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France-Les chauffeurs relancent la mobilisation contre Uber

Reuters23/12/2016 à 18:08
 (Actualisé avec manifestation à Lyon) 
    PARIS, 23 décembre (Reuters) - Les chauffeurs VTC ont repris 
vendredi leur mouvement aux alentours des aéroports parisiens et 
dans la capitale pour maintenir la pression sur Uber  UBER.UL , 
trois jours après l'échec de négociations avec la plateforme 
américaine. 
    La société avait annoncé mardi la création d'un fonds de 
deux millions d'euros destiné à aider les chauffeurs en 
difficulté, mais elle a refusé de baisser ses commissions de 25 
à 20% et d'augmenter ses tarifs comme le demandaient les 
associations de VTC et un syndicat. 
    Des négociations doivent désormais se poursuivre sous 
l'égide du médiateur nommé par le gouvernement, Jacques 
Rapoport, qui a entamé sa mission mercredi. 
    Uber a annoncé vendredi dans un communiqué avoir rencontré 
le médiateur jeudi "dans un esprit constructif et d'apaisement", 
précisant que le dialogue allait se poursuivre tout au long du 
mois de janvier.  
    Dans une interview à Alternatives économiques mise en ligne 
par le magazine, Thibaud Simphal, le directeur Europe de l'Ouest 
d'Uber, ne ferme pas la porte à une baisse des marges à 
condition que toutes les plateformes en fassent autant. 
    "Nous serions prêts à rogner nos marges et/ou à augmenter 
nos tarifs auprès des consommateurs, à condition que tout le 
secteur suive. Pour l'heure, nous sommes les seuls à proposer 
cette démarche", dit-il.  
    Mais huit organisations de chauffeurs VTC, qui parlent d'un 
"échec amer" des négociations du début de semaine, veulent le 
gel immédiat de l'augmentation des commissions de la plateforme, 
comme l'avait réclamé le gouvernement. 
     
    "FAIRE BAISSER LES COÛTS" 
    Dès 7h30 du matin, à l'avant-veille de Noël, près de 200 
chauffeurs, selon les organisateurs, ont mis en place des 
barrages filtrants aux abords de l'aéroport de Roissy mais y ont 
renoncé à Orly faute d'effectifs suffisants. 
    Saluant "une vraie mobilisation sans heurts ni violence" de 
"VTC déterminés à se faire entendre", l'Unsa VTC et la CFDT 
Transports ont ensuite invité les manifestants à mener une 
opération escargot jusqu'au siège parisien d'Uber. 
    Une soixantaine de chauffeurs VTC ont également manifesté à 
Lyon pour dénoncer les pratiques tarifaires d'Uber. Partis du 
quartier de Gerland, ils ont mené une opération escargot sur la 
rive gauche du Rhône avant d'arriver place Bellecour.  
    Les chauffeurs lyonnais n'excluent pas d'accentuer la 
pression, s'ils ne sont pas entendus, en bloquant la prochaine 
fois l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry ainsi que le périphérique. 
    Thibaud Simphal, le directeur Europe de l'Ouest d'Uber, 
conteste que les tarifs pratiqués par la plateforme soient 
"indignes", comme l'affirment les chauffeurs, en s'appuyant sur 
plusieurs études. 
    "Selon l'étude de BCG (Boston Consulting Group), ils 
parviennent à dégager en moyenne entre 1.400 et 1.600 euros net 
par mois pour 45heures de travail hebdomadaires", dit-il dans 
Alternatives économiques.  
    Il rappelle plusieurs mesures déjà prises par Uber pour 
améliorer la situation des chauffeurs-partenaires, comme la 
négociation de tarifs préférentiels avec les compagnies 
d'assurance. 
    "Depuis un an, nous essayons d'aider les chauffeurs à faire 
baisser leurs coûts", dit-il. 
    Thibaud Simphal propose ainsi de renoncer au "modèle d'un 
chauffeur en costume au volant d'une grosse berline", expliquant 
que de plus petites voitures réduiraient les dépenses.  
    Selon lui, l'éventuelle précarisation de l'activité ne vient 
ni des tarifs, ni du nombre de chauffeurs. "Selon le rapport 
Thévenoud, il y a de la place pour 68.000 chauffeurs de VTC en 
France, contre 22.000 aujourd'hui, dont 15.000 qui travaillent 
avec Uber", explique-t-il. 
 
 (Gérard Bon, édité par Sophie Louet) 
 

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