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France-Les détenus pour terrorisme libérables sous surveillance
Reuters06/06/2018 à 16:40

    * Environ 50 condamnés pour terrorisme libérables d'ici fin
2019
    * Quelque 450 "droit commun" radicalisés libérables en 2019
    * Groupes d'évaluation départementaux et cellule de
coordination 

 (Avec précisions du ministère de l'Intérieur)
    PARIS, 6 juin (Reuters) - Nicole Belloubet a assuré mercredi
que les détenus condamnés pour faits de terrorisme ou de droit
commun radicalisés, et libérables prochainement, feraient
l'objet d'un suivi spécifique mettant notamment à contribution
l'ensemble des services de renseignement pénitentiaire et
intérieurs.
    Selon le ministère de l'Intérieur, près de 10% des détenus
terroristes islamistes, sur un total de 512 à ce jour, sont
susceptibles d'être libérés d'ici fin 2019 en France.
    "Il y en aura une vingtaine cette année qui sortent, et puis
à peu près une trentaine l'année prochaine", a précisé la
ministre de la Justice sur BFM TV et RMC Info. 
    Selon elle, il faut y ajouter environ 450 détenus de droit
commun radicalisés qui devraient sortir de prison en 2019.
    Edouard Philippe a promis la semaine dernière un suivi "sans
naïveté" de ces individus, sujet de préoccupation jugé "majeur"
par le procureur de la République, François Molins.  
    "Le gouvernement est arc-bouté sur le suivi de ces
personnes", a renchéri mercredi Nicole Belloubet. "Cela commence
en détention. Ces gens-là sont évalués, ils sont placés ensuite
dans des lieux de détention qui correspondent à leur niveau de
dangerosité." 
    "Et quand ils sortent de prison, il y a deux mots clés :
nous anticipons leur sortie et nous les suivons de manière
extrêmement précise", a ajouté la garde des Sceaux.
    Des fiches sont notamment élaborées par le renseignement
pénitentiaire et transmises aux services de la sécurité
intérieure ou du renseignement territorial, a-t-elle dit.
    Les profils et les risques varient selon les individus, ce
qui complique quelque peu la tâche. Les uns, potentiellement
violents, peuvent représenter une menace à court ou moyen
termes. D'autres peuvent tenter de partir dans les zones de
conflit du Proche-Orient, d'autres encore se tourner vers le
prosélytisme. 
    Depuis les attentats du 13 novembre 2015, des groupes
d'évaluation départementaux (GED) réunissent des représentants
de la police, du renseignement pénitentiaire et intérieur, de la
justice, de l'Education nationale, des services sociaux, etc.
    
    ÉCHANGES D'INFORMATION
    Leur rôle est d'évaluer la dangerosité et l'évolution des
détenus incarcérés pour terrorisme ou radicalisés, en mettant en
commun les informations en possession de ces services. 
    En fonction des profils dressés dans ce cadre, les juges
d'application des peines (JAP) peuvent imposer à ces détenus un
suivi socio-judiciaire lors de leur libération.
    Pour renforcer l'efficacité de ce dispositif, le
gouvernement a décidé de mettre en place une strate
supplémentaire au niveau des administrations centrales.
    De nouvelles modalités d'échanges d'information entre le
Bureau central du renseignement pénitentiaire (BCRP), créé au
printemps 2017, et les autres services de renseignement ont
ainsi été mises en place en février dernier, dit-on au ministère
de l'Intérieur.
    En amont de chaque libération de détenu condamné pour
terrorisme ou suivi pour radicalisation, un contact préalable
est ainsi établi entre le renseignement pénitentiaire et les
services du ministère de l'Intérieur "afin de partager tous les
éléments utiles au suivi de l'individu", explique-t-on.
    L'expulsion éventuelle de ressortissants étrangers peut
aussi être décidée avant la sortie de détention "lorsque les
conditions le permettent", ajoute-t-on de même source.
    Pour garantir la continuité du suivi, notamment en cas de
déménagement, et veiller à la bonne application par tous les
services de ce dispositif, il a été décidé de créer un groupe
interservices de coordination au niveau national.
    Cette unité de coordination des sortants de prison aura pour
mission de veiller dans la durée à la bonne prise en compte de
ces individus par un service chef de file.
    "Cette cellule sera effective très prochainement",
précise-t-on au ministère de l'Intérieur, selon lequel une
première réunion des services concernés s'est tenue le 18 mai.  
    Elle sera pilotée par l'Unité de coordination de la lutte
antiterroriste (UCLAT), qui dépend du ministère de l'Intérieur
et a officiellement absorbé lundi l'Etat-major opérationnel de
prévention du terrorisme (Emopt), créé en juin 2015.

 (Julie Carriat et Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet)
 

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