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France-L'exécutif interpellé de tous côtés pour plus de justice sociale
Reuters13/10/2017 à 14:20

    * La CFDT déplore des choix "qui tombent du mauvais côté" 
    * Le gouvernement accusé de favoriser les plus aisés 
    * L'Elysée prévoit des mesures de lutte contre la pauvreté 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 13 octobre (Reuters) - De la CFDT au Parti socialiste 
en passant par le MoDem et même La République en marche (LREM), 
l'exécutif français est invité à infléchir vers davantage de 
justice sociale une politique perçue dans l'opinion comme 
oublieuse des plus fragiles.  
    Les tentatives de mise en lumière des choix d'Emmanuel 
Macron, notamment fiscaux, n'ont jusqu'ici guère atténué les 
attaques contre un président vu comme le défenseur d'une élite 
dont il est issu, voire méprisant avec les défavorisés.    
    Reçu vendredi à l'Elysée dans le cadre des consultations sur 
les prochaines réformes, le secrétaire général de la CFDT, 
Laurent Berger, a déploré "un certain nombre de dispositions 
prises ces derniers mois qui tombent souvent du mauvais côté, 
c'est-à-dire pas du côté de la justice sociale".   
    Baisse de l'aide publique au logement (APL), réduction des 
emplois aidés, adoption par ordonnances d'une réforme du travail 
contestée dans la rue : beaucoup de Français, notamment 
sympathisants d'une gauche qui estiment avoir fait élire le 
jeune président de 39 ans, déplorent ces choix.   
    "Emmanuel Macron a été élu face au Front national. Il y 
avait une attente d'une forme de bienveillance, d'une politique 
de cohésion sociale. Ça n'a pas été dans ce sens-là", a regretté 
Laurent Berger sur Europe 1.      
     
    METTRE EN MARCHE LA "JAMBE SOCIALE" 
    Malgré les explications du gouvernement, notamment via son 
porte-parole Christophe Castaner, la revalorisation des minima 
sociaux, de l'allocation adulte handicapé et de la prime 
d'activité envisagés dans le budget 2018 ont été moins visibles 
que la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF) et son 
remplacement par une taxe sur la fortune immobilière (IFI). 
    Les exceptions consenties sur les signes ostentatoires de 
richesse comme les yachts n'ont guère modifié la donne. Selon un 
sondage Odoxa publié jeudi, une écrasante majorité de Français 
(82%) pense ainsi que les grandes fortunes sont "plutôt 
avantagées" par la politique fiscale.   
    Le sujet fait débat au Parlement, jusqu'au sein de la 
majorité. Si les députés Républicains "constructifs" plaident 
pour une suppression totale de l'ISF, les centristes réclament, 
eux, un meilleur "équilibre social".  
    Dans un entretien aux Echos, le député MoDem Jean-Louis 
Bourlanges demande d'aller "plus loin sur la voie d'une 
redistribution fiscale que l'impôt sur le revenu assume de plus 
en plus mal." 
    Au sein du groupe LREM, peu expressif jusqu'ici, environ 130 
députés ont signé une tribune explicative sous le titre : 
"Promesses tenues : le budget de la justice sociale et de 
l'efficacité économique".  
    La fibre sociale s'exprime aussi via des élus comme Brigitte 
Bourguignon, qui évoque dans Le Parisien la nécessité "de mettre 
en marche la 'jambe sociale' du projet du chef de l'Etat".  
    Sans vouloir créer un courant et encore moins une "fronde", 
l'élue LREM du Pas-de-Calais, présidente de la commission des 
Affaires sociales à l'Assemblée, se veut "une force de 
proposition" sur des sujets comme la pauvreté et les seniors. 
    La tentation libérale du gouvernement ne fait en revanche 
aucun doute pour les députés de gauche, minoritaires au 
Parlement, notamment issus de La France insoumise qui a combattu 
dans la rue la réforme du Code du travail.  
    Au PS, l'ancien ministre de l'Economie Michel Sapin a 
fustigé un budget 2018 des "très, très riches", mettant Bercy au 
défi de publier la somme dont vont bénéficier les 100 premières 
fortunes de France du fait de la transformation de l'ISF. 
     
    "FAIRE LES POCHES DES PAUVRES, CE N'EST PAS LE PROGRÈS" 
    Pour le député socialiste Boris Vallaud, l'Elysée se trompe 
de logiciel.  
    "Faire les poches des pauvres, ce n'est pas le progrès", 
a-t-il dit à Reuters. "Pour Emmanuel Macron, une politique 
efficace sera forcément juste. Or pour nous, seule une politique 
juste peut être efficace".  
    Conscient des potentiels dégâts sur l'image de ce début de 
quinquennat, l'exécutif tente de redresser la barre.  
    "Le président lance une concertation avec les acteurs 
associatifs qui se conclura par la présentation d'une stratégie 
de prévention de lutte contre la pauvreté", souligne l'Elysée. 
"Au moment de cette présentation, le chef de l'Etat fera sans 
doute un discours". 
    En attendant, le Premier ministre Edouard Philippe a 
présenté vendredi un plan contre les déserts médicaux. 
  
    Sur RTL, le secrétaire d'État chargé du Numérique, Mounir 
Mahjoubi, a évoqué le souci d'"une France qui est performante" 
mais où "personne n'est laissé sur le côté." 
    "Quand on n'a pas internet, quand on n'a pas le médecin, 
quand on n'a pas l'école, évidemment qu'on se sent un peu à 
part", a-t-il dit. "Toute la politique de notre gouvernement, 
c'est d'aller vers ces territoires, dans les quartiers 
populaires, et de dire : 'On est là'".  
 
 (Avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 

2 commentaires

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  • M8252219
    13 octobre14:46

    Les citoyens n'ont pas que des droits ils ont aussi des devoirs et c'est de leur responsabilité personnelle de les faire. Responsabilité de chercher du travail là ou il y en a , de se former , de s'occuper de sa famille , de se nourrir convenablement , la liste des devoirs de chacun n'a pas de limite.

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