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France-Les écoles en langue basque occupées le jour de la rentrée
Reuters03/09/2018 à 16:28

    BORDEAUX, 3 septembre (Reuters) - Des parents d'élèves ont
occupé lundi, jour de rentrée scolaire, les 36 établissements en
langue basque du Pays basque français pour protester contre le
manque de postes d'enseignants alors que le nombre d'élèves a
augmenté.
    Liés par une convention à l'Education nationale, les 31
écoles primaires, quatre collèges et un lycée répartis sur
l'ensemble du Pays Basque français, notamment à Bayonne, Ciboure
et Itxassou, sont concernés.
    "On a une augmentation des effectifs de 230 élèves sur un
total de plus de 3.900 pour plus de 200 enseignants. On a fait
une demande de 25 postes supplémentaires, l'Education nationale
nous en a attribué 5,5, et nous en avons mis en place 14,5 de
plus", explique à Reuters Hur Gorostiaga, directeur de Seaska,
la fédération des "ikastola", écoles en langue basque (euskara).
    Seaska demande que soient attribués les cinq postes
manquants et que l'Education nationale "prenne ses
responsabilités" en finançant les 14,5 postes créés.
    "On en a budgétisé dix, on en a 4,5 qui sont hors budget. On
est parti dans un vrai conflit au moins pour le financement de
ces 4,5 postes", souligne Hur Gorostiaga.
    Une convention triennale renouvelable liant Seaska, l'Office
public de la langue basque et l'Education nationale, a pris fin
en juin dernier. Une nouvelle convention doit être négociée pour
les trois prochaines années.
    Le recteur de l'Académie de Bordeaux, Olivier Dugrip, est
attendu mardi soir à Bayonne pour évoquer le sujet.
    Les parents d'élèves et les enseignants comptent sur cette
réunion pour que leurs revendications soient entendues même si
Hur Gorostiaga avoue qu'il n'en "espère pas beaucoup car
l'ancienne convention n'a pas été respectée. Il faudra qu'on
demande des garanties pour que l'Etat respecte ses engagements".
    La convention triennale ne fait pas état du nombre
d'enseignants qui doit être chaque année renégocié mais le
dirigeant de Seaska rappelle qu'il est écrit "noir sur blanc"
dans le contrat d'association "que l'Etat doit pourvoir les
ikastola en nombre d'enseignants nécessaires".  
    "Nous, on en voulait 25, l'Office public de la langue basque
qui fait l'intermédiaire en a demandé 15 au minimum. On en est
donc très loin. La raison qui nous est opposée, c'est qu'au
niveau hexagonal il y a une stagnation du nombre d'élèves alors
que nous on est en plein développement", ajoute-t-il.
    Vendredi dernier, 300 enseignants et salariés des ikastola
se sont rassemblés devant l'inspection académique à Pau pour
dénoncer le "traitement méprisant" de l'Education nationale. Une
délégation avait été reçue, mais sans résultat.
    Une réunion est prévue prochainement entre le rectorat,
l'Office public de la langue basque et Seaska pour jeter les
bases de la future convention.

 (Claude Canellas, édité par Sophie Louet)
 

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