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France-Les syndicats exhortent le gouvernement à changer de méthode

Reuters14/03/2018 à 13:23
    * Une semaine brûlante d'actualité sociale
    * Les syndicats de la SNCF décideront jeudi d'une grève
unitaire
    * Manifestations de retraités et de travailleurs des Ehpad 
    * Les syndicats prêts à l'affrontement
    * Le gouvernement n'entend pas changer de cap

    PARIS, 14 mars (Reuters) - La CGT, la CFDT et FO ont exhorté
mercredi le gouvernement à changer de méthode et à rompre avec
"l'austérité" pour éviter un conflit social majeur alimenté par
la grogne montante chez les cheminots, les fonctionnaires et les
retraités.
    Mais à l'orée d'une semaine brûlante d'actualité sociale,
l'exécutif ne semble pas prêt à transiger, la plupart des
syndicalistes et des analystes écartant le spectre d'une grande
grève paralysante comme en 1995.  
    Le point de départ est la présentation ce mercredi du projet
de loi d'habilitation pour réformer la SNCF par ordonnances, qui
suscite une vive colère chez les cheminots. 
    Les quatre syndicats majoritaires de la SNCF - la
CGT-Cheminots, l'UNSA-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots -
se rencontreront jeudi pour décider de la tenue d'un mouvement
de grève, unitaire ou non, et de son ampleur. Ils ont déjà
annoncé qu'ils manifesteraient à Paris le 22 mars aux côtés des
fonctionnaires.  
    Les retraités manifesteront pour leur part jeudi afin de
dénoncer la dégradation de leur niveau de vie à la suite de
l'augmentation de 1,7 point de la contribution sociale
généralisée (CSG) qui finance la baisse des cotisations des
salariés du privé.  
    Ils seront rejoints par les travailleurs des Ehpad
(établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes)
qui réclament l'abrogation de la réforme de la tarification.
Cette mesure se traduira, selon eux, par une suppression massive
de postes et une prise en charge dégradée des résidents.
 
    "Les nuages s'amoncellent les 15 et 22 mars à la suite des
divers foyers allumés par le gouvernement", a prévenu le
secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, sur le
site internet de son organisation.
    "Ce sont bien les décisions des gouvernements au niveau
européen qui ont ouvert le rail (fret et voyageurs) à la
concurrence. C'est bien également la restriction budgétaire qui
pénalise le fonctionnement des Ehpad et l'augmentation de la CSG
qui attaque le pouvoir d'achat des retraités", a-t-il ajouté. 
    
    "LE CAMPS DU 'ON FOUT TOUT EN L'AIR'"
    Il invite le gouvernement à "rompre avec ces restrictions
(...) tant au niveau national qu'européen", mettant en garde
contre des inégalités en France "qui ne se résorbent pas" et
encouragent "la montée des populismes". 
   Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, dit pour sa part
vouloir "éviter un mouvement social" mais demande au
gouvernement de changer de méthode. 
    "Soit on choisit l'affrontement et dans ce cas, on aura le
camp du statu quo contre le camp du 'on fout tout en l'air',
soit on choisit la vraie concertation et on trouve les voies de
passage", a-t-il dit sur Europe 1. 
    Il explique avoir été "agacé" d'apprendre "par une alerte
média" que le gouvernement comptait mettre en place sa réforme
de la SNCF par ordonnances. 
    Pour lui, "le vrai sujet ce n'est pas la question de savoir
s'il y a un mouvement social ou pas", mais "comment on l'évite".
    Cela passe, selon lui, par une discussion de fonds et la fin
d'une stigmatisation des cheminots. "On a présenté trop souvent
les cheminots comme des ultra-priviligiés et ce n'est pas la
réalité", a-t-il dit.
    Pour son homologue de la CGT, Philippe Martinez, "le
gouvernement cherche le conflit". "Si le gouvernement ne prend
pas en compte et ne contribue pas à ce qu'il y ait un dialogue
constructif, oui, (la grève) sera inévitable, et c'est eux qui
en porteront la responsabilité", a-t-il dit sur CNews. 
    
    PAS DE CHANGEMENT DE CAP
    Mais le gouvernement, qui affirme être à l'écoute, ne semble
pas du tout prêt à remiser ses ambitions réformatrices.
    Dans une interview aux Echos publiée mardi, la ministre des
Transports, Elisabeth Borne, a défendu le bouclage avant l'été
de la transformation de la SNCF par le biais d'ordonnances et de
consultations, au lendemain de la présentation par la CGT d'un
projet de réforme alternatif.   
    Les retraités ne doivent pas non plus attendre un changement
de cap.
    "L'inquiétude des retraités résulte de la décision sur la
CSG clairement expliquée pendant la campagne", dit-on à
l'Elysée. "Le président de la République avait mis le travail
comme un élément essentiel de son projet pour la France, ça
implique des sacrifices dont on est conscient, ça fait partie de
la solidarité nationale qu'on demande à tous les Français."
    Enfin, pas question de relancer la dépense publique dans un
pays endetté, lanterne rouge de l'UE en matière de déficits.
    "Il faut respecter nos engagements européens et la dette de
la France est colossale, cette situation n'a pas changé, la
trajectoire ne change pas, à notre connaissance il n'y a pas
tout d'un coup une résorption de la dette française",
explique-t-on à l'Elysée.

 (Caroline Pailliez, avec Marine Pennetier, édité par Yves
Clarisse)
 

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