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France-Mobilisation en recul, la réforme des retraites dévoilée mercredi
Reuters10/12/2019 à 21:36

    * 339.000 manifestants, selon le ministère de l'Intérieur
    * Les transports restent très perturbés à la RATP et à la
SNCF
    * Edouard Philippe dévoile la réforme mercredi
    * Nouvel appel à la mobilisation les 12 et 17 décembre

 (Actualisé avec appel de l'intersyndicale §3-4)
    PARIS, 10 décembre (Reuters) - La mobilisation a fléchi
mardi en France pour l'acte II de la contestation syndicale
contre le projet gouvernemental de réforme des retraites dont
Edouard Philippe a prévenu qu'il ne contiendrait pas "d'annonces
magiques".
    La CGT et Force ouvrière, fer de lance de la contestation,
ont concédé une baisse d'affluence dans les cortèges mais
soulignent la détermination des opposants au projet de système
universel de retraite par points.
    Réunie dans la soirée, l'intersyndicale mobilisée contre le
projet gouvernemental (CGT-FO-Solidaires-FSU et les syndicats
étudiants Fidl, Unef, MNL et UNL) a appelé à deux nouvelles
journées de mobilisation les 12 et 17 décembre, sous la forme
d'actions locales jeudi, et d'une manifestation parisienne mardi
prochain.
    "On va faire en sorte qu'il y ait énormément de participants
et le maximum de grèves dans tous les secteurs", a déclaré le
porte-parole de Solidaires, Eric Beynel, à propos de la journée
du 17, appelant à une "massification" de la contestation. 
     Selon le ministère de l'Intérieur, les manifestations de
mardi ont rassemblé 339.000 personnes contre 806.000 lors de la
première journée de mobilisation le 5 décembre, dont 31.000 à
Paris (65.000 jeudi dernier). La CGT a recensé 885.000
manifestants, contre 1,4 à 1,5 million jeudi dernier, dont
180.000 à Paris (250.000 le 5 décembre).
    "Je suis satisfait, car il y avait beaucoup de grévistes,
notamment à EDF, et plus à la SNCF qu'hier", a dit à Reuters le
secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, au sortir d'une
manifestation parisienne atone et exempte d'incidents notables,
la préfecture de police ayant fait état en début de soirée de 30
interpellations.
    L'affluence était moindre également en province. A
Marseille, par exemple, 12.000 personnes, selon la police,
150.000 selon les syndicats, ont défilé sans incident (contre
25.000 selon la police jeudi dernier).  
    A Toulouse, entre 12.000 manifestants, selon la préfecture,
et 60.000, selon les syndicats, ont défilé (33.000 à 100.000 le
5 décembre).
    Après le coup de semonce réussi du 5 décembre,
l'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Fidl, Unef, MNL et
UNL espérait marquer des points décisifs à la veille des
annonces du Premier ministre Edouard Philippe, qui doit dévoiler
mercredi les derniers arbitrages de l'exécutif.
    
    "IL FAUT MAINTENIR LA PRESSION"
    "On attend de voir à quelle sauce on va être mangé mais je
n'ai aucune illusion quant aux annonces du Premier ministre. Je
suis prêt à faire des sacrifices financiers pour conserver notre
système actuel de retraite dans le futur", témoignait Thomas,
salarié EDF, dans le cortège toulousain.
    A Paris, Laurence, formatrice de 54 ans, croit à une
victoire syndicale sur la durée. "On reste mobilisés, il faut
maintenir la pression, beaucoup de gens se rendent compte qu'il
y aura beaucoup de perdants avec cette réforme", dit-elle.
    Pour Olivier Mateu, secrétaire départemental de la CGT des
Bouches-du-Rhône, "la grève est en train de s'installer, comme
dans le secteur pétrochimique. L'impact économique n'est pas
loin, on se rapproche de quelque chose de fort".
    Le taux de grévistes dans l'Education nationale, très
important le 5 décembre, était en recul mardi, selon le
ministère, dont les chiffres sont contestés par les syndicats.  
  Dans les écoles, les collèges et les lycées, 16,01% des
enseignants étaient en grève, soit un taux près de trois fois
inférieur à jeudi dernier.
    La mobilisation reste forte à la SNCF et à la RATP, deux
entreprises publiques emblématiques des régimes spéciaux appelés
à disparaître. Les usagers seront ainsi confrontés mercredi à un
septième jour consécutif de grève dans les transports,
particulièrement en Ile-de-France où la situation devient
problématique.
    
    "PRÉSERVER LA VALEUR DU POINT"
    Les quais du métro parisien et du RER ont été le théâtre de
scènes de cohue, devenues quotidiennes depuis bientôt une
semaine. Sur les lignes A et B du RER, parmi les plus empruntées
au monde en temps normal, les trains ne circulent qu'aux heures
de pointe et seulement à une fréquence réduite.
    La SNCF a recensé 24,7% de grévistes, un taux qui monte à
77,3% chez les conducteurs. Le trafic restera "très perturbé"
mercredi pour les trains SNCF, avec un TGV sur quatre (contre un
sur cinq mardi), un Intercités sur quatre et un Transilien sur
cinq.
    Dix lignes de métro seront fermées mercredi.
    Lors d'une séance houleuse à l'Assemblée, Edouard Philippe a
réaffirmé l'attachement des Français à la création d'un régime
universel par répartition et par points.
    "Nous apporterons les garanties sur l'évolution du point de
façon à préserver la valeur du point", a dit le Premier ministre
lors de la séance des questions au gouvernement.
    Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye a
assuré que la valeur du point serait indexée sur les salaires,
comme suggéré dans son rapport, et le ministre de l'Education
nationale Jean-Michel Blanquer s'est de nouveau engagé à une
"politique d'augmentation des rémunérations" des enseignants.
    Lors d'une rencontre mardi matin avec les députés de la
majorité, Edouard Philippe a toutefois souligné qu'"il n'y a pas
d'annonces magiques qui peuvent faire cesser toutes les
interrogations", selon une source parlementaire au sein de la
majorité.
    Emmanuel Macron devait recevoir mardi soir à l'Elysée
ministres et responsables de la majorité pour faire le point sur
les annonces à venir.

 (Avec Marc Leras à Marseille, Julie Rimbert à Toulouse,
Caroline Pailliez, John Irish, Sybille de la Hamaide, Simon
Carraud, Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet et
Jean-Stéphane Brosse)
 

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