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France-La CGT appelle à se rapprocher des "Gilets jaunes"
Reuters14/12/2018 à 19:33

 (Actualisé avec manifestation à Paris, 7e paragraphe)
    PARIS, 14 décembre (Reuters) - Le secrétaire général de la
CGT, Philippe Martinez, a exhorté vendredi les "Gilets jaunes" à
rejoindre le syndicat dans un mouvement de grève de grande
ampleur, seul moyen selon lui d'influer de façon efficace sur la
politique du gouvernement, à la veille d'une nouvelle journée de
manifestations. 
    "La meilleure façon d'agir, c'est évidement ce que font les
'Gilets jaunes' mais c'est aussi de faire grève. Il y a besoin
maintenant qu'on hausse le ton de ce point de vue-là, il y a des
inégalités dans le pays et il faut aller 'taper' (..) les très
grands patrons au porte-monnaie", a-t-il dit sur BFM TV. 
    La CGT tente depuis quelques semaines de se rapprocher du
mouvement des "Gilets jaunes" en soulignant les similitudes dans
les revendications avec le syndicat - hausse du smic,
rétablissement de l'impôt sur la fortune et justice fiscale. 
    Elle a appelé à une nouvelle journée de mobilisation
interprofessionnelle ce vendredi pour "le libre accès à
l'éducation, l'emploi, les salaires, les services publics, la
retraite par répartition", des mots d'ordre variés dans l'idée
d'organiser une convergence afin de peser sur l'exécutif.
    "On ne peut pas faire que des mouvements le samedi", a dit
Philippe Martinez. "Il faut aussi la semaine faire grève dans
son entreprise parce que c'est le meilleur moyen d'influer et
sur la politique du gouvernement et sur la politique du
patronat."
    La centrale invite ses militants à se rendre "partout où
c'est possible", notamment sur les ronds-points, pour manifester
aux côtés des "Gilets jaunes" samedi et se faire connaître. 
    Pour l'instant, ses tentatives n'ont pas convaincu. L'appel
à manifester du 1er décembre, qui coïncidait avec la troisième
journée de mobilisation des "Gilets jaunes", n'avait réuni que
quelque 2.000 personnes à Paris, celle de vendredi a rassemblé
6.000 personnes, selon la préfecture de police. 
    Certains manifestants s'opposent à un tel rapprochement,
reconnaît Philippe Martinez. "Mais la très grande majorité des
'Gilets jaunes' partagent nos points de vue, même s'ils ne nous
connaissent pas." 
    Près de 170 manifestations ont été organisées sur le
territoire, dit la CGT. La plupart des fédérations avaient
déposé des arrêts de travail (cheminots, commerce, transports,
industries chimiques, métallurgie, mines-énergie, ports et
docks, etc.).
    Le taux de participation à la grève était en moyenne de
2,36% à l'Education nationale: 2,11% chez les enseignants du
premier degré et 3,29% chez les enseignants du second degré,
selon le gouvernement. 
    
    CONVERGENCE AVEC LES LYCÉENS
    Le syndicat Solidaires, ainsi que des syndicats étudiants,
de l'Education nationale et de l'Enseignement Supérieur se sont
joints aux cortèges pour réclamer l'abrogation de Parcoursup, la
nouvelle plate-forme d'orientation post-bac, ainsi que des
réformes de l'Education nationale. 
    Les lycéens mènent une mobilisation d'une "extrême violence"
depuis deux semaines selon le ministère de l'Education
nationale. Les abords des établissements ont été le théâtre
d'affrontements entre étudiants, casseurs et forces de l'ordre à
plusieurs reprises.  
    Quelque 700 lycéens avaient été interpellés jeudi dernier.
Les interpellations musclées de Mantes-la-Jolie (Yvelines)
avaient par ailleurs suscité une vague d'indignation de la part
de l'opposition et des syndicats.   et  
    Les dégâts commis en marge de ces actions ont été estimés à
1,5 million d'euros en Ile-de-France, a dit jeudi la présidente
de la région, Valérie Pécresse, sur Europe 1. 
    Près d'une centaine de lycées, sur les 4.200 que compte la
France, ont été affectés vendredi, dont une trentaine bloqués
selon le ministère de l'Education nationale, des chiffres en
baisse par rapport aux jours précédents. Le 7 décembre, près de
300 lycées avaient été affectés par le mouvement, dont 80
étaient bloqués. 
    Selon Louis Boyard, président de l'UNL (Union nationale
lycéenne), le mouvement ne s'essouffle pas, il compte s'inscrire
dans la durée. "On garde plus ou moins les forces (...) on se
réserve et on donnera tout à la rentrée", a-t-il dit sur
franceinfo. 
    La CGT appelle à une nouvelle journée d'actions et de grèves
le 18 décembre, journée qui coïncide avec un appel à la
mobilisation des syndicats de retraités. 

 (Caroline Pailliez, édité par Sophie Louet)
 

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