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France-L'incident au Samu relève d'une erreur humaine-Buzyn

Reuters09/05/2018 à 16:30
    PARIS, 9 mai (Reuters) - La mort au mois de décembre d'une
jeune femme, dont l'appel au Samu de Strasbourg (Bas-Rhin) n'a
pas été pris au sérieux, est imputable à une "erreur humaine" et
non à un manque de moyens, a déclaré mercredi la ministre
française de la Santé.
    "Nous sommes sur un cas particulier, individuel et quand on
entend cette conversation on voit bien que ce n'est pas un
problème de moyens", a déclaré Agnès Buzyn sur franceinfo. 
    "On voit bien que c'est un problème de quelqu'un qui n'a
absolument aucune empathie, qui n'applique pas une procédure,
qui se moque de quelqu'un de malade", a-t-elle ajouté, parlant
également d'une erreur humaine" et d'un "dysfonctionnement à
l'échelon individuel".
    Le procureur de Strasbourg a annoncé mercredi avoir ouvert
une enquête préliminaire pour non-assistance à personne en
péril. 
    La diffusion par le site d'information alsacien Heb'di de
l'enregistrement d'un appel passé au Samu par Naomi M., âgée de
22 ans, le 29 décembre a soulevé une vague d'indignation et
ouvert un débat sur le fonctionnement des urgences en France.
    On y entend la jeune femme se plaindre de douleurs et, à
l'autre bout du fil, une opératrice lui répondre par l'ironie
("vous allez mourir certainement un jour, comme tout le monde")
avant de l'inviter sèchement à contacter SOS-Médecins.
    Prise en charge plusieurs heures après cet échange, Naomi M.
a finalement succombé à une "défaillance multiviscérale", selon
le récit de cette journée qu'en a fait Heb'di. 
    Mardi, Agnès Buzyn s'est dite "profondément indignée", via
Twitter, et a annoncé une enquête de l'Inspection générale des
affaires sociales (Igas).
    Sur franceinfo, la ministre de la Santé a souligné que le
Samu recevait environ 25 millions d'appels chaque année et que
"dans l'immense majorité des cas, ces appels sont
merveilleusement traités".
    Pour autant, il existe bien un problème structurel dans les
centres où les soignants sont "épuisés, stressés, en burn-out"
et donc "détachés de la souffrance du patient", a alerté le
président de l'Association des médecins urgentistes de France
(Amuf), Patrick Pelloux, dans un "appel au secours" lancé au
Parisien.
    Selon lui, il faut remédier à ces défaillances "en recrutant
massivement du personnel dans les centres de régulation et
surtout avec une vraie remise en question de l'organisation des
secours en France".
    Agnès Buzyn recevra lundi deux organisations de médecins
urgentistes.
    Les annonces que doit faire Emmanuel Macron "avant l'été"
sur la réorganisation du système de santé "prendront en compte
évidemment d'éventuelles modifications sur le traitement des
urgences en général", a-t-elle par ailleurs dit sur franceinfo.

 (Simon Carraud, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par
Yves Clarisse)
 

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