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France-Nouvelle journée de perturbations dans les transports
Reuters07/12/2019 à 17:33

    * Trafic très perturbé à la SNCF et la RATP
    * Perturbations et retards dans le transport aérien
    * "Gilets jaunes" et manifestation anti-précarité à Paris

 (Actualisé avec intersyndicale cheminots, manifestation gilets
jaunes)
    PARIS, 7 décembre (Reuters) - Les transports étaient encore
très perturbés samedi en France pour le troisième jour
consécutif dans le cadre du mouvement de protestation contre la
réforme des retraites avant une semaine décisive dans le bras de
fer engagé entre les syndicats et l'exécutif, qui a promis de
mener son projet à bien mais "sans brutalité".
    Pour le week-end, la SNCF prévoit un TGV sur six en moyenne,
15% des Transilien et des perturbations sur les liaisons
internationales avec un train sur deux pour l'Eurostar, deux sur
trois pour le Thalys et aucune circulation pour le Lyria, vers
la Suisse, ou le SVI, vers l'Italie. 
    Côté RATP, le trafic était "extrêmement" réduit samedi, avec
neuf lignes de métro fermées. Il le sera encore dimanche avant
d'être "très perturbé" lundi, à la veille d'une nouvelle journée
de manifestations mardi à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO,
FSU, Solidaires, Fidl, Unef, MNL et UNL).
    Dans les airs, contrairement à jeudi et vendredi, la
direction générale de l'aviation civile (DGAC) n'a pas demandé
aux compagnies aériennes de réduire leur programme de vols mais
prévoyait tout de même des retards et des perturbations.
    Les déplacements ont aussi été compliqués samedi dans une
dizaine de régions de France par des blocages routiers et des
opérations escargots organisés à l'appel de l'organisation des
transporteurs routiers européens (Otre) pour protester contre la
"hausse de la fiscalité sur le gazole professionnel".
 
    Le mouvement social contre le projet de réforme visant à
faire fusionner les 42 régimes de retraite existants en un
système universel par points à partir de 2025, devrait se
poursuivre au moins jusqu'à mercredi, date des annonces promises
par le Premier ministre Edouard Philippe.
    Pressé par les syndicats de sortir rapidement du silence sur
les détails de cette promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le
chef du gouvernement a annoncé vendredi qu'il présenterait
"l'intégralité" du projet de réforme - et non plus
l'architecture générale comme initialement prévu -, devant le
Conseil économique social et environnemental (Cese). 
    
    LES SYNDICATS DE LA SNCF APPELLENT À AMPLIFIER LA GRÈVE
    "Le débat pourra ainsi s'organiser autour de propositions
claires qui prendront en compte bien des propositions formulées
par les organisations syndicales", a-t-il déclaré. 
    Forts de la mobilisation massive enregistrée jeudi - avec
plus de 800.000 personnes dans les rues -, les syndicats seront
reçus lundi avec les organisations patronales par le haut
commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, et la ministre
des Solidarités, Agnès Buzyn.
    Si le gouvernement a exclu de renoncer au système par points
- comme le réclament certains syndicats -, il a toutefois fait
des gestes d'ouverture ces derniers jours,  se disant prêt à
discuter de la date de mise en oeuvre de la réforme ou encore se
disant "attentif" à trouver le "juste équilibre" financier. 
    Vendredi, le Premier ministre est allé encore un peu plus
loin en faisant un geste à l'égard des personnels de la RATP et
de la SNCF, en leur promettant de ne pas changer les règles "en
cours de partie"  .     
    Il s'est par ailleurs également de nouveau engagé à une
revalorisation des salaires des enseignants pour qu'ils ne
soient pas les perdants de la réforme, reconnaissant qu'une
"application absurde des nouvelles règles les pénaliserait". 
    Des ouvertures qui n'ont manifestement pas convaincu les
trois principaux syndicats représentatifs du personnel de la
SNCF (CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, Sud-Rail) qui, réunis en
intersyndicale à Paris ce samedi, ont appelé à "suivre et
amplifier la grève partout".    
    Déjà présents dans le cortège jeudi, quelque 2.000 "Gilets
jaunes", dont le mouvement inédit avait pris de court l'exécutif
en novembre 2018 et l'avait contraint à annoncer une série de
mesures en faveur du pouvoir d'achat, se sont quant à eux réunis
samedi à Paris, a constaté une journaliste de Reuters. 
    Les manifestants, qui ont défilé de Bercy à Porte de
Versailles, ont essuyé des tirs de gaz lacrymogène lorsqu'ils
ont voulu converger vers le quartier de Montparnasse où se
tenait une manifestation contre le chômage et la précarité, en
présence de la CGT. 

 (Marine Pennetier, avec Noémie Olive, édité par Bertrand
Boucey)
 

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