateurs.  
    
    VENDRE SON COMMERCE
    Et même si les revendeurs indépendants, comme Emile Sebbag,
- qui avaient déjà des difficultés à se maintenir à flot en
raison de la concurrence accrue des grandes chaînes et des
boutiques en ligne - souffrent davantage que les autres, les
grandes compagnies, comme Hermes  HRMS.PA  dans l'industrie du
Luxe, qui a fait de la capitale l'un de ses principaux points de
vente, devraient aussi connaître des difficultés. 
    Des entreprises comme Richemont  CFR.S , maison mère de
Cartier, qui doit publier ses résultats la semaine prochaine,
avaient déjà pâti des manifestations des "Gilets jaunes" en
décembre 2018. 
    Même des grands magasins comme le Printemps affichent leur
inquiétude, bien que les groupes de touristes chinois soient
moins susceptibles d'annuler leur visite, les lignes aériennes
ayant moins été affectées par les grèves. 
    "Je ne pense pas que la période des soldes nous permettra de
compenser (pour le mois de décembre)", a dit Pierre Pelarrey,
directeur du Printemps Haussmann. Les fréquentations du magasin
ont diminué de 20% en décembre, avec des revenus en baisse de
8%par rapport à l'année précédente. 
    Unibail-Westfield-Rodamco  URW.AS , propriétaire du centre
commercial des Halles à Paris et d'autres centres commerciaux en
France, a précisé que l'impact des grèves était très différent
d'un centre à l'autre, mais qu'un nombre très limité d'entre eux
avait été affecté. 
    Le groupement national des indépendants Hôtellerie et
Restauration évalue entre 720 et 740 millions d'euros la perte
globale de chiffre d'affaires pour ces secteurs lors du mois
écoulé.
    Emile Sebbag, dont la deuxième boutique se trouve dans une
galerie des Champs-Elysées, espère que la grève se terminera
bientôt et que les promotions inciteront les gens à acheter.  Il
ajoute craindre pour l'avenir de ses 14 employés. 
    A 62 ans, dont 30 dans le métier, l'indépendant sent qu'il
est, malgré tout, sur le point de faire faillite. 
    "Je ne pense qu'à une chose: vendre", dit-il. 

 (Sarah White, Emilie Delware, Noémie Olive, et Leigh Thomson,
version française Caroline Pailliez, édité par Jean-Philippe
Lefief)
 

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