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France-Macron lance son deuxième chantier social
Reuters12/10/2017 à 11:00

    * Les partenaires sociaux reçus jeudi et vendredi à l'Elysée 
    * Même méthode de discussions que pour la loi Travail 
    * Survient après des critiques sur une "présidence des 
riches" 
 
    PARIS, 12 octobre (Reuters) - Trois semaines après la 
promulgation des ordonnances réformant le Code du travail, 
Emmanuel Macron a lancé jeudi le deuxième chantier social de son 
quinquennat en entamant des consultations avec les partenaires 
sociaux sur les réformes de la formation professionnelle, de 
l'apprentissage et de l'assurance chômage. 
    Cette nouvelle vague de réformes, promesses de campagne du 
chef de l'Etat, doit déboucher sur un projet de loi qui sera 
présenté au printemps prochain - en avril - pour une entrée en 
vigueur des réformes au 1er janvier 2019.      
    Premier leader syndical à être reçu à l'Elysée jeudi matin, 
le secrétaire général de Force ouvrière (FO) Jean-Claude Mailly 
a présenté ses lignes rouges sur ces sujets.  
    "On a fait un premier tour d'horizon", a-t-il dit à la 
presse à l'issue de son entretien avec le chef de l'Etat.  
    Parmi les mesures phares de ces réformes, l'ouverture de 
l'assurance chômage aux indépendants et, une fois tous les cinq 
ans, aux salariés démissionnaires.  
    Le coût de ce dispositif a été estimé, selon Les Echos, 
entre 8 et 14 milliards d'euros la première année puis entre 
trois à cinq milliards d'euros les années suivantes, un chiffre 
que n'a pas souhaité confirmer la ministre du Travail, Muriel 
Pénicaud   
    "J'ai insisté sur le fait que nous tenions à avoir notre 
responsabilité en ce qui concerne les salariés, sur la 
définition des prestations et de l'indemnisation", a dit 
Jean-Claude Mailly, en référence à la promesse d'Emmanuel Macron 
pendant la campagne de "prendre en charge le pilotage du système 
d'assurance chômage". 
    Pour l'instant le régime est dirigé par les organisations 
patronales et syndicales. "Quand on gère à trois, il y en a 
toujours deux contre un et ça tourne, je ne pense pas que ce 
soit le meilleur système" a ajouté le leader syndical. 
            
    "FAIRE LE TRI" 
    Le gouvernement souhaite par ailleurs entreprendre une 
refonte totale de l'apprentissage et de la formation 
professionnelle, un secteur qui a coûté 31,6 milliards d'euros à 
l'Etat, aux entreprises, aux collectivités publiques et aux 
ménages en 2014, selon le ministère du Travail, et qui a été 
épinglé par la Cour des comptes en février dernier pour ses 
risques "d'irrégularités et de fraude".   
    Il a annoncé, à cette fin, un investissement massif 
additionnel de 15 milliards d'euros sur l'ensemble du 
quinquennat pour former un million de chômeurs et un million de 
jeunes.   
    "Il faut faire le tri dans les organismes de formation. 
Aujourd'hui, tout le monde peut monter une boite de formation, 
il suffit de s'inscrire sur internet, il n'y a aucune 
évaluation, aucun contrôle qui est fait", a dit Jean-Claude 
Mailly à propos des 66.362 organismes de formation qui 
existaient en 2013.  
    Pour Jean-Claude Mailly, cette rencontre était aussi 
l'occasion de parler des conditions de travail des 
fonctionnaires, qui étaient plus de 209.000 à manifester le 10 
octobre dans les rues, selon le ministère de l'Intérieur.  
    "J'ai à nouveau demandé, j'espère cette fois que je serai 
entendu, qu'il y ait un vrai débat sur le rôle et les missions 
du service public", a-t-il dit, précisant que le président de la 
République avait été "sensible" à sa demande.  
     
    CLIMAT SOCIAL TENDU 
    Emmanuel Macron doit recevoir ensuite Philippe Martinez 
(CGT), François Hommeril (CFE-CGC), Alain Griset (U2P), Pierre 
Gattaz (Medef), Philippe Louis (CFTC) et François Asselin 
(CPME). Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger sera lui 
reçu vendredi matin pour des raisons d'agenda.         
    L'ensemble des partenaires sociaux seront ensuite reçus 
entre le 17 et 19 octobre par le Premier ministre Edouard 
Philippe avant d'entamer à proprement parler les discussions 
avec Muriel Pénicaud.  
    Le lancement de ce chantier intervient dans un climat social 
tendu. Le projet de loi de finances pour 2018, présenté fin 
septembre, a été jugé "déséquilibré" au bénéfice des catégories 
aisées par l'opposition et des membres de la majorité. 
    L'incertitude plane sur l'attitude qu'adopteront pendant les 
discussions les partenaires sociaux, notamment FO qui fait face 
à une base désireuse d'en découdre et mécontente de la 
concertation sur la réforme du Code du travail.  
    Réunis lundi soir, les syndicats n'ont trouvé aucun terrain 
d'entente sur une nouvelle journée de mobilisation contre la loi 
travail. Ils ont prévu de se revoir le 24 octobre. 
    La CGT a, elle, appelé à manifester une nouvelle fois le 19 
octobre pour le retrait des ordonnances, qui sont entrées en 
vigueur fin septembre.   
 
 (Caroline Paillez et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 

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