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France-Guéant mis en examen, son avocat dépose un recours
Reuters17/09/2018 à 16:40

    * Nicolas Sarkozy déjà en examen dans le même dossier
    * Guéant nie avoir eu connaissance d'argent libyen
    * L'avocat de Guéant dépose un recours contre sa mise en
examen

    PARIS, 17 septembre (Reuters) - L'ancien secrétaire général
de l'Elysée Claude Guéant a été mis en examen le 11 septembre
dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de la
campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a-t-on
appris lundi auprès de son avocat.
    Celui qui fut un des plus proches collaborateurs de l'ancien
chef de l'Etat rejette catégoriquement les accusations portées à
son encontre dans ce dossier, a déclaré à Reuters Me Philippe
Bouchez-El-Ghozi, qui annonce le dépôt d'un nouveau recours.
    Claude Guéant avait déjà été mis en examen en mars 2015 pour
faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande
organisée dans un volet rattaché à ce dossier : des soupçons sur
l'origine de plus de 500.000 euros, fruit selon lui de la vente
de deux tableaux d'un peintre flamand à un avocat malaisien.
    Cette fois, les juges Serge Tournaire, Aude Buresi et
Clément Herbo on retenu à titre supplétif la complicité de
financement illicite de campagne électorale, la corruption
passive, la complicité et le recel de détournement de fonds
publics libyens et le blanchiment d'argent, précise l'avocat.
    Me Bouchez-El-Ghozi avait déposé un premier recours auprès
de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris
contre ces chefs de mise en examen envisagés par les juges lors
d'une audition de Claude Guéant le 5 juin.  
    Il fait valoir que des infractions mise en avant, comme la
complicité de financement électoral, n'existaient pas à la date
des faits, sont prescrites ou hors saisine.
    Le 11 septembre, lors d'une nouvelle convocation par les
juges, Claude Guéant a de nouveau "nié avec force avoir eu
connaissance de près ou de loin, directement ou indirectement du
moindre argent libyen qui aurait servi à la campagne de Nicolas
Sarkozy en 2007", a expliqué son avocat à Reuters.
    Il s'est aussi plaint de ce que la justice ne s'émeuve pas
de fuites "systématiques" et "exclusivement à charge" et a fait
valoir son droit au silence tant que la chambre de l'instruction
n'aura pas examiné son recours.
    Les juges d'instruction lui ont alors signifié sa mise en
examen, a ajouté l'avocat. "Je vais déposer un deuxième recours
contre cette décision", a-t-il précisé.
    
    VERSIONS CONTRADICTOIRES 
    Nicolas Sarkozy a pour sa part été mis en examen le 21 mars
pour financement illicite de campagne électorale, corruption
passive et recel de détournement de fonds publics libyens.
    Il a toujours nié avoir bénéficié pour sa campagne
victorieuse de 2007 d'argent du régime Kadhafi, qu'il
contribuera à renverser quatre ans plus tard.
    Son avocat, Me Thierry Herzog, a lui aussi saisi la chambre
de l'instruction pour demander l'annulation de cette procédure
qu'il juge entâchée de nullité. 
    Le quotidien Le Monde a publié le 11 septembre des extraits
d'une lettre envoyée cet été par un fils de Mouammar Kadhafi,
Saïf al-Islam, à la justice française.
    Il y affirme que le régime Kadhafi a versé 2,5 millions
d'euros en liquide à Nicolas Sarkozy par le biais de Claude
Guéant, auxquels se sont ajoutés par la suite, selon lui, deux
millions de plus. Ce que nie catégoriquement Claude Guéant.
    C'est une version de plus dans un dossier alimenté notamment
par les déclarations de l'homme d'affaire Ziad Takieddine.
    L'intermédiaire franco-libanais a dit avoir remis plusieurs
valises d'argent liquide libyen pour cinq millions d'euros fin
2006-début 2007 au ministère de l'Intérieur, où officiait alors
Nicolas Sarkozy. Mais il a par la suite dit que cet argent ne
visait pas à financer la campagne du futur président.
    Des contradictions sur lesquelles s'appuie notamment Me
Bouchez-El-Ghozi pour défendre son client. 
    "On a maintenant des personnages libyens qui viennent dire
que l'argent aurait été versé par virement bancaire, ce qui
permet de tracer l'argent", fait-il valoir. 
    Or, "cash ou virements, il n'y a pas une pièce dans le
dossier, qui en compte des milliers, permettant de dire que
Guéant, Sarkozy ou l'UMP auraient touché de l'argent libyen",
ajoute-t-il. "En revanche, il est clair qu'on a une affaire
d'intermédiaires sulfureux. M. Takieddine a visiblement des
comptes à régler avec certains et c'est le coeur du dossier."  

 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)
 

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