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France-Macron promet le "retour de l'Etat" dans les banlieues
Reuters14/11/2017 à 15:09

    * Quarante ans de politique de la ville 
    * Relance des emplois francs, intensification du "testing" 
    * Des élus échaudés par la baisse des contrats aidés 
    * Macron veut "tordre le cou" à une politique "des riches" 
 
    PARIS, 14 novembre (Reuters) - Coup de pouce à l'emploi, 
renforcement des services publics et "traquage" des 
discriminations à l'embauche : Emmanuel Macron a promis mardi à 
Tourcoing (Nord) le "retour de l'Etat" aux 5,5 millions 
d'habitants des quartiers populaires où la République a selon 
lui "démissionné" ces dernières années.  
    Un "plan de mobilisation générale", fruit d'une concertation 
entre l'Etat, les collectivités locales et les acteurs du 
terrain, sera présenté d'ici février et se concentrera sur une 
dizaine de quartiers "particulièrement en difficulté".  
    "Ceux qui habitent les villes les plus pauvres sont des 
enfants de la République, ils ont droit à la même réussite que 
les autres", a dit le chef de l'Etat lors d'un discours dans le 
quartier de la Bourgogne à Tourcoing. "Ils ne demandent pas de 
l'aide, des subventions, des contrats de seconde zone, des 
dispositifs spécifiques". 
    "Ils veulent qu'on leur apporte la possibilité d'accéder à 
la même chose que les autres", a-t-il ajouté. Il s'agit donc de 
"ramener le droit commun dans les quartiers afin que chacun ait 
accès aux mêmes services" et de "rétablir ce socle minimal qui a 
parfois été oublié".  
    Quarante ans après le premier "plan banlieue" - qui a été 
suivi de dix autres aux succès mitigés -, les quelque 1.500 
quartiers politique de la ville (QPV) continuent d'afficher un 
taux de chômage près de trois fois supérieur au taux national et 
un taux de pauvreté de 40%.  
    Ces quartiers comptent par ailleurs toujours deux fois moins 
de médecins généralistes, près de cinq fois moins de crèches et 
de nombreux services publics ont au fil des ans disparu.  
    Pour y remédier, Emmanuel Macron propose notamment le 
dédoublement des classes de CP dans les zones REP+ - effectif 
depuis la rentrée -, la mise en place de la police de sécurité 
du quotidien - qui sera expérimentée sur certains territoires 
début 2018 - et le doublement des maisons de santé. 
     
    RELANCE DES CONTRATS FRANCS    
    Pour favoriser l'accès de tous à l'emploi, le chef de l'Etat 
mise sur les "contrats francs" - un dispositif qui accorde une 
prime aux entreprises embauchant un habitant d'un quartier 
populaire - dès 2018 via une phase d'expérimentation avant une 
généralisation en 2020.  
    Expérimentés sous le quinquennat de François Hollande, ces 
contrats francs avaient finalement été abandonnés en raison de 
critères d'éligibilité très limitatifs. Le public concerné a 
donc été élargi et recouvre désormais tous les demandeurs 
d'emploi sans critère d'âge; le montant d'aide a été relevé afin 
d'être plus incitatif.  
    Les entreprises bénéficieront d'une aide de 5.000 euros par 
an sur trois ans pour une embauche en CDI et de 2.500 euros par 
an sur deux ans pour un CDD de plus de six mois. Une dizaine de 
territoires seront concernés au 1er janvier.  
    Le gouvernement entend dans le même temps intensifier les 
campagnes de "testing" lancées par le ministère du Travail sous 
le quinquennat précédent. A l'heure actuelle, 17% des habitants 
de quartiers se déclarent victimes de discrimination en raison 
de leur origine.  
    Il faut "traquer les employeurs qui ne respectent pas ce qui 
est dans la loi qui interdit la discrimination à l'embauche 
comme à la promotion" et "pénaliser les entreprises qui ont 
recours à ces pratiques", a dit Emmanuel Macron, qui souhaite 
rendre public le nom des entreprises "les plus délinquantes".  
    En matière de rénovation urbaine, pilier de la politique de 
la ville, l'Agence nationale de la rénovation urbaine (Anru) va 
voir comme prévu son budget doublé jusqu'à 10 milliards d'euros. 
    Ce plan banlieue constitue un enjeu pour Emmanuel Macron, 
accusé depuis le début du quinquennat de favoriser les plus 
aisés, notamment par des élus locaux échaudés par la baisse des 
aides au logement et la diminution du nombre de contrats aidés.  
    "Je voudrais tordre le cou à une idée qui en ce moment fait 
fureur, c'est qu'il y aurait une politique économique ambitieuse 
pour les gens qui réussissent", a dit Emmanuel Macron. "Je ne 
sais pas ce que ça veut dire avoir une politique pour les 
riches". 
    "Je sais simplement que quand il n'y a pas une économie qui 
tire tout le pays en avant, quand il n'y a pas des entrepreneurs 
qui réussissent, des gens qui réinvestissent dans l'économie, 
les quartiers les plus en difficulté ne s'en sortent pas bien".  
 
 (Marine Pennetier, édité par Sophie Louet) 
 

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